retour indexLa réserve de faune de El Ahgueur
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Photo : B. ToutainAuteurs : Hodh El Gharbi

 

 

•••Sommaire :
  1. Description de la zone d’El Ahgueur
    1. Climat, topographie et hydrologie
    2. Flore
  2. Modes d’utilisation des terres
    1. Agriculture
    2. Exploitation forestière
    3. Pâturage
  3. Population humaine
  4. Cheptel
  5. La faune sauvage
  6. Modes d’exploitation de la faune sauvage
  7. Résumé des expériences
  8. Analyse des questions relatives aux ressources gibier et bétail

 

•••Introduction

La Mauritanie disposait, il y a quelques decennies d’une faune abondante et diversifiée. Aujourd’hui, cette faune est fortement menacée de disparition. Certaines espèces sont sur le liste rouge (l’oryx, le damalisque, le guide harnaché, le cob de buffon, cob de Redunca etc. l’addax etc…) D’autres sont présents ici où là sans être abondants (mouflon à manchettes à l’Adrar). Les gazelles, l’Addax, et quelques grands carnivores, l’autruche, l’outarde et le canard.

Notre communication portera sur la réserve de faune du plateau de El Ahgueur dont la création remontait aux années 1937 pour un objectif de protection des populations d’éléphants nains du massif de l’Affolé en République Islamique DE Mauritanie.

•••1. Description de la zone d’El Ahgueur

La réserve d’El Ahgueur fut créée par le pouvoir colonial par arrêté 379/AG du 21 Juin 1937, principalement pour protéger la population d’éléphants " nains " du massif de l’Affolé. Située dans la Moughataa de Tamchakett " Wilaya du Hodh El Gharbi) à environ 700kms de Nouakchott et 100kms d’Aïoun El Atrouss, elle s’étend sur 250.000ha entre les latitudes 16°40’ et 17°16’ nord et les longitudes 10° et 10°52’ Est. La réserve est limitée:

  • au nord par la ligne Taif-Afoil et le puits de Medroum
  • à l’Est par la Tamourt (bas-fond à Accacia nilotica) sbega et libé
  • à l’Ouest par la Tamourt segui et les puits Lahafi, bargatani, lehbilé et jafié
  • au Sud par la falaise du banc de Kreïdi

Elle dépend administrativement de Tamchakett, bien qu’elle soit proche de Tintane ville qui n’existait pas lors de la création de la réserve en 1937.
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1.1. Climat, topographie et hydrologie

Située en pleine zone sahélienne, la réserve reçoit environ 200mm de pluie par an. Les deux dernières saisons de pluies ont été plus arrosées comme dans le reste du pays, les précipitations ont pu alors avoisiner , voire dépasser 400mm. Les températures minimales sont enregistrées en Janvier (15°-30°), les maximales en Juillet 29°-41°).
La réserve constitue la partie nord-Est du massif de l’Affolé, massif gréseux le plus oriental de la Mauritanie. Composée d’un plateau de 300km² dont l’altitude est comprise entre 200 et 450m et cinq vallées qui le découpent pour rejoindre les nombreuses sources ou " irigis ". Actuellement 4 sources sont permanentes.



1.2. Flore

La végétation comprend les espèces typiques de la zone sahélienne. Dans les vallées, on rencontre un grand nombre d’espèces ligneuses (Acacia tortilis, Acacia Sénégal, Acacia raddiana, Acacia nilotica etc…Ainsi qu’un tapis graminéen quasi-continu constituant un excellent pâturage (Aristida mutabilis, Aristida pungens, Cenchrus biflorus panicum turgidum…). L’ensemble forme une végétation de type savane arbustive, voire arborée.
Sur le plateau, les ligneux sont moins abondants, hormis dans les bas-fonds. Dans d’autres zones du plateau, la steppe fait place à une savane herbeuse avec un pâturage continu comme dans les vallées.
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•••2. Modes d’utilisation des terres

2.1. Agriculture
  • Les systèmes culturaux sont dominés par l’alternance d’une cercale mil ou sorgho (2-3 ans) avec une jachère dont la durée est en général de 2 à 4 ans pendant laquelle les herbes et les espèces arbustives occupent le milieu.
  • Répartition spatiale des types de cultures :
    Les cultures pluviales sont en grande partie pratiquées aux alentours immédiats des villages et les cultures irriguées (barrages, diguettes, Tamourts) le long des différents cours d’eau du plateau de la réserve.
  • La maraîchage est pratiqué au niveau des points d’eau (puits, forage etc…)
  • Les superficies cultivées annuellement sont estimées à 3617 ha.


2.2. Exploitation forestière

Après la campagne agricole correspondant à la période de soudure (Mars, Avril, Mai et Juin) les villageois pratiquent l’exploitation des produits forestiers dans les Tamourts et Oueds situés à l’intérieur, bois de chauffe et charbon.
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2.3. Pâturage

Les pâturages, composés du tapis herbacé et des éléments aériens (feuillages, gousses, arbres, arbustes) ont une productivité en matière séche à l’hectare variable, avec la pluviométrie et les sols de 400kgs sur les étendus sableuses dans la zone Saharo-Sahélienne (pluviométrie comprise entre 150 à 200mm) à 5000kg dans les dépressions limono-argileuses de la zone Sahélo-Soudanaise (pluviométrie 400mm). Les moyennes de cette productivité sont respectivement 400kg pour la zone Nord Saharo-Sahélienne, 1200kg pour la zone Sahélienne (200 à 4500mm) et 1800 dans la zone du Fleuve.
(CF : PMLCD 1991).
La moyenne pour l’ensemble du pays est estimée selon la Direction de l’Elevage à 200k/ha soit l’équivalent de 450 unités fourragères (UF) par hectare (CF/ Environnement et développement en Mauritanie rapport synthèse).

•••3. Population humaine

Environ 7000 personnes réparties dans une vingtaine de village, vivent à l’intérieur de la réserve, 2800 personnes habitent les 17 villages situés en périphérie. Les populations locales appartiennent à cinq groupes tribaux principaux. Les Souakers, les Ideïboussatt, les Lemtouma, les Tinwajib et les Smalil. Leur principale activité est basée sur l’élevage à 80%.
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•••4. Cheptel

L’Est Mauritanien est caractérisé par une variabilité climatique extrême ayant généré un système de productionn pastoral impliquant la mobilité du cheptel et des personnes sans limitation spatiale et la gestion communautaire des ressources naturelles. Si les populations de l’Est Mauritanien sont tentées aujourd’hui par les possibilités qu’offre la sédentarisation, il n’en demeure pas moins que le mode de production prépondérant reste l’élevage transhument.
Cas de la réserve : Les éleveurs sont semi-nomades et possèdent de nombreux animaux domestiques qui paissent dans la réserve. Le bétail déclaré sur le plateau et dans ses alentours comprend : 7630 caprins, 6450 ovins, 4845 bovins, 2410 camelins, 1674 ânes et 90 chevaux. Il est bien évident que ce bétail exerce une forte pression sur le pâturage de la réserve, notamment lors des années à mauvais hivernage, quand la végétation est rare.

•••5. La faune sauvage

La faune Mauritanienne est menacée de disparition à plus ou moins long terme. Certes la sécheresse à contribuer à la destructiion des habitats et à la rupture des équilibres des ecosystèmes, mais le véritable responsable de cette destructiion est l’homme qui avec ses moyens de transports de plus perfectionnés et sa force de frappe toujours plus performante lui permettant d’accéder aux différentes zones.
Pour ce qui est de la réserve de El Ahgueur apparament seul échantillon le moins dégradé des habitats du massif gresseux du centre de la Mauritanie il subsiste encore de la faune sauvage tels que gazelle à front roux, gazelle dama, phacochère, singe babouin, chacal, hyène, lièvre daman de rocher, fennec etc….et comme avifaune.
Heron cendré, héron garde bœuf, héron pourpé, canards, échasse blanche, milan noir, perroquet vert, rollier d’abyssinie etc…

Cas de la réserve : Les éleveurs sont semi-nomades et possèdent de nombreux animaux domestiques qui paissent dans la réserve. Le bétail déclaré sur le plateau et dans ses alentours comprend :7630 caprins.6450 ovins, 4845 bovins, 2410 camelins, 1674 ânes et 90 chevaux. Il est bien évident que ce bétail exerce une forte pression sur le pâturage de la réserve, notamment lors des années à mauvais hivernage, quand la végétation est rare.
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•••6. Modes d’exploitation de la faune sauvage

La gestion de la nature n’est pour l’éleveur qu’un investissement dans le but d’augmenter ultérieurement le profit qu’il tire de son exploitation.
Elle est intéresante pour autant qu’elle donne des résultats tangibles et que l’éleveur ait la garantie que ses investissements profiteront à lui qu’à autre. Or la nature aléatoire de la pluviométrie est telle qu’elle masque l’effet de la gestion.
En outre cette même incertitude et la nécessaire mobilité de l’éleveur qui en découle rendent inapplicable, voire futile, la possession de ressources naturelles fixés. C’est pourquoi les éleveurs nomades sont hostiles au confinement implicite à tout système de restitution d’accès aux pâturages.

C’est le paradoxe du sahel pastoral que l’utilisation de la nature ne fasse l’objet d’aucun interdit. Elle est le droit de tous, mais la propriété exclusive d’aucun.
Les populations locales semblent avoir un intérêt limite à quelque titre que ce soit pour la faune.

Alimentaire, culturel, récréatif
Seule la tribu des Némadi qui peuple les Hodhs à une vive tradition cynégétique. Parmi cette tribu seuls les nomades continueraient à chasser, les sédentaires auraient abandonnés cette activité.
Les populations du nord et du centre de la Mauritanie n’ont guère de tradition cynégétique. Seule l’outarde et la gazelle sont recherchées.
Cette chasse serait notamment pratiquée par des citadins suffisamment riches pour posséder des véhicules tout terrains. Les populations du fleuve n’ont aucune tradition cynégétique, autant que la chasse n’intéresse en rien les jeunes générations.

Bien marchand
Un commerce traditionnel de viande séchée (gazelle) aurait existé et sa persistance est non contreversée. En conséquence aucun commerce international portant sur la faune n’est mentionné par contre un braconnage frontalier est parfois évoqué.

Déprédateurs
Certaines espèces (pigeons, pintades et surtout phacochères) seraient considérées comme nuisibles par les agriculteurs.
Ces carnivores seraient traqués par les pasteurs sur le plateau d’El Ahgueur , la création d’espèce protégée peut intéresser la population locale si elle est présentée comme devant s’accompagner de retombées locales favorables (Tourisme).

Droit de chasse
La chasse aux phacochères est à la sauvagine, dans le cadre de la mise en valeur des zones humides du Sud de la Mauritanie semble être la plus prometteuse. En effet, le phacochère, pour des raisons culturelles est surtout chassé par les communautés d’expatriés.
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•••7. Résumé des expériences

Dans la zone d’étude il y a eu des propositions:

  • Un plan d’aménagement de la réserve d’El Ahgueur a été proposé par Cheikhna O/m’Baré en 1991 dans le cadre de son mémoire de l’I.P.R. de Katibougou (Mali). Ce plan n’a pas été mis en œuvre jusqu’à présent.
  • Un projet intégré " Réhabilitation de la réserve de faune d’El Ahgueur " dans la région du Hodh El Gharbi a été soumis au service de Coopération et d’action Culturelle de l’Ambassade de France à Nouakchott par la Direction de l’Environnement et de l’Aménagement Rural (D.E.A.R.)

Ce projet à pour objectif:

  • La remise en état de la réserve d’El Ahgueur dans la perspective de la lutte contre la désertification et de conservation de la diversité biologique;
  • La valorisation touristique de ce patrimoine naturel national dans la perspective d’un développement Socio-économique de la région;
  • L’amélioration des conditions de vie des populations riveraines concernées et des éleveurs transhumantS à travers des aménagements hydro-agricoles, des puits pastoraux, des puits pour l’eau potable, des infrastructures sociales et culturelles.
  • La mise en place des mesures nécessaires visant à lutter contre l’innondation temporaire de la ville de Tintane.

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•••8. Analyse des questions relatives aux ressources gibier et bétail

Dans notre société traditionnelle, la faune a toujours été comme un don de Dieu, une ressource inépuisable. Son exploitation s’effectue alors d’une façon anarchique, sans aucun souci de pérennisation des espèces.

En effet le pastoralisme nomade est encore le mode de vie d’une importante partie de la population qui occupe toujours la grande partie de l’espace, tandis qu’en milieu urbain, les origines pastorales de la majorité de la population continueront à façonner l’opinion publique au moins jusqu’à la prochaine génération et ce, même dans la classe des fonctionnaires instruits.
L’éleveur nomade est réaliste, mais son réalisme est incompatible avec des objectifs de conservation de la nature. On ne peut que constater, sous jugement moral, son absence d’inhibition à exploiter la nature, notamment par la chasse et la coupe des arbres, et son manque de foi dans l’utilité de la gestion des ressources.
Les besoins de la population ont fini par dépasser la capacité de production de la brousse, d’autant que la marge de manœuvre est très étroite dans un climat au mieux semi-aride. La société traditionnelle n’arrive plus à combler cet écart et l’homme mauritanien doit entamer son avenir pour survivre dans l’immédiat. C’est le problème de la désertification qui ne peut être résolu que par l’adoption de nouveaux modes de production.
Le système pastoral à lui aussi évolué, mais dans le sens du libéralisme sauvage, avec de moins en moins de gardes fous.
La dégradation des ressources naturelles et les transformations sociales l’ont tellement épaulé qu’il semble avoir sombré dans l’anarchie.

Cependant l’apparence d’anarchie due à la libéralisation du parcours et de la redistribution des éleveurs dans l’espace ne fait que cacher un système d’accès aux ressources qui reflète les droits relatifs des différents groupes sociaux selon une hiérarchie où les plus mobiles souvent des chameliers et les plus influents tendent à s’imposer là où ils le désirent.

Présentation du Projet GIRNEM quatrième phase (1 page)
Film vidéo sur les Hommes des Nuages réalisé par GIRNEM 15mm

Nom : Mohamed Moctar N’DIAYE dit Chérif
Adresse : Projet GIRNEM/GTZ/Mauritanie
Tel : 00222 25 86 21 ou 25 57 33 et 00222 631 360
Fax : 00222 25 44 23 ou 00222 631 360
Email : gtzrim@toptechnologymr

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•••Bibliographie

Dans l’Est Mauritanien :" Gestion de Terroir villageois ou mobilité " /GIRNEM/C.T/M.D.R.E. Coopératon Technique Allemande (GTZ)

Mémoire fin d’étude Cheikhna Ould M’Baré : Inventaire et Aménagement de la faune : Réserve du plateau d’El Ahgueur

Rapport de mission en R.I.M. réintroduction des antilopes Saharo-Sahéliennes Novembre 99

Personne ressources Cheikhna Ould M’Baré, Chef Service Chargé de la Faune D.E.A.R


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