![]() |
Thème n° 2 Synthèse des débats par Alexandre Caron |
![]() |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Introduction La précédente conférence électronique du LEAD consacrée au pastoralisme a mis en exergue les pressions actuelles appliquées sur les systèmes pastoraux. Ces systèmes se débattent entre d'une part l'interface agriculture / élevage et de l'autre l'interface conservation / élevage, toutes deux sièges d'une compétition pour l'accès à l'espace et aux ressources. Cette nouvelle conférence électronique s'affiche clairement sur la deuxième interface et explore ses modalités de viabilité. Il est donc fort logique d'aborder au cours de cet échange, le risque zoosanitaire qui, au même titre que les extrêmes climatiques, l'insécurité politique et les crises économiques, plane au-dessus des moutons et autres gazelles attendant le moment propice pour fondre et frapper. L'interface faune / bétail est une notion très variable : elle peut être frontière physique ou zone d'intégration, plus ou moins perméable, dépendante des saisons et de la disponibilité des ressources. Les contacts entre faune et bétail peuvent être physiques, distants ou par fréquentation des mêmes endroits à des moments différents (points d'eau, pâtures). Aujourd'hui un certain nombre de maladies transitent à travers cette interface, les agents pathogènes associés bénéficiant toujours de l'effet de surprise et profitant de l'avantage de leur cycle court pour mener la course évolutive. L'actualité montre que cette interface faune / bétail en constante progression est aussi le lieu idéal pour l'émergence de nouvelles maladies. Au cours de ces 3 semaines de débats, suivi par près de 450 participants et autour d'une cinquantaine de contributions, le flot des discussions canalisé par les axes proposés dans le document introductif a connu des crues intellectuelles intéressantes et rarement hors sujet. Nous allons essayer de le synthétiser dans les pages qui suivent, autour des quelques points qui l'ont animés. Les exemples développés dans les contributions ne seront pas développés (sauf exceptions), le lecteur intéressé pouvant se référer aux contributions spécifiques sur la page dédiée à cette conférence électronique sur le site Internet du LEAD : http://www.virtualcentre.org/fr/frame.htm A) La réalité du risque zoosanitaire Une des premières questions soulevées dans le document d'introduction à ce thème fut de savoir si ce risque zoosanitaire à l'interface faune / bétail était véritablement évident et quel était sa nature. Cette introduction poussait la provocation jusqu'à demander si ce risque existait vraiment. Beaucoup de participants ont confirmé la réalité de ce risque zoosanitaire, même si la relation de cause à effet n'est pas forcément toujours prouvée. Ainsi Mamadou Lamine Dia cite l'exemple de chacals fréquentant des abattoirs et dont l'autopsie a révélé une infestation massive à Echinoccus granulosus . Selon M. Dia le risque zoosanitaire de l'hydatidose humaine est augmenté fortement par ce réservoir sauvage. Mais l'impact de ce réservoir dans ce cycle épidémiologique n'est pas scientifiquement prouvé. Les exemples comme celui-ci sont nombreux. On peut ainsi citer la présence de la tuberculose bovine ( Mycobacterium bovis – TB) chez les buffles du parc national du Kruger contaminés a priori par le bétail à travers la frontière sud du parc (exemple cité par Kathy Alexander). Le risque zoosanitaire présenté par la TB pour la santé humaine est lui-même réel même très mal évalué. De façon identique en Afrique de l'Ouest de nombreux éléments désignent le phacochère commun comme réservoir de la peste porcine africaine (PPA) (Ferran Jori). Pour les maladies à vecteur, comme les trypanosomiases, Jeremy Bouyer souligne que les aires protéges sont des sources de vecteurs pour le cycle épidémiologique et que souvent les souches « sauvages » peuvent être plus pathogènes que les autres (constat évidemment non extrapolable à d'autres maladies). Cependant Richard Kock nous incite à modérer nos propos. En effet si on pose le constat que la faune sauvage est de plus en plus menacée, alors on peut affirmer que les populations d'animaux sauvages diminuent. Cette tendance devrait aboutir à la réduction des contacts entre le bétail et la faune sauvage et donc aboutir à une diminution du risque zoosanitaire. Si les tendances actuelles continuent vers une dépopulation des communautés sauvages, le risque zoosanitaire disparaîtra. Malgré cela, même si le risque zoosanitaire nous « semble » souvent évident, il reste souvent à le démontrer d'un point de vue scientifique. Les tendances actuelles de ce risque zoosanitaire sont considérées à la hausse et ceux pour plusieurs raisons. Roland Ziebe et le Dr. Coulibaly nous indiquent que l'évolution socio-économique des sociétés agro-pastorales africaines est un des facteurs principaux de l'augmentation de ce risque. En effet, afin de répondre aux besoins liés à la croissance démographique de plus en plus d'espaces pastoraux sont défrichés au profit des espaces agricoles. Ce phénomène est exacerbé dans les zones périphériques des aires protégées. Ainsi l'interface faune / bétail / homme et les contacts qui lui sont associés se multiplient : la conséquence directe est l'augmentation du risque zoosanitaire de transmission. Roland Ziebe ajoute que la tendance actuelle vers le développement de productions alternatives (à la chasse illégale par exemple) dans ces zones périphériques au centre de l'interface, amène des espèces domestiques là où elles n'étaient pas et là où la faune est encore présente. Le Dr. Coulibaly et Marcel Komlan Kakpo précisent que cette pression anthropique directe est accompagnée bien sûr d'autres pressions indirectes comme l'augmentation du cheptel domestique qui avec la diffusion de médicaments vétérinaires simples voit sa productivité exploser. L'évolution des marchés animaux et de produits animaux ainsi que celle du tourisme sont aussi deux facteurs à prendre en compte pour expliquer l'augmentation du risque zoosanitaire. Ferran Jori stipule raisonnablement qu'une circulation d'espèces vivantes ou mortes, végétales, animales y compris humaines avec les moyens modernes (bateaux, routes, avions) ne peut que jouer en faveur des pathogènes dont les cycles courts leur rendent possible une probabilité d'adaptation beaucoup plus élevée que pour les autres espèces. Tout cela favorise l'émergence et la résurgence d'agents pathogènes comme on l'a vu récemment avec les épidémies / épizooties mondiales du SARS et du virus Influenza. Les progrès techniques de diagnostic et de prélèvement sur la faune sauvage ont permis d'élargir les connaissances sur les cycles épidémiologiques (Dr. Coulibaly). La tendance à la hausse du risque zoosanitaire est donc encore une fois à relativiser. Jean Hars, vétérinaire épidémiologiste en France nous présente le rôle du sanglier européen dans la transmission de plusieurs maladies contagieuses dont il est à l'interface telles que la peste porcine classique -PPC-, la brucellose, la maladie d'Aujesky, ou la trichinellose). Cette la liste s'allonge avec les découvertes récentes telle que la présence de TB. Son message semble nous dire : « quand on cherche, on trouve ! ». Le risque zoosanitaire existe donc mais il est encore vastement inconnu. Ce que l'on commence à cerner pour des maladies dans des écosystèmes précis, c'est la dépendance des cycles épidémiologiques vis-à-vis de certains facteurs comme le climat, la végétation et la présence d'autres espèces (pathogènes inclus). Ferran Jori nous donne aussi l'exemple des marchés informels (viande de brousse par exemple) qui lorsqu'ils ne sont pas contrôlés représentent des voies royales de contaminations. De même, la mise en place périurbaine de systèmes de production à partir d'espèces sauvages (aulacode, entre autres) qui bien qu'ils puissent permettre l'approvisionnement en protéines des centres à forte densité humaine, participent aussi, encore une fois a priori , à l'augmentation du risque zoosanitaire. Les rongeurs sont en effet de bons réservoirs pour un certain nombre de zoonoses et autres maladies transmissibles (dont vraisemblablement une partie encore inconnue). Richard Kock conclue qu'il existe encore très peu voire trop peu de données sur la façon dont certaines observations sont connectées et même pour les maladies les plus importantes et les plus étudiées, des lacunes persistent dans la connaissance des dynamiques épidémiologiques. La perception du risque zoosanitaire varie selon les acteurs interrogés (Hamadé Kagoné et Alexandre Caron). Ainsi une enquête menée dans le parc national du W au Burkina Faso auprès des éleveurs transhumants démontre que les attentes et les besoins des éleveurs vis-à-vis de l'aide vétérinaire ne sont pas les mêmes que ceux mis en avant par les projets des organismes internationaux. Ainsi par exemple la fièvre aphteuse (FA) pose un risque zoosanitaire sur la scène internationale (épizootie dans le cheptel anglais en 2001) et son contrôle est un des objectifs de la FAO -Food and Agriculture Organisation- et de l'OIE –Office Internationale des Epizooties- . Cependant au niveau local, chez les pasteurs, même si elle est souvent la cause d'une certaine morbidité, ses conséquences sont dérisoires à côté des effets des parasites externes ou internes. Comment peut on alors conjuguer les attentes des acteurs locaux aux exigences du commerce mondial et des agence internationales ? B) La nécessité d’une approche globale, scientifique et pluridisciplinaire Face au risque zoosanitaire lié à l'interface faune / bétail, l'approche générale de gestion de ce risque est à penser dans un contexte nouveau. L'approche classique et médicale ferait intervenir pour résoudre ce problème, un vétérinaire ou un épidémiologiste appliquant ce que Marc Artois définie comme une « approche centrée » sur le binôme hôte-pathogène. Aujourd'hui, la communauté scientifique a pris conscience de la complexité des dynamiques épidémiologiques et de la nécessité de définir précisément la place de l'agent pathogène au sein de l'ensemble des acteurs, hôtes, vecteurs, réservoirs et autres. Les grandes campagnes de vaccination massive ont été efficaces pour certaines maladies à forte mortalité et incapables de se « cacher » dans les écosystèmes, mais pour la majorité des autres fléaux, une prise en compte plus large et complexe est nécessaire. Philippe Rey-Herme rappelle que les agents pathogènes font partis des écosystèmes au même titre que les autres espèces et que les notions de complexité et de réseaux d'interactions écologiques sont pertinentes. Dans ce sens Marc Artois site l'exemple du rôle du blaireau européen dans la diffusion de la TB : cette espèce est réservoir de la maladie au Royaume-Uni mais ne semble pas jouer de rôle dans le cycle de la TB sur le continent. Sans une « approche globale » selon marcel Komlan Kakpo, ou encore une « approche écosystèmique » selon Marc Artois, nous n'arriverons à aucun résultat durable. La nouvelle approche se veut avant tout fondée sur une recherche approfondie et un ensemble de données valides et représentatives. L'exemple de la TB au Royaume-Uni, où pendant près de 30 ans des options de gestion ont été suivies sans connaissance précise de la place du blaireau européen et d'autres espèces sauvages dans les dynamiques épidémiologiques ont obligé les responsables politiques à réamorcer le processus vers la fin des années 90 en appliquant une technique stricte de recherche scientifique (A. Caron). Moumouni Ouedrago insiste pour développer des études scientifiques plus approfondies, un « diagnostic complet » et termine par « Il faut donc penser le problème dans toute sa géométrie et dans toute sa complexité ». Steve Osofsky souligne aussi cette tendance vers « une recherche appliquée innovatrice et pluridisciplinaire permettant le suivi et la surveillance sanitaire à l'interface faune/bétail (…) ». Richard Kock finalement ajoute que si l'approche doit être globale, elle doit se faire uniquement au niveau local. En effet, il est illusoire d'essayer de solutionner le problème de la fièvre aphteuse en Afrique d'une seule et unique façon ; de nombreux facteurs varient d'une région à l'autre et les options de gestion seront sûrement différentes. En rebondissant sur cette complexité, il est nécessaire d'élargir la notion de risque sanitaire, comme nous le conseillent Kathy Alexander, Steve Osofsky et François Roger, au risque pour la santé publique. L'impact de la tuberculose bovine dans des populations humaines présentant une déficience immunitaire, comme c'est le cas des populations HIV+, est mal connu. La prévalence du syndrome tuberculeux dans ces populations affaiblies est souvent élevée mais l'on ne sait cependant pas si le type de mycobactérie à l'origine de ce syndrome est d'origine animale ou humaine. Tenter de contrôler la TB chez le buffle uniquement ou chez le bétail ou encore chez l'homme est absurde et voué à l'échec à moyen terme : l'approche doit être globale. De la même façon, la transmission de pathogènes de l'homme vers l'animal est un aspect très peu étudié nous confie Kathy Alexander. Intégrer dans l'approche le facteur humain, cela veut dire comme le souligne Hery Coulibaly, prendre en compte des facteurs tels que l'urbanisation (qui change les dynamiques de mouvements et les intensités de contact), l'occupation de sols, la transformation des paysages etc. L'étude et la gestion du risque zoosanitaire à l'interface faune / bétail nécessite la mise en œuvre d'une approche pluridisciplinaire. Il est nécessaire d'impliquer au sein du processus de prise de décision un éventail large de partenaires tels que des écologistes, des conservationnistes, des gestionnaires d'aires protégées, des responsables politiques, des spécialistes en économie de l'environnemment, des modélisateurs, des biostatisticiens, des épidémiologistes, des virologistes bactériologistes et d'autres spécialistes de laboratoires, des spécialistes des systèmes d'information géométrique (SIG) etc. Bien évidemment, les membres de ces équipes pluridisciplinaires doivent apprendre à travailler ensemble et posséder certaines sensibilités ou spécialisations pour comprendre le travail de leurs collègues. Pourtant, encore trop souvent, les spécialistes se retrouvent cloisonnés dans leur spécialité ou leurs projets (Roland Ziebe, Jeremy Bouyer, Moumouni Ouedrago). Rare sont les projets qui englobent à la fois des objectifs d'élevage et de conservation, et la plupart abordent de manière parallèle leurs champs communs. Beaucoup de chercheurs s'étonnent de ce cloisonnement : en effet, les systèmes pastoraux sont des systèmes naturels qui baignent dans les dynamiques écologiques tout comme les systèmes de conservation et de protection des espaces. Les mouvements inhérents à ces 2 systèmes sont les mêmes, dépendants des ressources en eaux et en végétation et sont incontrôlables à moins de violer les propriétés fondatrices de ces entités. L'approche d'étude et de gestion du risque zoosanitaire doit donc être intégrée à ces 2 systèmes (Ir Hamadé Kagoné). Alors qu'elle est la raison de ce cloisonnement des projets et des intérêts ? Jonas Djenontin s'essaye à des réponses : raison personnelles des professionnelles qui ne sont pas sensibilisés (manque de formation sur l'épidémiologie de la faune sauvage); raison économique des projets dont les financements sont calibrés et étiquetés pour des secteurs particuliers : fonds de financement « élevage » ou « conservation » qui ne peuvent être utilisés autrement que pour les objectifs fixés dans les plans de travail élaborés lors des recherches de financement ; enfin raisons sociale ou politique. Neo Mapitse présente les projets du type conservation et développement intégrés qui fleurissent depuis quelques années mais qui n'ont pas encore pris conscience de l'existence du risque zoosanitaire. C) Les capacités locales et l’aspect économique Pour mettre en place l'approche proposée, 2 leviers indispensables sont pourtant trop rarement articulés dans les contextes pastoraux et de conservation africains : les capacités locales de formation et de surveillance épidémiologique et l'approche économique. Roland Ziebe fait le constat du manque de formation et d'adaptation des institutions locales aux notions de conservation, de santé publique et de gestion durable. Moumouni Ouedrago précise que les institutions de l'élevage sont en général inefficaces dans la gestion des problématiques strictes de l'élevage et donc qu'il est illusoire de voir le contexte de l'interface faune / bétail pris en compte. Les causes selon M. Ouedrago de ce « syndrome » sont les instabilités politiques de nombreux pays africains qui empêchent le suivi d'actions sur le moyen et le long terme. Ainsi, les personnels toujours en cours de relocalisation dans la matrice administrative, ne peuvent s'investir et s'approprier les projets. En parallèle, la privatisation des services vétérinaires n'est pas assez soutenue malgré les efforts de grands projets panafricains comme le PACE (Pan African Control of Epizootics). Or il semble que lorsqu'un certain niveau de privatisation est atteint comme au Sénégal par exemple (Baba Soumaré), la couverture de la surveillance épidémiologique se réalise plus simplement voir naturellement. Cependant, les zones périphériques des aires protégées sont souvent peu développées et hébergent des populations parmi les plus pauvres des pays. Ces zones seront donc les derniers endroits où des privés tenteront leur chance. De la même façon, dans les services gouvernementaux de protection de la nature et dans les équipes de gestion des aires protégées, les spécialistes du risque zoosanitaire n'existent pas (on retrouve le cloisonnement dont on a parlé dans la partie précédente, Ir Hamadé Kagoné). Une communication ou collaboration sur ces problématiques seraient donc nécessaire entre les organismes gouvernementaux. Autant dire que ces relations n'existent pas et semblent difficiles à réaliser dans les contextes administratifs africains. Un début de sensibilisation est pourtant possible en développant des formations et sensibilisations sur les maladies de la faune et le risque zoosanitaire posé à l'interface. Selon Roland Ziebe et Moumouni Ouedrago, des modules spécialisés dans les universités vétérinaires et les cursus biologiques seraient des débuts de solution. Mais il semble que ce désintéressement vis-à-vis des problématiques liées à la santé animale (et humaine) et / où à l'interface entre le bétail et la faune sauvage soit lié à un manque d'enjeux économiques transparents. Moumouni Ouedrago exprime cette idée ainsi : « Loin de contempler les zones de conservation ou protégées comme des lieux de culte, nous devons les gérer en tenant compte de la complexité du système écologique, de la survie économique du sud et de celles des populations ». Kathy Alexander précise que les épidémies de la faune et du bétail transhumants sont considérées comme des évènements d'origine stochastique, inévitables et inhérents à ces systèmes. L'impact économique n'étant pas évalué, le manque à gagner n'est pas connu et l'impact écologique ignoré. Il semble donc nécessaire de développer des études économiques des risques zoosanitaires puisque sans cet aspect, sans chiffres, toute communication auprès de décideurs politiques nationaux et internationaux ne peut s'inscrire dans les autres projets de développement. Les coûts des systèmes de surveillance épidémiologiques doivent rester dans « un cadre économique valable » (Dr. Coulibaly). Lorsqu'on s'adresse aux autorités locales dans le cadre du contrôle de la TB ou de la FA, il faut peser l'impact économique sur les marchés locaux, nationaux et internationaux pour convaincre (Richard Kock). A l'avenir, les capacités africaines à l'exportation à l'international seront déterminées en fonction de l'intégration du risque zoosanitaire à l'interface faune / bétail au processus de surveillance épidémiologique (Alexandre Caron). De même, si l'on doit se prononcer sur l'éradication des glossines dans les aires protégées pour supprimer le réservoir des trypanosomiases sur le bétail, il faut que l'argument économique soit évalué : quel est l'impact sur le bétail, le tourisme et l'écosystème d'une aire protégées avec ou sans les trypanosomiases ? Quel est le coût du contrôle? Jean Hars nous signale qu'en France, l'enjeu économique n'a été que récemment pris en compte avec la création ces 5 dernières années de 2 postes de vétérinaires spécialistes de la faune sauvage au sein de l'Office Nationale de la Chasse. Evidemment, le facteur économique ne doit pas être le seul apprécié pour prendre des décisions sur la gestion du risque zoosanitaire. Dans le cadre de la conservation, il est des valeurs qu'on ne peut juger d'un point de vue économique et elles devront rester présentes dans le processus de prise de décision. L'élimination des populations de buffles d'un parc pour éliminer le risque zoosanitaire de la FA dans les populations domestiques par exemple peut être évaluée économiquement entre les désavantages pour le secteur du tourisme de chasse et de vision et les avantages pour l'élevage. Mais d'un point de vue écologique, l'impact est aussi à apprécier. Pour certaines espèces, les arguments économiques ne seront pas favorables. Philippe Rey-Herme site le cas des carnivores sauvages menacés par les réservoirs que sont les chiens domestiques (rage, maladie de Carré etc.) : prouver aux communautés locales la nécessité d'une prophylaxie sur les chiens n'aura aucun écho économique à leur échelle. Une autre question restée en suspens sur le facteur économique est la variabilité dans les objectifs économiques réalisés : on peut demander à des communautés locales des efforts pour réaliser une prophylaxie contre la peste bovine ou la FA dans le but de générer des bénéfices à l'exportation. Cependant, les retombées économiques iront directement dans les caisses de l'état et l'effort des communautés locales ne sera pas récompensé, directement en tout cas (Alexander Caron). Ce phénomène ne doit pas être négligé. D) Les outils et techniques innovantes et à développer Pour réaliser cette nouvelle approche globale et écosystèmique, des outils spécifiques doivent être développés ou adaptés à partir d'autres domaines. La notion d'espace, on l'a vu, reste préponpérante dans la gestion du risque zoosanitaire à l'interface. Des outils permettant la mise en valeur de cette dimension seront donc utiles. Les systèmes d'information géométriques (SIG) permettent la juxtaposition sur des cartes de terrain de différentes couches de données variées : densité animales, humaines, végétation, cas de maladies, présence de vecteur, de ressources en eaux etc. L'utilisation de l'image satellitaire vient en complément à cet outil et l'augmentation de la qualité des clichés (précision jusqu'à 60cm pour les plus chères) ouvre des possibilités énormes. Le prix de ces images est bien entendu le facteur limitant. Jeremy Bouyer nous fait part de l'importance de cet outil dans l'analyse de risque zoosanitaire lié aux maladies vectorielles dont la prévalence est souvent liée à la présence des populations de vecteurs eux-mêmes inféodés à des types de végétation et des variations saisonnières et climatiques précises et prévisibles. La faune sauvage qu'il est difficile de suivre et dont l'utilisation spatiale des ressources est encore peu connue, peut être surveillée à distance à l'aide de la télédétection. SIG et télédétection sont ainsi complémentaires et ouvrent des horizons intéressants pour le suivi de la gestion des paysages et des terroirs, qui sont des facteurs importants dans l'analyse du risque zoosanitaire (Richard Kock). Kathy Alexander voit dans les outils biomathématiques un moyen de modéliser des tendances épidémiologiques pour comprendre et prévoir certains évènements. Les recherches importantes (tant quantitatives que qualitatives) sur la détermination du coefficient de transmission « R0 » (ou coefficient de reproduction du pathogène selon que l'on considère un micro ou macro parasite) tentent d'élargir le champ d'application de ce coefficient aux systèmes multi hôtes. Quand ces modèles seront testés et avec de bonnes bases de données, les connaissances sur les dynamiques épidémiologiques en seront renforcées. Ces types de modèles, développés en amont des études et donc influençant les hypothèses de recherche et les techniques de collecte de données peuvent faire économiser du temps et de l'argent aux projets. A l'avenir, le prochain enjeu en terme de modélisation sera la prise en compte simultanée des interactions entre plusieurs pathogènes : en effet, cet aspect est encore trop peu étudié et pourtant parfois déterminant : on se souviendra de la disparition de la FA dans certaines régions d'Afrique juste après l'épidémie de peste bovine à la fin du XIX ème siècle (Alexandre Caron). L'estimation de l'impact économique de la maladie est on l'a vue décisive. Baba Soumaré, spécialiste des études coûts / bénéfices en épidémiologie de l'élevag,e verrait bien cet outil utilisé à l'interface. Il quantifie cet impact et fournit donc des éléments et un aspect concret à l'argumentation et permet de pondérer les différentes options de gestion par leurs avantages et inconvénients économiques. L'argument du « manque à gagner » est souvent bien compris par les décideurs politiques et permet de leur parler « dans leur langue ». On peut tout à fait dans ses études coûts / bénéfices, introduire des valeurs non économiques qui sont aussi importantes quand on parle de conservation et d'espèces protégées. D'autres analyses économiques existent (théorie de la production par exemple) et devrait se décliner par rapport au risque zoosanitaire à l'interface. Mais l'effort le plus important en terme de gestion du risque zoosanitaire doit être porté sur le calcul et l'estimation de ce risque . Cet outil développé dans divers domaines comme la sécurité alimentaire et même l'élevage doit s'adapter au risque zoosanitaire à l'interface. Fabienne Biteau à travers un document nous donne l'exemple de logiciels développés originellement pour introduire la notion d'impact des maladies dans les PVA (Population Viability Analysis), qui estiment à partir d'une variété de données les chances de survie d'une population. Ces logiciels (OUTBREAK par exemple) pourraient être détournés de leur fonction première pour s'appliquer à l'estimation du risque zoosanitaire à l'interface. Ferran Jori nous donne l'exemple de projet de « modélisation de l'analyse de risque zoosanitaire (QRA) » sur les risques zoosanitaires de transmission de la tuberculose (zoonose) par le lait en Ouganda. De la même façon, Jean Hars partage avec nous ces techniques de gestion du risque zoosanitaire de la tuberculose en France à partir de l'étude précise des facteurs de risque et du choix des options de gestion en fonction des ces études. Cet outil de l'analyse de risque zoosanitaire est sûrement le plus prometteur puisqu'à mesure que l'approche devient globale de nombreux facteurs s'ajoutent. Ainsi, l'utilisation des ressources et les modifications des terroirs et usages doivent rentrer dans cette analyse du risque zoosanitaire (Richard Kock). Norbert Tchouaffé nous propose sur ce point de mettre en place des indicateurs précis et à différents niveaux pour l'estimer et le gérer. Les outils diagnostics n'ont souvent été validés que pour les espèces domestiques. La validation de ces tests aux espèces sauvages fera donc progresser les connaissances sur la prévalence et l'incidence des maladies à l'interface faune / bétail et donc l'analyse et la gestion du risque zoosanitaire. Pour l'élevage, Marcel Comlan Kakpo rappelle l'utilité des vaccins marqueurs qui permettent de différencier les anticorps d'origine infectieuse des anticorps d'origine vaccinale. Le vétérinaire ou l'épidémiologiste pourront ainsi augmenter la qualité des données récoltées. Jeremy Bouyer nous rappelle que les progrès en génétique moléculaire (PCR par exemple) déterminent la filiation des souches pathogènes et révèlent des indices sur l'origine des épidémies ce qui, pour la FA ou la PPA a permis récemment d'identifier les causes de foyers et la réestimation des risques zoosanitaires Finalement, Richard Kock mentionne aussi les outils de communication et de dissémination de l'information qui sont à notre disposition aujourd'hui et en souligne l'importance. L'OIE, la FAO et l'UA-BIRA (Union Africaine – Bureau International des Ressources Animales) proposent des bases de données en ligne (ARIS, TADINFO etc.) qui offrent une vue globale de données épidémiologiques sur les principales maladies, notamment celles à l'interface. Il est de notre responsabilité d'utiliser ces outils, non seulement en les consultant, mais aussi en y reportant (ou en facilitant le reportage) officiellement les données épidémiologiques récentes. E) Des initiatives et solutions locales pour la gestion du risque zoosanitaire? Après avoir étudié le risque zoosanitaire à l'interface faune / bétail, les facteurs importants ayant un impact sur ce risque et les moyens et techniques qui peuvent permettre de le mesurer et le gérer, nous verrons dans cette partie les exemples positifs rencontrés au fil des contributions. Bien entendu, une première réaction face au risque zoosanitaire à l'interface faune / bétail est simplement de supprimer l'interface. Mamadou Lamine Dia, face à la prévalence élevée d'echinoccocose chez les chacals fréquentant les abattoirs propose d'éliminer ces populations de carnivores pour éviter les contaminations humaines : « tant que le réservoir n'est pas assaini, la menace est toujours présente ». De la même façon, au début du XX ème siècle, des grandes campagnes d'éradication de la faune sauvage en Afrique ont permis à court terme d'éliminer le risque zoosanitaire du à la peste bovine et la FA. L'élimination des vecteurs comme les glossines pour lutter contre les trypanosomiases rentre aussi dans cette catégorie d'options de gestion. L'histoire a montrée que sur le long terme, ces solutions sont souvent inefficaces et Moumouni Ouedrago ajoute qu'elles sont souvent basées sur une faible connaissance épidémiologique. Sans éliminer a priori ces options, elles doivent figurer sur la liste des actions possibles et être pesées (économiquement, éthiquement etc.) en fonction des autres. Il ne faut cependant pas tomber dans l'excès inverse de protection maximum des écosystèmes et des populations sauvages sans aucune intervention. Si l'on peut comme le suggère Philippe Rey-Herme garder en tête « une vision utopique des aires protéges », il faut constater que la plupart des zones naturelles sont aujourd'hui transformées d'une manière ou d'une autre (moins d'espace, fin des migrations naturelles de grande ampleur etc.) et que l'on ne peut plus « laisser faire la nature », il est trop tard. Des solutions locales parfois traditionnelles ont déjà permis de juguler le risque zoosanitaire. Les connaissances et habitudes des pasteurs pour l'utilisation des ressources ont géré ce risque jusqu'à aujourd'hui, en adaptant les fréquentations des points d'eau et des pâturages. Dans l'écosystème Somali on rapporte que certains pasteurs « vaccinaient » leur bétail contre la peste bovine à partir d'inoculations sous-cutanées de tissus prélevés sur des carcasses d'animaux sauvages… Pour vivre avec les trypanosomiases, nous rapporte Jonas Djenontin et Jeremy Bouyer, les éleveurs utilisent les croisements de races bovines pour trouver un équilibre fin entre résistance à la maladie et productivité. Sophie Thevenon parle même parfois de gestion du risque zoosanitaire « sous la seringue » où le bétail peut pâturer en zone à risque élevé parce que sous traitement médical constant. Le savoir local est donc définitivement à prendre en compte puisque les pasteurs vivent depuis des centaines d'annéesen gérant le risque zoosanitaire à l'interface, Quelques solutions intéressantes nous ont montré qu'une bonne gestion du risque zoosanitaire pouvait être efficace. Jeremy Bouyer, après avoir posé une question judicieuse sur l'opportunité de l'infestation des aires naturelles par le glossines pour la conservation à travers l'exclusion « naturelle » des troupeaux pastoraux, propose une option de gestion des zones riveraines : à l'interface faune / bétail, les glossines sont en densité maximale parce que possédant un habitat idéal (les aires protégées) et une source de nourriture abondante (les troupeaux de bétail) ; l'utilisation de la télédétection et des SIG permet de prouver qu'on peut diminuer cet « effet lisière » en classant les 2 rives d'une rivière plutôt qu'une seule en zone protégée (a condition bien sûr que le bétail est une autre ressource en eau). Dans une autre situation, Philippe Rey-Herme propose en se réappropriant un concept écologique, de travailler sur des « maladies clés » ou « parapluie » comme la rage chez les carnivores avec son risque zoonotique. Cette maladie peut facilement attirer des fonds parce que menaçant la santé publique et, à partir de ces fonds, gérer un certain nombre d'autres risques zoosanitaires à faible coût chez les populations de carnivores domestiques au bénéfice des populations de carnivores sauvages. Jean Hars nous donne aussi grâce à son analyse du risque zoosanitaire la proposition de supprimer les affouragements pour les sangliers afin de limiter des contacts étroits et des transmissions facilitées de la TB au sein de ce réservoir. Michael Woodford nous indique la marche à suivre avec l'exemple d'un projet de conservation local, à l'échelle d'une tribu, où la gestion du risque zoosanitaire à l'interface faune / bétail (et en l'occurrence pour la protection d'espèces menacées d'ongulés) est prise en compte dès la conception du projet et bénéficie à la fois à l'élevage local et à la protection d'espèces menacées. Finalement, l'idée de « zones d'export » pour permettre d'exporter à partir de zones plus ou moins grandes et contrôlées sanitairement au sein de régions non contrôlées, pourrait offrir une opportunité pour la gestion du risque zoosanitaire présenté par la FA ou la tuberculose (Alexandre Caron). C'est d'ailleurs l'Afrique du Sud qui montre l'exemple en mettant sur le marché en expansion de la faune sauavge (pour le secteur privé de la conservation très développé dans cette région), des buffles élevés en zone contrôlée et certifiés indemnes de toute maladie. Des initiatives récentes d'association de professionnels ouvrent aussi des horizons prometteurs. Ainsi l'initiative AHEAD proposée par le WCS (Wildlife Conservation Society) a été crée au congrès des parcs nationaux à Durban en 2003 et fait suite à la déclaration du Pilannesberg (Wildlife Disease Association, Afrique du Sud) en 2001 qui stipule que « la reconnaissance des sciences de la santé animale comme indispensable pour la mise en place et la gestion de programmes durables pour le bétail et la faune sauvage », Cette initiative a pour but de coordonner et conseiller la gestion du risque zoosanitaire à l'interface faune / bétail / homme. Un de ses groupes de travail, le AHEAD-GLTFCA (Great Limpopo TransFrontier Conservation Area) se focalise sur le parc transfrontalier entre l'Afrique du Sud, le Mozambique et le Zimbabwe en soutenant que sans la gestion de ce risque zoosanitaire, l'objectif de conservation peut échouer (Steve Osofsky). Stéphane de la Rocque nous fait partager de son côté la création du projet EDEN (Emerging Disease European Network) qui est une collaboration vaste (une trentaine d'équipes de recherche) pour étudier, prévoir et contrôler les maladie émergentes en Europe. Ce type d'initiative centrée sur le risque zoosanitaire à l'interface faune / bétail serait opportun. Finalement, le réseau SAGIR français de surveillance sanitaire de la faune sauvage fort de ses succès, est un bel exemple à suivre (Jean Hars). Un des champs d'action revenant souvent dans les différentes contributions est la démarche vers les décideurs politiques et notre responsabilité envers eux en tant que spécialiste. Moumouni Ouedrago affirme la nécessité de « jouer notre part de responsabilité » et d'« (...) attirer l'attention des bailleurs et des différentes administrations sur le rôle de chaque partenaire dans les enjeux de conservation / santé des populations et des animaux ». Les analyses de risque zoosanitaire réalisées doivent être adaptées pour une communication facilitée vers les sphères politiques afin de leur proposer des options de décisions et de gestions claires (Neo Mapitse). Notre responsabilité, selon Richard Kock est de savoir comment obtenir les financements mais aussi de savoir comment bien les utiliser:. Par une mauvaise gestion de financements mais aussi par une communication à tue-tête alarmiste sans réelle preuve de ce que l'on avance, nous perdons de notre crédibilité. D'où l'idée de créer une liste de maladie réduite au sujet desquelles on puisse proposer des chiffres concrets. Cette liste en cours d'élaboration se trouve en annexe 1. Marc Artois nous prouve que ce type d'action auprès des politiques peut fonctionner avec l'exemple de la décision du retrait du marché de l'élevage de la molécule diclofenac suite à la suspicion (et seulement suspicion selon Guy Joncour) de contamination fatale dans des populations de vautours, ces oiseaux charognards se contaminant en se nourrissant sur les carcasses de bétails soignés avec cette molécule. Le rôle écologique de cette espèce a été reconnu au niveau gouvernemental et la cause supposée de son déclin contrôlée. Finalement, la médiatisation actuelle que connaissent un certains nombre de maladies dans des zones à l'interface faune / homme (Ebola, SARS, virus Inlfuenza et virus West Nile entre autres) offre aux spécialistes une tribune de médiatisation importante dont il faut profiter pour faire passer des messages clairs et précis. En conclusion, cette conférence électronique a permis des débats fournis et intenses. La plus grande partie des intervenants a reconnu la réalité du risque zoosanitaire à l'interface faune / bétail et son accroissement actuel en raison des dynamiques de colonisation et de développement des espaces naturels et des mouvements inhérents aux échanges commerciaux et touristiques. Cependant, les connaissances scientifiques sont encore trop faibles pour négliger la recherche fondamentale et appliquée à l'interface. Ce risque zoosanitaire doit être abordé non plus d'une façon classique mais par une approche globale intégrant l'ensemble des acteurs des cycles épidémiologiques et la complexité des écosystèmes dans lesquelles les dynamiques de transmission et de reproduction prennent place. Pour donner à cette nouvelle approche les moyens d'atteindre ses objectifs, des outils d'analyse spatiale, statistique et économique devront être développés dans le contexte de cette interface. Les capacités locales en surveillance épidémiologique devront être renforcées et le critère économique utilisé à bon escient. Finalement, on constate aujourd'hui un manque de projets se focalisant ou prenant en compte l'aspect sanitaire à l'interface. Ils restent trop souvent cloisonnés au secteur de l'élevage ou de la conservation uniquement. Les professionnels concernés ont la responsabilité de communiquer sur ce type de risque zoosanitaire auprès des sphères de décisions politiques et de provoquer les prises de conscience nécessaires. S'il n'est pas maîtrisé, le risque zoosanitaire peut compromettre le développement des zones les plus pauvres et la conservation des aires protégées. Annexe 1: Liste des principales maladies à l’interface faune / bétail en Afrique en fonction des grandes régions géo-climatiques
our chaque ligne, les « X » ou les « 0 » désignent des zones dont les dynamiques de la maladie semblent relativement identiques. Cette liste ouverte à d'autres maladies et à des modifications d'appréciation a été ébauchée lors de la conférence électronique par différents participants. Elle pourrait constituer une base de travail et de communication auprès des décideurs et des bailleurs (Richard Kock, Norbert Tchouaffé). * Tuberculose bovine et Fièvre aphteuse doivent être étudiées en fonction du niveau de contrôle déjà appliqué : dans le région du Sud de d'Afrique, des moyens de gestion proactifs ont déjà été mis en place et on peut rapprocher cette zone de la Nouvelle-Zélande et des régions européennes. Ainsi l'Afrique du sud est à comparer avec le reste de l'Afrique. Pour la TB, l'impact sur la santé publique humaine et des différents milieux (tropicaux versus arides et semi-arides) seront à évaluer (Richard Kock, Ferran Jori). |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||