Cette journée a été consacrée à la présentation
du contexte du programme ainsi qu'aux contextes nationaux.
Présentation des
acquis et des questionnements de LEAD
1- COMMUNICATIONS
L'initiative
LEAD, les acquis scientifiques, le programme " Territoires arides "
(P. Gerber, FAO).
L'initiative LEAD date du début des années 90, lorsque le pastoralisme
était marginalisé dans la recherche et dans le développement
et que, dans un contexte de souci environnemental aiguisé, la plupart
des causes de dégradation des écosystèmes fragiles étaient
imputées à l'élevage. En parallèle, s'affirmait
une demande croissante en produits animaux et le besoin de mieux connaître
les interactions entre l'élevage et l'environnement.
L'objectif de cette initiative est d'aider les décideurs à améliorer
la prise en compte des interactions entre l'élevage et l'environnement,
tout en, a mentionné l'intervenant, réduisant la pauvreté.
Les réalisations de cette initiative multibailleurs lancée en
1993 sont en particulier :
- une étude argumentée sur les interactions Elevage - Environnement,
- la mise en place d'un centre virtuel à la FAO (http://www.lead.virtualcentre.org),
- la conception d'une boîte à outils informatique d'aide à
la décision sur les interactions élevage-environnement (dite "
Toolbox ") accessible sur le centre virtuel,
- la recherche de financements pour la mise en uvre de projets thématiques
et régionaux.
Le programme " Pastoralisme et territoires arides ", également
présenté ici, se justifie par :
- les intérêts sociaux et écologiques des zones arides,
- l'évolution en cours, avec en particulier les freins à la progression
du pastoralisme, et les contraintes environnementales.
Ce programme mène des activités d'analyse, de diagnostic, de
test sur les thèmes de la mobilité, de l'internalisation de la
gestion et des biens publics par des instruments de sensibilisation, de formation,
de planification et de décentralisation. Les outils et méthodes
font appel entre autre aux SIG et à l'utilisation d'indicateurs.
La présentation est disponible au téléchargement
au format PowerPoint (2,66 Mo).
Un
outil d'aide à la décision : la " Toolbox " : objectifs
et limites
(B. Toutain, CIRAD)
La Toolbox est un produit de l'initiative LEAD, et son principal objectif est
de fournir un outil d'analyse et d'aide à la décision sur les
interactions élevage-environnement.
La Toolbox est disponible sur Internet (vous
pouvez la consulter ici) et sur CD-Rom, et ses principales applications
prévues sont : l'évaluation des impacts environnementaux des systèmes
d'élevage, l'identification d'options appropriées, techniques
ou politiques, en vue d'améliorer les effets positifs ou atténuer
les effets négatifs de l'élevage sur les ressources naturelles.
Les participants à l'atelier qui ne connaissent pas encore la Toolbox
ont été invités à se familiariser avec cet outil
sur un ordinateur en fin de journée.
La
plate-forme virtuelle
(S. Pesseat, CIRAD)
Le Centre Virtuel pour la Recherche et le Développement a été
mis en place dans le cadre de l'initiative LEAD. Ce Centre Virtuel doit favoriser
l'échange d'informations entre décideurs et chercheurs sur les
interactions entre les besoins humains, la production animale et la durabilité
des ressources naturelles.
Le Centre s'organise autour de trois plates-formes dont une francophone. Les
différents menus et liens qu'on y trouve ont été présentés.
2- DISCUSSIONS
Le débat a fait ressortir en particulier :
- le besoin d'une plus grande diffusion des résultats de la recherche
auprès des éleveurs,
- la nécessité d'une articulation entre l'initiative LEAD et les
conventions internationales sur la désertification, la biodiversité
ou les changements climatiques,
- le besoin de définition plus précise des acteurs ciblés
par LEAD et l'organisation du partenariat,
- le besoin de prise en compte des aspects sociaux dans les interactions élevage-environnement.

Le programme pilote LEAD en
afrique de l'ouest et le PPZS
1 COMMUNICATIONS
Objectifs
du programme pilote LEAD en Afrique de l'Ouest
(A. Ickowicz, PPZS /CIRAD)
L'objectif de ce programme, rebaptisé au cours de l'atelier " Pastoralisme
et Environnement en zone sahélienne " est de mettre à la
disposition des différents décideurs des informations sur les
interactions élevage - environnement adaptées à la région.
La durée du programme est de 2 ans renouvelables. Le financement est
assuré par la FAO. Les décideurs ciblés vont des ministères
aux organisations d'éleveurs, et sont concernés dans 6 pays sahéliens
(Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina, Niger, Tchad). Les échelles
d'intervention vont du niveau local de projet, au niveau des programmes régionaux
d'information. La présentation a détaillé les objectifs
spécifiques et les modalités de mise en uvre des activités.
La présentation est disponible au téléchargement
au format PowerPoint (4,7 Mo).
Le
Pole Pastoral Zones Sèches (PPZS)
(A.T. Diop, PPZS/ISRA)
Le Groupement d'Intérêt Scientifique (GIS) dénommé
Pôle Pastoral Zones Sèches (PPZS) qui met en uvre le programme
s'appuie sur quatre institutions : ISRA, CIRAD, CSE et UCAD de Dakar. La présentation
a abordé :
- la justification de sa création programmée depuis 1998, entérinée
par la signature des statuts en 2001,
- ses missions de recherche, de partenariat et pour le développement,
- ses domaines de compétence, le pastoralisme et la gestion des ressources
naturelles,
- sa démarche pluridisciplinaire et pluri institutionnelle,
- son mode d'organisation et de fonctionnement suivant les statuts du GIS,
- ses moyens liés aux conventions signées,
- l'état d'avancement des activités entreprises (5 projets en
2002).
La présentation est disponible au téléchargement
au format PowerPoint (3,65 Mo).
Dynamique
des systèmes pastoraux : le cas du Ferlo
(V. Ancey, PPZS /CIRAD)
Les études en analyse spatiale, en écologie et en socio-économie
résumées dans la présentation avaient pour cadre les premiers
diagnostics du PPZS visant à asseoir le programme scientifique du GIS.
Elles illustrent l'évolution des systèmes pastoraux et le besoin
d'information nécessaire à leur suivi.
Les résultats traduisent une évolution des paysages contrastée
sur les trois sites d'étude, entre le Ferlo Nord, le Ferlo Oriental et
le Ferlo Sud : au nord, homogénéisation de la végétation,
pastoralisation, dynamique rapide ; à l'est, dégradation sensible
et anthropisation de la végétation, permanence du pastoralisme,
baisse des cultures ; au sud, expansion des zones cultivées, morcellement
des parcours, concurrence entre élevage et agriculture. Dans tous les
cas, la possession de bétail est un objectif lié autant à
la sécurité économique familiale qu'au prestige.
Les stratégies de sécurisation mises en uvre par les pasteurs
ont également été citées, en particulier la mobilité
et la diversification des activités.
Enfin, des pistes de recherche ont été présentées
pour améliorer la connaissance disciplinaire et pluridisciplinaire des
dynamiques écologiques et sociales des systèmes pastoraux.
La présentation est disponible au téléchargement
au format PowerPoint (4,43 Mo).
Les
interactions bétail-faune : le cas du parc de Djoudj
(I. Touré, PPZS /CIRAD)
L'étude avait pour objectif l'évaluation de l'impact du bétail
fréquentant le parc sur la végétation et indirectement
sur l'avifaune. Le dispositif de recherche a été présenté,
ainsi que les principaux résultats qui incitent à étendre
les évaluations à la faune sauvage (phacochères, chacals
).
Les recommandations de l'étude vont dans le sens de :
- l'élaboration d'un plan de gestion en concertation avec les communautés
riveraines
- la mise en place d'aménagements pastoraux et de techniques de suivi
et d'optimisation des bilans fourragers.
La présentation est disponible au téléchargement
au format PowerPoint (2 Mo).
2- DISCUSSIONS
Les discussions qui ont suivi ces communications ont été structurées
autour de deux grands axes :
- quels enjeux spécifiques ? (sociaux, écologiques, économiques,
institutionnels),
- quelles contraintes spécifiques pour gérer les interactions
élevage-environnement ?
Les principaux points saillants concernent :
- l'ouverture à d'autres programmes en cours et la valorisation des
résultats de programmes antérieurs,
- l'élargissement des domaines de suivi (environnemental plutôt
qu'écologique),
- les modalités d'identification des activités au niveau du PPZS
ainsi que sa composition,
- le ciblage des activités sur les préoccupations des éleveurs,
- l'implication des éleveurs dans les activités de recherche.

Quels outils, quels besoins
d'information sur l'élevage et l'environnement au Sahel? Point de vue
administratif et des projets
1- COMMUNICATIONS
Les
communications du Niger (M. Banoin, Faculté d'agronomie et M.Bagoudou,
Ministère Ressources Animales) mettent l'accent sur le manque de données
primaires (recensement du cheptel) pourtant nécessaires aux calculs nationaux
de base (évaluation de la contribution économique de l'élevage),
même si des études de cas fournissent des informations localisées
(dépt de Maradi, sur l'utilisation pastorale des résidus de culture).
Le bilan des systèmes d'information nationaux (tiré d'un test
de réceptivité) explique leur faible impact sur les producteurs
par l'inadaptation des supports de diffusion au contexte national (bulletins
en français), les contraintes financières qui limitent l'usage
de supports comme la radio et allongent les délais. Enfin, ces systèmes
n'évoquent pas les aspects environnementaux ; à ce sujet, les
éleveurs sont au contraire plutôt réticents à partager
les informations sur la disponibilité des ressources, et peu préoccupés
par la notion " d'environnement " telle que véhiculée
par les services techniques.
La présentation de M.Bagoudou, Ministère Ressources Animales
est disponible au téléchargement
au format Word (45 Ko).
Les
exposés du Burkina (J. Zoundi, INERA et D.Kissou, DAPF) avancent
que l'agriculture et l'élevage ne peuvent être dissociés
et établissent un besoin de données quantitatives techniques (rendements,
superficies, indicateurs d'état, infrastructures) et socio-économiques
(pratiques, organisation de gestion, flux monétaires) de la part des
décideurs. Les
communautés demanderaient davantage d'information sur la qualité
des pâturages et des eaux, les contacts avec les agriculteurs, les infrastructures,
la législation de la transhumance, la sécurité des troupeaux
et des éleveurs.
L'analyse fait ressortir les difficultés de communication dues à
l'analphabétisme, à l'insuffisance des effectifs et des moyens
matériels du personnel, au manque de maîtrise des thèmes
par les agents. Des zones pastorales semblent nécessaires pour protéger
l'espace, et un travail est en cours pour créer des " unités
de protection de l'élevage transhumant " dans le cadre administratif
et sur le terrain.
La présentation de J. Zoundi, INERA est disponible au téléchargement
au format Word (73 Ko).
La présentation de D.Kissou, DAPF, est disponible au téléchargement
au format Word (62 Ko).
L'exposé
sur la Mauritanie ( A.T.Dia, CNERV) présente plusieurs expériences
de projets d'élevage (DRIG, IEMVT, CNERV) et conclut à des problèmes
d'échelle, à la faible prise en compte des priorités pastorales,
à la connaissance insuffisante des systèmes pastoraux, notamment
en socioéconomie, à la dispersion des données recueillies.
Deux présentations de A.T.Dia, CNERV, sont disponibles; l'une au téléchargement
au format Word (179 Ko) et l'autre au téléchargement
au format PowerPoint (57 Ko)
Les exposés sur le Mali ( O. Koné, Prodeso, et S. Cissé,
IER) sont axés sur des approches particulières de l'élevage
et de l'environnement : en développement, l'expérience des périmètres
aménagés par le Prodeso souffre de coûts élevés,
d'une faible appropriation locale, et de l'absence de code pastoral (jusqu'à
son vote en février 2001). En recherche, l'approche " genre "
de la gestion des ressources pastorales montre que l'ethnie et le système
de production ont peu d'influence sur l'accès des femmes aux ressources.
Les critères déterminants sont plutôt le statut des femmes
(mères de famille ou non) et leur dotation en troupeaux. La gestion du
troupeau, les spéculations foncières et commerciales restent nettement
aux mains des hommes (seuls intermédiaires troupeaux/pâturages
et troupeaux/marchés). La diffusion des coopératives féminines
permet parfois aux femmes de contourner cet état de fait mais elles sont
le plus souvent encadrées par des hommes.
La présentation de O. Koné, Prodeso, est disponible au téléchargement
au format Word (104 Ko).
Les
représentants du Tchad (D. Nadengar, DPP, et I. Yosko, LRVZ) exposent
les mesures de formation de la DPP (ex Dir. de l'Organisation Pastorale) du
Ministère de l'Elevage destinées à faire évaluer
par les éleveurs les causes de dégradation, et leur faire exprimer
des solutions. (296 éleveurs formés depuis 1995, dont 30 transhumants).
Les difficultés viennent du manque de financement et du manque de formation
des formateurs en andragogie.
Le LRVZ, par la mise en uvre de programmes (Ropanat, Ecologie pastorale,
programme hydraulique, cartographie) affiche une base de données sur
le milieu, destinée à apprécier les capacités de
charge et faire des recommandations ; il s'oriente vers le montage d'un observatoire
régional de la transhumance focalisé sur la gestion des ressources
en eau. Mais dans les faits, le contexte national contraint le LRVZ à
vivre de travaux ponctuels orientés vers une expertise discontinue dans
des conditions précaires.
La présentation de D. Nadengar, DPP, est disponible au téléchargement
au format Word (37 Ko).
Deux documents de I. Yosko, LRVZ, sont disponibles; l'un au téléchargement
au format Word (326 Ko) et les transparents de sa présentation au
téléchargement
au format Word (22 Ko)
2- DISCUSSIONS
Les difficultés d'accès à l'information sont nombreuses
et générales, et il faudra en tenir compte dans le programme LEAD.
De plus, il faut distinguer les destinataires des informations, vérifier
la pertinence des informations et distinguer également les informations
existantes peu diffusées, des informations à produire.
Certaines informations stratégiques sont plus difficiles que d'autres
à partager (opportunités des ressources commerciales ou naturelles),
alors même que dans les pays de transit commercial de bétail, des
informations sur les marchés seraient particulièrement utiles
aux éleveurs. Le milieu professionnel " officiel " d'éleveurs
et de commerçants de bétail, invoqué par tous, est polymorphe
(souvent plus politique que syndicaliste) et peu représentatif de la
société pastorale.
Les mots " ressources ", " espace ", " environnement
" s'échangent parfois alors que les notions et les pratiques sont
différentes. Ainsi, les découpages spatiaux des zones pastorales
butent sur ces disparités d'approches et de priorités, et des
désaccords ont pu bloquer certaines interventions de projets. Dans le
même ordre d'idées, les représentants des éleveurs
jugent insuffisants les contacts entre laboratoires de recherche et le monde
pastoral (éleveurs, services techniques).

 |