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La liste des références des derniers ouvrages et catalogues concernant les interactions entre élevage et environnement est la suivante (cliquer pour un aperçu):

 

Références précédentes

 

•••Parcours des zones arides et semi-arides d’Ouzbekistan (Rangelands of the arid and semi-arid zones in Uzbekistan)

Par G. GINTZBURGER, K.N. Toderich, B. K. Mardonov et M.M. Mahudov

Edition: Centre de Cooperation Internationale en Recherche Agronomique pour le Development (CIRAD) and the International Center for Agricultural Research in the dry areas (ICARDA) - 2003

432 pp
Prix : 70 Euros

Distibution:
La librairie du Cirad
TA 283/04
Avenue Agropolis
34398 Montpellier Cedex 5
France
ISBN CIRAD 2-87614-555-3 et ISBN ICARDA 92-9127-137-8

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Couverture du livre

Résumé:
Cet ouvrage en Anglais abondamment illustré (432 pages, 560 photos, cartes, figures, Tableaux) offre un panorama complet des zones arides d’Ouzbékistan (bioclimatologie, flore locale (écologie, valeur fourragère et utilisation de 150 espèces pastorales d’importance régionales), agriculture, techniques de réhabilitation des parcours dégradés, faune, parcs nationaux). Il contribue à la connaissance de ces régions arides méconnues d’Asie Moyenne ainsi qu’à la conservation et à l’utilisation durable de leurs fragiles ressources naturelles.
Ce livre est co-publié par le CIRAD et ICARDA (International Center for Agricultural Research in the Dry Areas) et soutenu par la Fondation Internationale pour la Sauvegarde de la Faune, L’Académie des sciences Ouzbeck (Samarkand Division- Ouzbekistan), L’institut de recherche sur les ovins et l’écologie des zones désertique de Karakul Samarkand - Uzbekistan), La Banque Mondiale, et le ‘Global Livestock’ CRSP.

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•••Mutations sociales et réorganisation des espaces steppiques

Par Mohamed MAHDI (Ed.)

Edition: Fondation Konrad Adenauer - 2003

263 pp

Ibis press
4, rue des patriarches
75 005 Paris
Téléphone : 01 43 71 28 87
Fax 01 43 71 22 85
Mail : contact @ibispress.com

Pour consulter la table des matières, cliquer ici (PDF, 38Kb)

Couverture du livre

Introduction:
L’intérêt scientifique porté à la steppe de Missour a une histoire. Celle-ci fut ponctuée par deux rencontres qui en marquent les moments forts. La première est maghrébine, la seconde franco-marocaine. Entre les deux, une phase d’activité minimale; pour garder le « dossier steppe de Missour » constamment ouvert. Cette publication ne prétend nullement fournir le bilan de l’ensemble des travaux, fruits de ces rencontres, qui se sont étalés de façon discontinue sur plus d’une décennie. Sa prétention est plus modeste : restituer aux lecteurs le contenu de quelques communications sur le sujet présentées lors d’un séminaire dont l’enjeu majeur était par ailleurs, au delà des bilans scientifiques, d’entamer un processus de restitution auprès des partenaires locaux et d’engager avec eux un dialogue sur les questions soulevées par l’étude .

La steppe de Missour fait partie de ces zones écologiques marocaines restées en dehors de l’entreprise étatique de développement ; de ce fait, elle n’a bénéficié que très peu de la manne publique . Récemment, les pouvoirs publics ont commencé à prendre la mesure des enjeux géopolitiques et à en évaluer les conséquences économiques et sociales liées au développement rural, à la sécurité alimentaire, ainsi qu’à des objectifs écologiques de gestion durable des ressources naturelles, plus cruciaux encore en ces zones qu’en d’autres régions du pays..

Dans un premier temps, vers la fin des années 80, l’analyse de ces enjeux enthousiasma une équipe de chercheurs maghrébins (Algérie, Maroc, Tunisie). La partie marocaine fut réalisée dans le cadre d’une convention de recherche sur les "Systèmes Pastoraux Maghrébins", entre le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI - Canada) et la Direction du Développement Rural (DDR) de l'Institut Agronomique et Vétérinaire - Hassan II. Un second souffle fut donné à ces investigations, en 1999, dans le cadre du Programme de Recherche Agronomique pour le Développement (PRAD 11-99) qui a réuni une équipe de chercheurs marocains et français. Et qui a fait l’objet d’une série de mémoires de troisième cycle d’étudiants de l’ENA C’est dans le cadre de l’achèvement de ce PRAD que s’est tenu le séminaire de restitution en novembre 2001.

La steppe de Missour est le théâtre d’un certain nombre de transformations sociales, économiques et techniques visibles, en particulier, au niveau des systèmes d’élevage. Ces transformations surviennent à la suite de ruptures des équilibres traditionnels entre groupes sociaux et ressources naturelles, du fait de la paupérisation croissante et de la marginalisation des petits éleveurs, incapables de faire face aux sécheresses de plus en plus fréquentes.

Les analyses développées ici tentent de mettre en évidence la nature de ces transformations et la manière dont elles affectent l’organisation pastorale et la vie des populations rurales ainsi que celles de la ville de Missour. Ces transformations interviennent dans un contexte institutionnel nouveau, marqué par le processus de désengagement de l’Etat, la libéralisation de l’économie et la mondialisation. Ce contexte est propice à l’émergence de nouveaux acteurs sociaux et d’un nouveau type de rapport entre l’Etat et les collectivités locales. En effet, l’actuel discours de l’Etat sur le développement des régions à écologie fragile repose sur la décentralisation comme cadre institutionnel et la participation des populations, des collectivités locales et des acteurs de la société civile comme mode d’intervention. La recherche doit accompagner les mutations en cours et contribuer à proposer des solutions pour un développement durable. L’ensemble de ces transformations de l’espace et de la société de la steppe appelle, pour les comprendre et les expliquer, de croiser les approches et les points de vue disciplinaires et d’adopter des principes méthodologiques communs.

En premier lieu, la steppe est conçue comme un ensemble composite et soumis à des dynamiques diverses : agraires, sociales, économiques et institutionnelles. Même si toutes ces dynamiques ne sont pas encore documentées avec la même intensité, elles n’en apparaissent pas moins dans les différentes analyses et permettent de mieux présenter la complexité de cet environnement social et écologique.

En second lieu, la steppe est considérée comme un réservoir de richesses autres que pastorales : eau, terres de culture, mines, faune sauvage et potentialités touristiques. Ce qui impose une vision globale pour saisir leurs modes d’utilisation et appréhender les multiples interactions entre l’usage pastoral et les autres usages. En effet, les 3468 agriculteurs et éleveurs de Missour , sur une population de 35.778 habitants dans l’ensemble du cercle , valorisent du mieux qu’ils peuvent les très irréguliers 120 mm de pluies annuels, que certains d’entre eux complètent par des apports d’eau grâce au réseau hydrographique constitué de l’oued Moulouya et de ses affluents. Ils exploitent 140.000 ha réservés au parcours. Ces agriculteurs-éleveurs entretiennent un cheptel évalué, en 1999, à 59.255 ovins, 26.585 caprins, 1.398 bovins et 190 camelins, auxquels il faut ajouter 3.100 équins. Ils exercent une activité agricole très diversifiée sur une superficie agricole utile totale de 11.380 ha dont 9380 ha irrigués. Ces terres sont pour la plupart situées dans les oasis (Y.Cherrou, J.P Chassany, M.Mahdi) dans cet ouvrage), mais l’activité agricole s’étend aux terres de parcours (El-Amrani et Z. Chattou). L'agriculture est essentiellement vivrière. Les cultures pratiquées sont, par ordre d'importance économique : l'arboriculture, le maraîchage, la céréaliculture et les fourrages.

La plus importante ressource minérale disponible est une mine de ghassoul où les plus pauvres d’entre les pasteurs trouvent à s’embaucher quelques semaines par an.

La faune sauvage a par le passé motivé une activité de chasse de prestige réservée aux notables parmi les pasteurs et les populations des oasis, privilège que seuls les braconniers leur disputaient. La protection et le développement de la faune sauvage, notamment l’élevage et la réintroduction des outardes dans le milieu steppique, sont actuellement pris en main par le Centre des Emirats arabes installé sur une superficie de 400 ha de terres collectives.

Le tourisme de la steppe présente des potentialités jusqu’ici non exploitées. La chasse mais aussi les randonnées (trecking, etc.) offrent des possibilités prometteuses. Une première unité hôtelière, construite depuis quelques années déjà, constitue les prémisses de ce développement.

En troisième lieu, la steppe est abordée du point de vue des pasteurs et de l’ensemble des acteurs qui agissent et interagissent et qui sont porteurs de projets parfois divergents. En effet, les transformations de la société et de l’espace à Missour s’accompagnent de recompositions sociales que manifeste l’émergence de nouveaux acteurs individuels (les jeunes et les femmes) et collectifs (les associations de développement local ) de plus en plus revendicatifs et dont le rôle dans la société est appelé à s’accroître.

Pour la population de Missour l’enjeu est la valorisation d’un milieu naturel fragile et le redéploiement d’une société locale confrontée à des mutations d’origine exogène et endogène. Le fil conducteur de l’ensemble des contributions est l’analyse de l’évolution du rapport à l’espace et aux ressources naturelles de cette société, vue au travers de trois thématiques structurantes et complémentaires : les transformations de l’élevage pastoral, les enjeux à propos du foncier pastoral et de la gestion des ressources naturelles, enfin, le rôle du capital humain dans le développement local.

C’est pour apporter des éclairages sur ces questions qui font l’actualité des débats sur le développement des zones marginales que les auteurs de cet ouvrage ont été invités à contribuer.

L’ouverture de l’ouvrage a été confiée à P.Bonte qui livre un témoignage, fruit d’une longue expérience des sociétés pastorales du Sahel et du Sahara. L’auteur montre que malgré les différences écologiques et sociales des sociétés et milieux pastoraux du Nord de l’Afrique, du Sahel et du Sahara, des convergences et des similitudes les rapprochent. L’aridité et la sécheresse mettent en évidence les profondes transformations de leurs systèmes pastoraux et la crise qui touche leur population. Les phénomènes transversaux les plus saillants relatifs à ces transformations, et que les différentes communications soulignent, concernent les aspects suivants :

1. La paupérisation et l’exclusion des petits éleveurs. Dans la steppe de Missour, l’abandon de l’élevage pastoral par les petits éleveurs à la suite de la faillite de leur entreprise d’élevage a provoqué un exode vers la ville de Missour et sa banlieue. Une nouvelle catégorie d’éleveurs n’a pas tardé à faire son apparition dans le paysage steppique, au lieu-dit Mrayar, où plus de 400 familles, presque tous des anciens nomades, sont logées dans des habitations de fortune où, pour survivre, ils pratiquent un élevage hors sol. Le petit centre urbain de Missour s’est déjà constitué ses marges.

2. L’apparition de nouvelles stratégies d’élevage plus adaptées au nouveau contexte de la production pastorale. H. Rachik explique comment ces nouvelles stratégies d’élevage ont affecté les normes sociales des éleveurs. Chez les pasteurs Bni Guil, qu’il a étudiés, l’adoption d’un nouveau mode de transport, le camion, et l’abandon du chameau ont précipité la disparition de certaines normes structurelles, le shart ou la mniha notamment, qui étaient au fondement de l’organisation de la mobilité des nomades dans le cadre de cette « association économique volontaire » qu’était le douar, et l’adoption de nouvelles normes, plus conformes aux actuelles conditions socio-économiques de l’élevage. Pour leur part, les pasteurs Oulad Khawa ont été conduits, progressivement, à abandonner le nomadisme en faveur de nouvelles formes d’élevage plus adaptées et plus rentables. Les récentes évolutions ont entraîné le développement d’élevages de stabulation dans des « ateliers d’engraissement » au détriment des élevages extensifs sur parcours et l’abandon des fonctions de prestige de l’élevage en faveur de son utilité économique (M.Mahdi). Les habitants des oasis, exploitants traditionnels des parcours, se rallient à ce mouvement d’ensemble et se replient sur leur îlot de verdure. Parmi eux, rares sont ceux qui comptent encore sur le parcours pour promouvoir l’activité d’élevage ((Y.Cherrou,J.P.Chassany,M.Mahdi)).L’exégèse locale explique les transformations de l’élevage par les effets de la sécheresse. Le poids de la « variable sécheresse » dans l’explication de ces transformations a été pondéré dans l’ensemble des contributions. La sécheresse, jdoub, constante de la steppe, conjugue ses effets avec ceux d’autres facteurs pour produire des transformations socio-économiques.

3. L’une des conséquences des transformations (aussi bien à Missour que dans le Sahel et au Sahara) est l’accentuation du caractère marchand de la production pastorale et sa forte intégration au marché. Ceci s’est accompagné d’un mouvement de transfert du bétail au profit de gros éleveurs ou d’une classe émergeante de propriétaires urbains, des entrepreneurs qui ont développé un véritable « élevage de ville » , tandis que d’autres conduisent leur élevage à partir de la ville, ce qui est également visible au Sahel et dans le Sahara. A Missour, les éleveurs font face à de multiples contraintes qui pèsent sur le bon déroulement de la commercialisation de leurs produits. Les performances du marché montrent la faiblesse des marges bénéficiaires dégagées par les éleveurs en comparaison de celles encaissées par les maquignons, chevillards et bouchers (K.Allali,S. Dalil, M.Mahdi). Face à un marché souffrant de plusieurs handicaps structurels, les éleveurs ont développé une stratégie commerciale où l’événement de l’Ayd al-Kabir joue un rôle fondamental. L’importance et la place que tient cette grande fête musulmane comme élément structurant de la production pastorale ont été situées aussi bien au Maroc que dans d’autres pays du sud, par A.-M. Brisebarre. S’instaurent ainsi de nouvelles relations entre milieu rural et urbain.

4. Les nouveaux enjeux sur le foncier. La quasi-totalité des terres sont de statut collectif. Cette question a été abordée en termes de gestion des terres collectives et des ressources hydriques, mais aussi d’appropriation du foncier collectif, jusqu’alors dédié au parcours, par l’agriculture irriguée ou dans le cadre de projets d’envergure.
- La steppe de Missour n’a, malheureusement, pas été concernée par un grand projet de développement de l’élevage, à l’instar des régions avoisinantes. Mais que ce soit en Afrique du Nord, au Sahel ou au Sahara, la volonté politique est de confier cette gestion à des coopératives ou associations pastorales. L’analyse de P.Bonte qui conclut à l’échec de ces expériences, ce qu’il explique par l’incapacité des pouvoirs publics et des organisations internationales (Banque Mondiale notamment) à prendre en charge la question foncière, est relayée par celle de M.Tozy qui livre les enseignements tirés des expériences d’organisation des éleveurs dans le cadre des coopératives pastorales de l’Oriental.
- Comme partout ailleurs, le collectif à Missour fait l’objet d’une appropriation de la part d’acteurs divers : population locale, nationale, Etat, acteurs étrangers au Maroc. Sous sa forme la plus spectaculaire, cette appropriation se poursuit sous forme de projets agricoles s’appuyant sur l’irrigation à partir des eaux souterraines. Ces projets sont l’œuvre d’agriculteurs autochtones et d’entrepreneurs étrangers à la région. La durabilité de cette agriculture steppique pose problème. (M.El-Amrani et Z.Chattou). D’autres formes d’appropriation existent : exploitation privée du gisement de ghassoul, installation d’une ferme d’Etat, d’un centre de protection des outardes…

5. L’émergence de nouveaux acteurs et l’accroissement du rôle des jeunes et des femmes. Le capital humain est traditionnellement investi dans la diversification des productions agricoles et pastorales et des sources de revenu, notamment à travers la pluriactivité (activités en dehors de l’exploitation familiale). Ce rôle a changé de nature pour deux raisons : 1) L’irruption massive sur la scène de jeunes diplômés ou tout simplement de jeunes assez instruits, fils et filles d’agriculteurs et d’éleveurs pour la plupart, en situation de chômage. Leur arrivée dans le monde rural steppique pose des problèmes spécifiques. Certains d’entre eux mettent à profit cette spécificité pour tenter sortir de leur situation en montant des projets d’agriculture et d’élevage (Z.Chattou). 2) La prise de conscience du rôle de la femme rurale dans le développement en soulignant la place des femmes dans la société et en mettant en valeur leur contribution à l’ensemble des dynamiques de la steppe (M.Mahdi, F.Zahid,W.Salaoui). L’analyse de leurs savoirs et savoir-faire (Z.Chattou,A.S.Dechavannes) a débouché sur l’appréciation de leur contribution au processus de production et a mis à jour les espaces de liberté que la société et la culture locales sont amenées à leur concéder.

Certes, plusieurs questions sont restées en suspens ou n’ont pas été assez explicitées dans les différents articles. Des pistes de réflexion et d’action ont été suggérées (J.P.Chassany) afin d’élaborer des démarches et outils d’aide à la décision pour asseoir un projet de développement local et induire des dynamiques durables de développement.

Mohamed MAHDI

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