Aide à la décision sur les problèmes
d'interaction élevage-environnement

•• Sommaire

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Contexte

Produit n°1: Le Centre Virtuel de recherche et développement

Produit n°2: Prise de conscience accrue sur les interactions élevage-environnement

Produit n°3: Connaissances et compréhension approfondies des interactions élevage-environnement

Produit n°4: La recherche et le développement sur l'élevage et l'environnement facilités par l'appui à l'identification et la mise en œuvre de projets et à la diffusion des résultats

Produit n°5: Identification des options appropriées pour la gestion de l'élevage-environnement au niveau régional et national.Préparation d'une Boîte à outils Élevage-Environnement

Produit n°6: Concepts d'élevage et d'environnement intégrés aux politiques et aux projets des États et des donateurs.

Autres dispositions


•• Contexte

La demande en protéines animales à forte valeur nutritionnelle se fait pressante. Par exemple, sur la période comprise entre 1990 et 1995, la demande en viande de boeuf, en volaille et en oeufs dans les pays en développement a augmenté chaque année de 4,3%, 12,1% et 9,4% respectivement. L'explosion de la demande va augmenter la pression sur les ressources naturelles mondiales actuellement utilisées par l'élevage. Les pâturages et autres ressources fourragères risquent d'être dégradés, les ressources en eau vont se faire de plus en plus rares, les ressources restantes seront polluées, et les ressources génétiques animales de qualité seront perdues à jamais si les politiques et les pratiques appropriées ne sont pas rapidement identifiées, diffusées et mises en place.

Ces pressions vont être exacerbées par un passage rapide vers des formes de production industrielles. Comme l'expérience passée l'a déjà démontré, le potentiel d'élevage des systèmes d'élevage à l'herbe et des systèmes mixtes agriculture-élevage est limité et ne pourra pas suffire à faire face à l'augmentation prévisible de la demande. L'élevage industriel a montré auparavant plus de souplesse pour répondre à la demande, et peut s'étendre rapidement. C'est ce qui va se passer. La production va se spécialiser et se concentrer dans les chaînes de production intégrées verticalement, avec l'accroissement de l'importance des monogastriques, qui convertissent davantage les aliments concentrés, aux dépends des ruminants. Cette situation va engendrer une transformation majeure du secteur de l'élevage, qui va passer d'un secteur essentiellement motivé par les ressources existantes (utilisant les déchets disponibles et le surplus de produits agricoles) à un secteur qui recherche de façon active des nouvelles ressources.

La forte augmentation de la pression sur l'environnement et le découpage du secteur de l'élevage exigent de nouveaux modes de pensées de la part des agents de l'État, des organisations non gouvernementales, des institutions internationales et d'autres acteurs sociaux dont le but est d'améliorer et de protéger les biens publics. Les biens publics, comme la sécurité alimentaire, la protection de l'environnement, l'équité sociale et la santé publique, vont être critiqués si les nouveaux défis sont abordés avec molesse. Dans le même temps, l'explosion de la demande associée à la libéralisation du marché, à un processus de prise de décision décentralisé et à de rapides progrès en matière de technologie et d'information, apporte toute une série d'opportunités de développement comme de risques.

La première étape de l'Initiative LEAD pluri-donateurs a permis d'identifier, à l'échelle mondiale, les effets de l'augmentation de la pression sur les systèmes d'élevage à l'herbe et les systèmes mixtes, ainsi que les dangers représentés par le passage à des modes de production industriels. Cela a permis de souligner l'étroite interaction entre les politiques gouvernementales et l'impact de l'élevage sur l'environnement, et de dévoiler les nombreuses technologies existantes qui permettent d'atténuer les effets environnementaux négatifs dans les différents modes de production, à partir du moment où un cadre politique approprié a été mis en place.

La Conférence Internationale sur l'Élevage et l'Environnement qui s'est tenue par la suite à Wageningen (Pays-Bas) du 16 au 20 juin 1997, et à laquelle ont participé près de 100 spécialistes issus de pays développés et en voie de développement, est venue confirmer ces observations et a permis d'identifier de manière quasiment unanime les besoins essentiels d'un suivi :

Premièrement, accroître la communication et améliorer la pertinence des sujets de recherche et de développement relatifs aux interactions environnement-élevage, en créant un Centre Virtuel spécialement dédié afin de :

  • promouvoir les recherches pluridisciplinaires et les activités de développement, accroître la sensibilisation des principaux acteurs clés vis-à-vis des interactions complexes existant entre les besoins des hommes, l'élevage et la durabilité des ressources naturelles mondiales, et les familiariser davantage avec la diversité des politiques et outils institutionnels existants pour gérer les effets de l'élevage sur l'environnement. Durant les premières années, les activités spécifiques proposées sont :
  • de combler, grâce à des études supplémentaires, les lacunes actuelles sur les interactions environnement-élevage, notamment sur l'utilisation de combustible fossile dans les différents systèmes de production, ainsi que les conséquences sociales de la transformation permanente du secteur animal et la dégradation des ressources qui en découlent, et
  • des activités de recherche et développement, dans les domaines essentiels des interactions environnement-élevage, notamment en ce qui concerne l'intégration faune sauvage-élevage, la déforestation liée à l'élevage et l'intégration géographique des activités d'agriculture et d'élevage spécialisées.

La seconde étape consiste à intégrer les questions relatives aux interactions élevage-environnement dans les activités de planification locales et nationales par :

  • la préparation de boîtes à outils élevage-environnement spécifiques aux diverses régions, afin d'adapter les principes de gestion améliorée des interactions élevage-environnement, énoncés dans la Phase 1 du projet, aux conditions et besoins régionaux particuliers (Afrique sud-saharienne, Asie, etc.) ; et
  • la fourniture d'un appui à la formulation des politiques de développement et à l'intégration de nouveaux concepts au niveau national.

Ces recommandations, ainsi que d'autres, ont été confirmées lors de la réunion du Comité de pilotage de l'initiative Élevage-Environnement, qui s'est tenue à Washington DC, les 27 et 28 octobre 1997, grâce à une analyse logique (Annexe 1). Ces recommandations constituent la base de la proposition de projet, clairement définie par le Comité de pilotage le 27 février 1998.

Finalité du projet

Protéger et renforcer les ressources naturelles affectées par l'élevage tout en réduisant la pauvreté.

Objectif du projet

Fournir une aide à la décision, afin de maximiser les interactions positives entre l'élevage et l'environnement et d'en minimiser les interactions négative

••Produit n° 1. Le Centre Virtuel de recherche et développement

La création d'un " Centre Virtuel de recherche et développement " destiné à la recherche sur l'élevage et l'environnement représente le point central des actions de suivi, et a fait l'objet d'une recommandation importante à l'occasion de la conférence électronique internationale sur l'Équilibrage entre l'élevage, l'environnement et les besoins de l'homme, organisée en 1997 par l'IDRC, l'ILRI et la FAO, et à laquelle ont participé plus de 1000 personnes issues de 87 pays différents. Après avoir analysé les différentes approches alternatives visant à aborder les problèmes essentiels relatifs aux interactions environnement-élevage, le comité consultatif de l'Initiative LEAD, à la suite de sessions qui se sont tenues à Washington au mois d'octobre 1997 et à Copenhague en février 1998, s'est accordé à rassembler les ressources nécessaires à la création d'un Centre virtuel de recherche et de développement sur l'environnement et l'élevage.

Justification

Un centre "virtuel" ressemble à un centre de recherche et développement "réel", dans la mesure où il rassemble des spécialistes issus de disciplines différentes, dans le but d'aborder des problèmes essentiels relatifs à la recherche et au développement. La principale différence réside dans le fait qu'un centre virtuel s'en remet aux technologies de communication électronique afin de permettre aux spécialistes et aux développeurs d'organiser et de conjuguer leurs efforts, et de partager des données, des informations et des connaissances. Les ressources généralement investies dans les infrastructures (bureaux, laboratoires, etc.) et les activités de soutien, coûteuses, telles que le déplacement des spécialistes et de leurs familles vers un "centre", sont plutôt dirigées vers la création de communications électroniques entre les spécialistes présents dans différents pays et différentes régions à travers le monde.

Certes, bien que l'approche traditionnelle (qui consiste à faire venir des spécialistes en un lieu spécifique afin qu'ils puissent interagir de manière formelle et informelle) comporte de nombreux avantages, la création d'un centre virtuel présente également des avantages distincts, tels que :

  1. Les spécialistes issus de pays en voie de développement n'ont pas besoin de quitter leur pays d'origine, dans lequel leurs compétences sont souvent très recherchées, pour participer à des initiatives internationales de recherche et développement.
  2. Les initiatives conjointes de recherche et développement peuvent permettre de rassembler les spécialistes les plus expérimentés et les plus compétents du monde, et pas seulement des personnes dont les responsabilités institutionnelles ou familiales leur permettent de se déplacer.
  3. De nombreux projets de recherche et de développement peuvent en tirer largement profit en menant la recherche dans un grand nombre de milieux différents, et pas seulement dans des environnements situés à proximité d'un centre de recherche central et de quelques sites éparpillés.

Motivation du Centre Virtuel de recherche et développement

L'Étude pluri-donateurs sur l'élevage et l'environnement, la Conférence Électronique et la Conférence Internationale ont nettement démontré que, dans pratiquement chaque pays, les personnes sont souvent confrontées au niveau local à des choix difficiles entre les besoins des hommes à court terme en nourriture, cellulose, énergie, etc. et les besoins environnementaux à long terme tout aussi importants, tels que la pureté de l'air et de l'eau et la production des ressources naturelles. Les nouvelles techniques, les pratiques et les politiques, qui encouragent le développement de systèmes sols-élevage-nourriture satisfaisant les besoins des hommes à court et à long terme, constituent partout une priorité essentielle.

Il est évidemment totalement inutile que des activités supplémentaires de recherche et de développement en élevage ou en écologie soient développées en abordant de manière isolée les problèmes relatifs à l'élevage et à l'environnement. En revanche, il est urgent de :

  • "rassembler", grâce à une communication de meilleure qualité, les meilleurs spécialistes des sciences animales, écologistes, spécialistes des sciences sociales et décideurs dans le domaine de la politique économique ;
  • mettre en place des mécanismes visant à garantir que les recherches répondent aux demandes formulées au niveau local ; et
  • trouver les ressources nécessaires de manière à ce que ces spécialistes puissent mettre en commun leurs connaissances et leurs expériences, et organiser et mettre en oeuvre des activités de recherche et développement pluridisciplinaires et communes appropriées.

C'est pour ces raisons que la création d'un centre de recherche virtuel constitue la manière la plus efficace de rassembler ces différentes disciplines et différents spécialistes, et de leur permettre de travailler dans de nombreux environnements à travers le monde, dans lesquels les besoins de l'homme à court et à long terme entrent en conflit.

Objectifs et Fonctions

Les objectifs du centre tel qu'il est proposé vont consister à :

  • proposer aux communautés et autorités locales, régionales et nationales des techniques différentes et répondre à leurs besoins de politiques de développement relatives à des systèmes sols-élevage-aliments pouvant satisfaire à court terme leurs besoins en nourriture, fourrage, cellulose et combustible, ainsi que leurs besoins à long terme en services liés à l'environnement ; et
  • fournir aux décideurs politiques les informations dont ils ont besoin pour mettre en oeuvre et édicter des politiques visant à encourager le développement et l'utilisation de systèmes sols-élevage-aliments durables.

Afin d'atteindre ces objectifs, le Centre va remplir les fonctions suivantes :

  • soutenir la création de moyens dans les pays en voie de développement et fonctionner comme un "bureau central", disséminer les résultats et fournir des informations de base ;
  • faciliter l'établissement de programmes pilotes internationaux de développement parmi les organismes de recherche et développement et les particuliers, et faciliter la mise en oeuvre de recherches supplémentaires sur les problèmes élevage-environnement ;
  • fournir une aide à la prise de décision sur les problèmes environnement-élevage, soutenir l'intégration des questions sur l'élevage et l'environnement dans des opérations de financement, aider à l'élaboration de plans d'actions nationales.

Renforcement institutionnel, Centre d'échanges et diffusion des résultats

Les programmes de définition de la capacité de production générale et les fonctions du centre d'échanges du centre virtuel sont structurés en fonction de différents "points chauds (hot spots) de l'environnement" identifiés grâce à l'étude des pluri-donateurs. Ces points chauds peuvent être, par exemple, la dégradation due au surpâturage, la déforestation due à l'établissement des ranches, une involution du système de production agricole dans les zones à forte densité de population, la pollution des systèmes excédentaires en nutriments à cause de l'importation des aliments pour animaux, l'interaction élevage domestique-biodiversité, au sein de différents types de systèmes d'élevage. L'un des problèmes principaux est de s'assurer qu'au sein des programmes, la même importance sera accordée aux problèmes d'environnement à plus long terme et aux besoins des hommes à plus court terme, afin de garantir que les écologistes, les spécialistes en sciences sociales et en études animales travaillent en collaboration en vue d'exploiter les synergies.

•• Produit n° 2. Prise de conscience accrue sur les interactions élevage-environnement

Compte-tenu du faible niveau de prise de conscience sur les questions relatives aux interactions élevage-environnement et des dommages et opportunités perdues qui en résultent, le projet va mettre l'accent sur une campagne de sensibilisation poussée. Cette campagne sera notamment effectuée grâce au Centre Virtuel par une importante diffusion des résultats actuels et futurs des études et des travaux réalisés. Cinq mille exemplaires de deux importantes publications intitulées "Problématiques et propositions" (Issues and Options) et "À la recherche d'un équilibre" (Finding a Balance) ont été publiés en 1997 et distribués dans le monde entier. Le projet comprend la traduction et la publication de ces deux documents en français et en espagnol. D'autres langues, telles que l'arabe, le russe ou le chinois, ont été proposées mais n'ont pas encore obtenu les crédits nécessaires. Les publications dans ces langues dépendront de l'attribution de fonds supplémentaires d'environ 20.000$US par langue et par document. La FAO et la Banque Mondiale développent actuellement des formats permettant de rendre ces deux publications consultables en ligne sur leurs sites Internet respectifs. Il est également prévu de faire des communiqués de presse et de distribuer ces revues auprès des journaux ciblés.

La FAO a préparé un glossaire en anglais à l'attention des non-spécialistes. Ce document d'une douzaine de pages s'adresse au grand public et a été publié en anglais, à 7.500 exemplaires. (3/98). Il sera diffusé dans le monde entier dès avril 1998. Une documentation présentée sous forme de diapositives pour les conférences standards a déjà été développée et diffusée.

De plus, la Boîte à outils Élevage-Environnement sera intégrée dans les formations existantes et de nouveaux cours seront proposés.

Le compte-rendu de la Conférence internationale sur l'Élevage et l'Environnement qui s'est tenue à Wageningen, aux Pays-Bas, du 16 au 20 juin 1997, a été publié et celui de la Conférence électronique et Consultation à distance qui s'est déroulée de février à mai 1997 est en cours de préparation à l'ILRI

•• Produit n° 3. Connaissances et compréhension approfondies des interactions élevage-environnement

3.1 Commission des Nouvelles études pour combler les lacunes

3.1.1. Les combustibles fossiles en élevage

Parmi les questions concernant les ressources naturelles, l'utilisation de combustibles fossiles en élevage a été soulevée lors de la Conférence internationale sur l'Élevage et l'Environnement qui a demandé des analyses complémentaires. Dans les pays industrialisés, la production de protéines animales requiert plus de huit fois plus d'énergie fossile, avec des différences notables entre les types de viande, la volaille étant bien plus économique que le boeuf. En revanche, la production basée sur les pâturages ou l'élevage traditionnel en exploitation mixte dans les pays en voie de développement peut se révéler bien moins efficace par rapport à la productivité de la terre, à l'utilisation de protéines ou à la productivité animale, mais ces systèmes consomment beaucoup moins d'énergie fossile. La question principale est de savoir si l'utilisation de combustibles fossiles a été correctement estimée, sachant qu'il s'agit d'un type d'énergie non renouvelable, associé à la pollution et au réchauffement climatique.

Objectifs

L'étude de l'utilisation de combustibles fossiles en élevage va tenir compte des objectifs suivants :

  • déterminer l'importance de l'énergie fossile dans les produits d'élevage en traçant les intrants tout au long des processus de production, de transport, de transformation, de stockage, etc. ; inclure l'utilisation des machines en élevage ou dans la production d'intrants et inclure la transformation, la commercialisation, le stockage et le transport des produits d'élevage à différentes étapes du produit ;
  • déterminer les coûts pour l'environnement (au moins en termes physiques) de l'utilisation des combustibles fossiles en élevage et dans les activités situées en amont et en aval, en termes de pollution de l'air et de changements atmosphériques ;
  • évaluer la sensibilité des systèmes et des techniques d'élevage envers les changements des coûts des combustibles fossiles ;
  • donner un aperçu des différentes politiques actuelles concernant l'utilisation d'énergie fossile en élevage et dans les activités situées en amont et en aval ;
  • identifier les techniques appropriées, ainsi que les politiques requises, dans les situations où le niveau d'utilisation d'énergie fossile n'est pas en adéquation avec les objectifs économiques, sociaux et environnementaux ;
  • identifier et évaluer les autres sources d'énergie et leur viabilité économique en élevage.
Mise en œuvre

Cette étude serait réalisée par des institutions et des scientifiques participant au Centre Virtuel et préparerait, sur la base d'une revue de la littérature, un ou plusieurs modèles simples pour évaluer les schémas entrée-sortie des technologies les plus utilisées. Le ou les modèles seront ensuite appliqués à six études de cas : deux dans les systèmes d'élevage à l'herbe (Sahel, Amérique latine), deux dans les systèmes d'exploitation mixte (Asie du Sud-Est, Europe) et deux dans les systèmes industriels (porcs en Asie orientale et volaille au Proche-Orient). Dans ces deux derniers cas, les besoins en combustibles pour la production alimentaire seront également pris en compte. Les données seront rassemblées par les consultants locaux selon une approche standard. L'analyse des données sera centralisée, au Centre virtuel.

3.1.2. Questions de société et d'équité relatives à l'élevage

Les questions de pauvreté, de revenus et d'emploi ont été prises en compte dans une certaine mesure lors de la première phase de l'Étude sur les interactions élevage-environnement, principalement comme cause de dégradation des ressources. Cependant, cette question est de plus en plus importante, car l'industrialisation du secteur de l'élevage comporte un certain nombre de risques sociaux qui émanent essentiellement de la tendance des systèmes d'élevage traditionnels à disparaître au profit des systèmes de production industriels et commerciaux.

Il existe une pénurie de données sur les emplois (tant sur la ferme qu'en dehors) générés par les activités d'élevage et sur les conséquences des économies d'échelle, des changements technologiques et de l'urbanisation en terme de nombre total d'emplois, de type de travail et de lieu de travail (campagne/ville).

Étant donné les faibles taux de retours au travail dans les systèmes d'agriculture traditionnels, on peut supposer que le nombre total d'emplois dans la production diminue en raison des progrès techniques qui sont utilisés dans les systèmes industriels et aussi, de plus en plus, dans les systèmes d'exploitation mixte. D'un autre côté, à mesure que les préférences des consommateurs se portent vers des produits plus sophistiqués, il est possible que davantage d'emplois soient créés dans le secteur de la transformation.

Les revenus représentent un élément essentiel de la sécurité alimentaire, en permettant aux fermiers les plus démunis de compenser les déficits alimentaires. La contribution du bétail à la sécurité alimentaire n'a jamais été analysée de manière complète, et encore moins quantifiée. Pourtant, grâce à sa valeur ajoutée et aux débouchés commerciaux, l'élevage est probablement le moyen le plus important pour permettre aux fermiers de sortir de leur extrême pauvreté et d'entrer dans l'économie de marché.

L'emploi et les revenus, ainsi que les effets des changements mondiaux, peuvent être documentés par :

  • un inventaire du nombre total d'emplois et des revenus selon le système de production et les techniques de base (niveau d'automatisation) utilisées ;
  • une évaluation de la manière dont les progrès techniques en cours et les changements structurels (évolutions dans l'échelle de production, passage d'une intégration horizontale à une intégration verticale) affectent l'emploi et les revenus, en termes de nombre et de type de bénéficiaires (y compris par sexe), sur une échelle régionale ;
  • une évaluation de la manière dont les changements des fonctions de l'élevage (de la nourriture aux produits non alimentaires, une certaine forme de mécanisation, des institutions financières) affectent les revenus et l'emploi ;
  • des recommandations sur la manière dont les politiques et l'appui de certains donateurs peuvent atténuer les différences sociales et optimiser les opportunités d'emploi.
Approche

Cette étude sera réalisée sur documents par les participants du Centre Virtuel, d'après les documents empiriques des études de cas choisies.

3.2 Activités de recherche et développement

Contexte

L'étude réalisée en Phase 1 mettait l'accent sur le large éventail des technologies disponibles pour gérer l'impact de l'élevage sur l'environnement, sous réserve qu'il existe une politique appropriée pour induire l'utilisation de ces technologies. Toutefois, la plupart de ces technologies ne sont pas utilisées en raison de l'inadéquation des politiques ou du manque de prise de conscience de l'existence de telles relations. Le Centre Virtuel va faciliter la recherche et le développement des nouveaux concepts soumis par l'Initiative en démontrant, surveillant et diffusant les politiques et techniques (parmi un petit nombre de domaines essentiels aux interactions élevage-environnement) susceptibles d'accroître la durabilité de l'élevage.

Les domaines d'interactions suivants méritent d'être étudiés de près :

  • l'intégration de l'élevage et de la faune dans les zones de pâturages communautaires ;
  • l'intégration géographique des systèmes d'élevage industriels ;
  • l'élevage et la déforestation des zones tropicales.

Pour chacun de ces domaines d'interactions, certains sites vont être sélectionnés pour associer les meilleures pratiques en matière de politique environnementale et de technique d'élevage. Sur ces sites, les étapes suivantes devront être réalisées :

  • Évaluation initiale de l'adéquation de la ligne de conduite, qui tient compte de l'interaction élevage-environnement actuelle, et préparation d'un plan d'action spécifique pour l'ajustement éventuel de cette politique, d'éventuels investissements supplémentaires et les paramètres principaux de l'impact à surveiller. Le travail s'effectuerait en priorité selon des schémas d'évolution déjà existants, à l'exception de l'activité pilote concentrée sur le mode de production industrielle, qui devrait identifier de nouveaux sites. Cette phase de préparation nécessiterait la collaboration (sur 3 à 4 mois) d'une petite équipe de consultants locaux et internationaux, ainsi que la mise en place d'un atelier de prise de décision pour valider le plan d'action. Les programmes de donateurs bilatéraux pourraient fournir des modèles utilisables pour mener à bien cette partie ;
  • Surveiller les principaux paramètres d'impact identifiés plus haut. Cette surveillance serait placée sous la responsabilité des équipes locales, sous le contrôle de la principale institution participante et devrait se poursuivre durant au moins trois ans.
  • Assurer la diffusion continue des résultats. Il s'agirait de l'aspect le plus important de ce programme phare et serait placé sous la responsabilité du Centre Virtuel. Il comprendrait plusieurs canaux de communication, comme le réseau électronique en place, l'Internet, un bulletin trimestriel et des réunions annuelles sur l'évolution pour les décideurs.

Activités individuell

  • Intégration Élevage-Faune dans les zones communautaires de l'Afrique occidentale (WLI)

    Avec l'augmentation constante de la pression sur les terres, les perspectives d'extension des zones protégées paraissent limitées. L'intérêt devra donc se porter à l'avenir sur l'intégration de la préservation de la faune sauvage dans les systèmes d'utilisation des terres, y compris l'élevage et l'agriculture. Les expériences passées se sont révélées plutôt positives au niveau des ranches privés, mais mitigées dans les zones communautaires. Des facteurs techniques (comme la concurrence pour le pâturage et la transmission de maladies entre faune et bétail) mais aussi politiques et institutionnels, tels qu'un manque de clarté dans la propriété des zones communautaires et de la faune, et une répartition incorrecte ou inexistante des bénéfices, ont joué un rôle non négligeable. Dans le cadre de LEAD, au moins cinq zones communautaires d'intégration permanente de l'élevage et de la faune seront sélectionnées au Niger, au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda et au Zimbabwe, où les ajustement nécessaires ou éventuels seront réalisés, et où les paramètres biologiques (dynamique des espèces et évolution de la végétation) et socio-économiques (contribution aux revenus et équité entre utilisateurs-propriétaires des zones communautaires) seront surveillés. Ce programme serait mené à bien par les services chargés de la faune des pays concernés et par une ONG, comme l'African Wildlife Foundation (AWF).

  • Zonage régional de l'élevage industriel - Area Wide Integration (AWI)

    La faiblesse des politiques environnementales actuelles favorise la concentration des élevages industriels de porcs et de volailles autour des villes, là où se trouvent les consommateurs. Étant donné que le système de production industrielle est un système ouvert, dans lequel les déchets ne peuvent pas être réutilisés dans la chaîne de production, la croissance dramatique prévue dans le secteur de production industrielle provoquerait une charge excessive en nutriments sur les terres aux alentours des zones urbaines. Cette situation entraînerait à son tour la pollution des nappes phréatiques, une perte de la biodiversité et des émissions de gaz provoquant un réchauffement climatique et des pluies acides. D'un autre côté, les flux de nutriments depuis les zones de production de céréales fourragères vers les zones de production industrielle entraînent une baisse des nutriments dans ces zones d'agriculture. Équilibrer les flux des nutriments et atténuer les effets négatifs représente le plus grand défi auquel les éleveurs professionnels vont devoir faire face au cours des prochaines décennies. L'ensemble de cette profession devrait tirer les leçons des erreurs commises par les pays et les régions industrialisés, comme les Pays-Bas et la région de Bretagne, en France. Une meilleure répartition géographique, qui ramène la production de déchets au niveau de la capacité d'absorption de la région, constitue sûrement la méthode d'atténuation la plus efficace. Cette approche exige le recours conjoint au zonage et à la taxation "en fin de chaîne" (intériorisant les coûts pour l'environnement), et n'a même pas encore été tentée dans les pays en transition. Grâce à LEAD, des fonds seraient disponibles pour le travail préparatoire sur deux sites, probablement en Inde et en Chine, afin d'identifier les charges optimales (ou maximales) en nutriments ainsi que le zonage correspondant et les instruments incitatifs permettant d'y parvenir. Dans ce cas, il semble que la mise en œuvre elle-même doive dépendre du gouvernement concerné, avec l'appui d'une banque de développement, mais qu'une surveillance attentive des équilibres de nutriments spécifiques au site et à la région et des effets sur les prix de l'intériorisation des coûts devrait être prise en charge par l'Initiative. En raison de la nouveauté de cette approche, ce projet pilote devrait être mené par un centre international tel que l'ILRI, sans doute associé à l'IFPRI, et en collaboration étroite avec l'agence de développement international concernée et avec des agences nationales de protection de l'environnement et de planification régionale.

  • Élevage et destruction de la forêt tropicale - Forest Pasture Interface (FPI)

    L'extension des ranches dans la forêt tropicale représente probablement jusqu'à présent l'interaction élevage-environnement aux effets les plus négatifs. Elle demeure une importante raison de déforestation en Amérique du Sud et en Amérique Centrale (ce qui n'a jamais été le cas en dehors du continent américain) et elle est provoquée ici par la combinaison de politiques inadaptées (notamment pour les infrastructures et le foncier) et du manque de technologies permettant une utilisation durable des terres malgré les conditions de fortes précipitations. La principale approche consisterait à identifier les politiques (y compris les institutions) susceptibles d'arrêter, ou du moins de ralentir, la déforestation. Grâce à l'Initiative, il serait possible de choisir deux sites parmi les pays d'Amérique latine, et d'évaluer leurs lignes directrices pour ces régions ainsi que leur volonté de les ajuster. Ce programme devrait être réalisé par un centre international tel que l'ILRL, probablement associé à l'IFPRI, en étroite collaboration avec les agences locales pour l'environnement et les forêts, et les ONG

••• Produit n° 4. La recherche et le développement sur l'élevage et l'environnement facilités par l'appui à l'identification et la mise en œuvre de projets et à la diffusion des résultats.

4.1 Faciliter l'échange d'informations, grâce au Centre Virtuel, sur les questions de recherche et développement et sur les projets relatifs à l'élevage et à l'environnement.

4.2 Rassembler et diffuser les résultats de recherche sur l'élevage et l'environnement à travers le Centre Virtuel.

Voir la description détaillée au paragraphe Produit n° 1.

••• Produit n° 5. Identification des options appropriées pour la gestion de l'élevage-environnement au niveau régional et national.

Préparation d'une Boîte à outils Élevage-Environnement

L'objectif de la Boîte à outils Élevage-Environnement est de fournir aux décideurs et aux planificateurs une aide pratique à la prise de décision dans le domaine des interactions entre élevage et environnement. Cet outil doit faciliter l'introduction systématique d'objectifs environnementaux dans la conception de projets, de programmes de développement et de politiques liés à l'élevage (voir la proposition de projet séparée). La Boîte à outils Élevage-Environnement est déjà entièrement financée par la CE, et bénéficie d'aides supplémentaires de la part de la FAO et d'autres sponsors.

La préparation de la Boîte à outils Élevage-Environnement comprend l'identification des questions principales liées à l'élevage et à l'environnement par des groupes de travail régionaux et pluridisciplinaires. La Boîte à outils va apporter des connaissances pertinentes sur les techniques et les politiques locales, y compris les indicateurs de mesure permettant d'évaluer les différentes options.

••Produit n° 6 : Concepts d'élevage et d'environnement intégrés aux politiques et aux projets des États et des donateurs.

Aide à la formulation des politiques d'élevage

Justification

La plupart des recommandations de l'étude élevage-environnement devraient rester, par définition, générales. Le rapport d'étude a sensibilisé de nombreux dirigeants des pays en voie de développement aux problèmes liés à l'environnement et leur a fait prendre conscience de l'importance d'un cadre politique approprié. Une assistance pratique est nécessaire pour aider les gouvernements nationaux et locaux à intégrer ces recommandations et à développer et mettre en place des politiques et des plans d'action. La préparation des boîtes à outils régionales facilitera par la suite les activités de préparation et de formation.

Description

L'approche doit comprendre la formation du personnel clé à travers une assistance technique permanente et l'appui à la formulation des politiques de développement. Un atelier initial constitué du personnel clé va aborder les principes des interactions élevage-environnement dans un contexte de développement national, ainsi que la politique et les options techniques disponibles et leurs implications. Le plan d'action actuel sera développé sur une période comprise entre 12 et 18 mois. Les pays pourraient recevoir un minimum de trois visites consultatives des participants au projet pour les aider à développer et mettre en œuvre leurs plans d'action. Les pays considérés seraient idéalement impliqués dans la préparation de leur Stratégie agricole ou dans un programme pluri-donateurs d'investissement agricole (ASIP) comme c'est le cas au Malawi et au Bostwana. Après la période prévue de trois ans, cinq autres pays seront concernés. Les pays pourraient également avoir recours à un appui technique de la part d'agences internationales ou de donateurs bilatéraux tout au long de cette période.

Un dernier atelier permettrait de présenter et de finaliser les plans d'action.

Activités d'intégration continue

Le projet, notamment grâce à l'intervention de son personnel, va contribuer à instaurer une plus grande cohérence dans la méthode de développement des questions d'élevage-environnement, plus particulièrement pour les plans nationaux d'action environnementale, les politiques par secteur, les investissements et les prêts. Les concepts d'élevage-environnement seront intégrés aux politiques et aux projets des gouvernements et des donateurs. Cette démarche sera possible grâce à :

  • la simplification des échanges d'informations sur les questions relatives à l'élevage-environnement ;
  • la tenue de réunions du Groupe de coordination élevage-environnement (encourageant l'évolution vers des forums mondiaux sur l'élevage) ;
  • la constitution de plusieurs ateliers éco-régionaux et de consultations inter-agences et pluridisciplinaires ;
  • la mise en place d'une installation permettant de créer des moyens professionnels et d'apporter des conseils spécialisés dans l'élevage et l'environnement ;
  • le développement de programmes de formation et la mise en place de cours destinés aux décideurs.

••• Autres dispositions

Organisation

La coordination générale sera placée sous la responsabilité du Comité de pilotage Élevage-Environnement, auquel participent des représentants des agences de financement et des pays en voie de développement, y compris des ONG. Le Comité de pilotage se réunit au moins une fois par an pour étudier les nouveaux programmes et les progrès réalisés. La gestion quotidienne sera assurée par le Centre Virtuel (par un Responsable de communications et un Coordinateur de programme) qui doit définir et contrôler les études réalisées et assurer des commentaires directs sur les résultats des activités de recherche et de développement) grâce au réseau de communication du Centre. Afin d'assurer une relation optimale avec l'agence principale de développement technique de la région, le Responsable de communications sera basé à la FAO et le Coordinateur de programme sera basé à la Banque Mondiale.

Arrangements financiers

Le financement des coûts de fonctionnement concernant l'intervention du Centre Virtuel et la coordination seront couverts par un fond de garantie géré par la FAO. D'autres activités peuvent être financées de manière bilatérale tout en restant sous la responsabilité du projet ou par le fond de garantie selon la préférence des sponsors respectifs.

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