Cohabitation ou compétition entre la faune sauvage et les éleveurs… Où en est on aujourd’hui?

Thème 1 (du 25/10 au 12/11)
Valeurs et valorisation des ressources de la biodiversité : Quel bilan ? Quelles perspectives pour les éleveurs ?

Discussions: 1-10/11-20/21-30/31-40

En savoir plus


1- Contribution de A. Binot - D. Cornelis - 27 October 2004

Bonjour,
Une première contribution sur le secteur "viandes de brousse" envoyée par Aurélie Binot et Daniel Cornélis (CIRAD) est à présent disponible sur le site LEAD à l'adresse:
http://www.virtualcentre.org/fr/ele/econf_02_faune/download.htm

Télécharger le document (PDF 425 KB - 106 pages)

Cette synthèse bibliographique effectuée par le CIRAD pour le Fonds Français pour l'Environnement Mondial (FFEM) fait le point sur le secteur de la viande de brousse au Gabon. Au sein de ce document sont présentés l'impact de la filière "viandes de brousse" sur la pérennité des populations animales sauvages; la structuration de la filière (et son enjeu socio-économique) et les déterminants de la consommation de gibier. Dans le cadre du Thème 1 sont en particulier développés le rôle de la viande de brousse par rapport à l'élevage traditionnel et le potentiel de développement des élevages non
conventionnels.

Vous trouverez ci-dessous l'introduction du document

En attendant vos réactions, vos contributions

Le modérateur,
Vincent Castel-LEAD

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SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE DU SECTEUR « VIANDES DE BROUSSE » AU GABON
CIRAD-FFEM
Par Aurélie Binot et Daniel Cornelis

Introduction

La forêt gabonaise constitue, au coeur du massif forestier d'Afrique
Centrale, l'un des pôles mondiaux de diversité biologique. Cette forêt est une composante fondamentale du cadre de vie et de l'économie nationale. Par les ressources et les richesses qu'elle apporte aux populations, elle représente la ressource de l'avenir, le véritable « pétrole vert » du pays (White, 1995 ; Brugière, 1998). Les aires protégées et massifs forestiers du
pays constituent notamment des habitats remarquables pour la faune sauvage.
Cette dernière ressource représente la principale part de protéines dans l'alimentation des gabonais et les filières informelles de commercialisation du gibier génèrent des revenus réguliers à tous les niveaux de la filière.
Compte tenu des enjeux qui sont liés à la faune sauvage, tant en termes de maintien de la biodiversité qu'en termes de satisfaction des besoins de la population gabonaise, il convient de s'interroger sur la pérennité de la production animale sauvage dans la forêt gabonaise. Il parait d'autant plus pertinent d'envisager la gestion de la ressource « faune sauvage» au Gabon que la quasi totalité des forêts sont désormais concédées à l'exploitation forestière industrielle. Les limites de ces concessions bordent en sus les aires protégées et pourraient fragiliser de fait la préservation de la faune sauvage dans ces zones.
Dans ce cadre, un des défis majeurs reste de concevoir des politiques de conservation et de gestion de la biodiversité qui permettent à la population d'exploiter la ressource sans pour autant mettre en péril son renouvellement.
La présente synthèse bibliographique décrit le secteur viandes de brousse dans le contexte gabonais à la lumière des diverses études qui ont été réalisées sur le sujet au Gabon et en Afrique Centrale.
La finalité de cette analyse est de renforcer la cohérence des axes
d'intervention d'un projet du FFEM en cours d'identification, actuellement intitulé « Gestion de la faune sauvage en bordure d'aires protégées et de la filière viandes de brousse au Gabon ».
Dans les pages qui suivent,
* les particularités du Gabon y sont présentées, à savoir (i) la pression
exercée par le monde urbain sur le monde forestier dans un pays ou près des
trois quarts de la population réside en ville et (ii) les initiatives de
gestion de la faune qui émergent dans le contexte institutionnel ;
* la durabilité des prélèvements exercés sur la faune sauvage a été analysée
au regard des dynamiques écologiques des principales espèces chassées ;
* les aspects quantitatifs et les déterminants socioéconomiques de la
consommation de gibier ont été synthétisés dans le cadre d'une analyse de la filière viandes de brousse.

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2- Contribution de E. Walgraeve - 28 October 2004

Bonjour,
Après deux jours de maturation voici une première contribution active qui prend parti contre
l'approche purement "monétaire" de la valorisation des ressources de la biodiversité jugée décalée
par rapport aux référentiels socio-économiques des acteurs locaux.
Dans l'extrait du rapport final du programme "avenir des peuples des forêts tropicales"
l'importance et les particularités du secteur informel dans les états africain y sont développées.
La structure du marché africain fonctionne ainsi sur un modèle radicalement différent de celui
du marché des pays "développés" et les premières initiatives qui cherchaient à structurer ces marchés
informels ne tenaient pas compte de ses critères spécifiques.
Au sein du marché informel l'économie et le social sont ainsi intiment liés et assurent une forme
de redistribution des revenus et de protection sociale.

Je vous invite de plus pour avoir plus de renseignements sur le rapport final
(cité dans cette contribution)
du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (1995-2001)à visiter leur site web:
http://www.ulb.ac.be/soco/apft/INTRO.HTM

Je vous encourage vivement à réagir!

Le modérateur

Vincent Castel
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Chers collègues, bonjour,

Je me jette à l'eau pour une timide contribution. Vous trouverez ci-dessous un extrait du rapport final du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (1995-2001), qui visait à prendre en considération les logiques d'acteurs dans les projets de conservation en forêt tropicale. Une des zones d'intervention du projet était le bassin du Congo. Or dans cette partie de l'Afrique francophone, l'économie des ménages se définit essentiellement d'un point de vue informel (ou du moins définit comme tel par le économiste occidentaux). Dès lors, toute l'approche qui est décrite dans la premiere partie du texte introductif, cette stratégie visant la « monétarisation » des ressources de la biodiversité dans une logique rationnelle de marché me semble bien décalée par rapport au référentiel socioéconomique des habitants de l'Afrique francophone ! Pas étonnants que ces initiatives soient rarement appropriées par les populations cibles, enfin je vous invite à lire ci -dessous une petite description du secteur informel, qui remet pas mal en question la logique économiste des initiatives de conservation et peut être plus particulièrement en ce qui concerne les tentatives de contrôle de la filière viande de brousse... Qu'en pensez vous ?

Emma Walgraeve, socio-anthropologue (Belgique)

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Extrait du rapport final du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (1995-2001)

L'émergence du secteur informel

La crise cumulée des économies et des Etats africains est à l'origine de l'expansion du secteur informel qui s'est développé au point de concurrencer le secteur formel. Urbanisation rapide, boom démographique, migration rurale, crise économique, réduction des fonds publics et plus récemment ajustement structurel sont les composantes qui ont entraîné une explosion de la demande d'emplois. Durant les années 50 à 80, la population urbaine a augmenté au rythme de 6% par an et de 10% dans les villes périphériques, alors que le développement des emplois dans le secteur moderne ne représentait que 2%. L'important chômage urbain qui découle de cette disparité à alors cherché une voie de résorption dans les activités informelles. L'émergence du secteur informel constitue une sorte de réflexe de survie de populations refusées par le secteur formel. Dans un premier temps, il a joué un rôle d'adoption des migrants et plus tard un rôle d'accueil des agents économiques exclus du secteur officiel. Les activités abritées par le secteur informel se répartissent de la façon suivante: 37% pour le commerce, 36% pour les activités de type industriel, 19% pour les services et 8% pour le transport (source BIT). En se référant aux estimations les plus basses, le secteur informel représenterait une contribution de 20 à 30 % du Pnb des pays africains (50 à 55 % selon le ministère sénégalais du Plan), il occuperait près de 60% des actifs urbains, pourrait fournir 90 % des nouveaux emplois urbains africains et continuerait de croître (selon l'enquête menée par la Division de l'Industrie et de l'Energie du Département de l'Afrique de l'Ouest de la Banque mondiale). Longtemps sous-estimé voire méprisé le secteur informel s'est imposé comme une composante essentielle des économies du tiers monde. Dans le cas de l'Afrique mais aussi de l'Asie on ne peut plus le considérer comme une sorte de proto-économie assujettie aux impératifs de la survie et vouée à une disparition rapide.

La prise en compte récente du secteur informel

A la fin des années 80, constatant l'échec du modèle de développement « industrialiste », la désertion croissante des pouvoirs publics africains et l'augmentation drastique de la paupérisation urbaine, les institutions internationales vont se mettre à considérer le secteur informel comme une alternative sérieuse pour le développement économique.

La Banque Mondiale et le FMI, notamment, considèrent l'émergence du secteur informel comme une saine réaction du « marché » à l'égard de l'interventionnisme des Etats africains. Ils y voient aussi une véritable « pépinière » de petits entrepreneurs qui, à condition d'être soutenus, pourront, grâce à leur prix compétitifs, prendre place dans l'économie internationale.

Le secteur informel est donc perçu comme un vecteur de développement économique, dont on va s'employer à « formaliser » les activités. Cette « incorporation » du secteur informel passe par la formation des « entrepreneurs » aux techniques de gestion, à la concurrence, à l'économie de marché et vise à favoriser l'accès au crédit qui permettra d'améliorer les techniques et entraînera un gain de productivité. On retrouve dans cette approche, exclusivement économique, la reproduction d'un modèle de développement de type « take-of » construit et inspiré d'un scénario transposant dans le tiers monde les conditions du développement occidental. Seul le destinataire de l'aide change, non plus l'Etat et le secteur moderne, mais le secteur informel dont on attend qu'il s'institutionnalise. Cette approche du secteur informel s'inscrit dans la logique du modèle économique dominant et constitue un point de vue extrêmement réducteur au regard du particularisme des activités et de la dynamique sociale de l'économie populaire.

Bien que l'ensemble des sociétés soient aujourd'hui intégrées (ou en voie de l'être) dans l'économie marchande, l'utilisation de critères standards micro ou macro-économiques propres aux économies développées pose à l'évidence le problème de la prise en compte de déterminants, sociaux, culturels et économiques spécifiques (redistribution, réciprocité,...). Le marché africain est incontestablement un modèle différent de celui du marché néo-libéral, et ceci tant du point de vue de son histoire que de sa fonction dans la société.

Une approche économique plus fine

De nombreuses recherches ont été menées dans la perspective d'une meilleure compréhension des principes et du fonctionnement de l'économie populaire africaine. Ont ainsi été étudiés : la finance informelle et ses mécanismes de mobilisation de l'épargne (tontines) et de circulation des flux monétaire, la productivité des activités, les relations avec l'économie formelle les incidences des politiques d'ajustement structurel (réduction des salaires, privatisation, réduction des effectifs dans la fonction publique) imposées par les institutions de Brenton Woods sur la paupérisation et sur l'expansion du secteur informel, la baisse des revenus et le développement de la pluri-activité, etc... . Les données recueillies ont permis de construire une image fine de l'économie informelle remettant en cause certains a priori ou dogmes. Toutefois à de rares exceptions près les analyse fournies se sont limitées à une approche de type économique, certes pertinente, mais dont le caractère unidimensionnel rendait mal compte des logiques multiples qui caractérisent notamment l'organisation sociale.

Un autre regard était donc nécessaire pour compléter les données économiques et tenter de comprendre de façon globale ou holistique la dynamique du secteur informel.

Une dynamique sociale

Bien plus qu'un simple système économique produisant, échangeant et consommant biens et services « l'économie informelle » intègre les champs social et économique. Contrairement à la vision dichotomique occidentale, l'économique et le social sont ici intimement liés et il est d'ailleurs plus opportun de parler « d'économie sociale » ou « d'économie populaire » pour qualifier le phénomène informel. L'économie populaire ne peut être envisagée comme une simple économie de la « débrouille » individualiste, elle assure au contraire des services à la collectivité, notamment par une forme de redistribution des revenus au travers de véritables systèmes de sécurité et de protection sociale. Certains auteurs tel M. Penouil considèrent la dimension sociale comme prédominante : « Les activités informelles sont avant tout une forme particulière de la dynamique sociale dans les sociétés en développement.»

Le rapport final (cité dans cette contribution) du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (1995-2001) à visiter leur site web: http://www.ulb.ac.be/soco/apft/INTRO.HTM

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3- Intervention de Mauricio Rosales - Services environnementaux - 28 October 2004

Bonjour,
Voici la contribution de Mauricio Rosales qui nous fait part de son
expérience sur le paiement direct des services environnementaux rendus en
Amérique Latine et se demande comment de tels mécanismes peuvent être mis en
œuvre en Afrique.
En effet le fait que la plupart des terres soient collectives et qu'il
n'existe pas de mécanisme pérenne de financement du paiement direct de ces
services semblent être des contraintes majeures.

J’attends vos commentaires, vos réactions…

Très cordialement,
Le Modérateur,
Vincent Castel

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Comme cela est déjà expliqué dans le document introductif, les programmes permettant aux populations de dégager des bénéfices économiques de la biodiversité se décomposent en deux catégories principales :

Þ le développement d'activités supposées fournir des revenus (complémentaires ou principaux et dont la pérennité reste à démontrer) aux acteurs locaux (tourismes, viande de brousse….). Les programmes financent alors la structure permettant aux acteurs d'obtenir des retombées économiques et son fonctionnement sur les premières années; et

Þ le paiement direct des services environnementaux rendus et de la protection de la biodiversité. Le programme représentant alors la source même de ces revenus (la pérennité pouvant être assurée par les dividendes des « trust funds »).

Cette seconde approche a reçu une attention croissante ces dernières années.

LEAD et le Fonds pour l'Environnement Mondial (GEF) testent au sein de bassins versants l'utilisation du paiement pour les services environnementaux rendus comme solution pour préserver la biodiversité, la ressource en eau et favoriser la séquestration du carbone dans trois sites situés en Colombie, au Costa Rica et au Nicaragua. Le projet teste l'utilisation du paiement des services environnementaux rendus afin d'encourager l'adoption de pratiques sylvopastorales pro environnementales.

Ainsi le projet rémunère les éleveurs ayant adoptés certaines pratiques en faveur de l'environnement afin que les revenus additionnels rendent ces pratiques d'élevages et d'utilisation des sols plus rentables à l'échelle de la ferme sur le court terme. La mise en ouvre d'un tel mécanisme a demandé :

Þ La mise en œuvre d'un système de surveillance précis des services environnementaux rendus, afin que les paiements appropriés soient effectués ; Þ De rémunérer les services de telle manière que l'on obtienne les changements d'utilisation des sols souhaités ; et

Þ De prévenir la création d'incitations « perverses » (par exemple : encourager les utilisateurs à couper les arbres existants afin d'être par la suite en mesure d'obtenir un revenu additionnel suite à la nouvelle plantation d'arbres….)

Même s'il est encore trop tôt pour parler de succès, les premiers résultats sont particulièrement encourageant.

Tout en gardant à l'esprit les différences géographiques et culturelles, peut-on envisager la mise en place d'un tel système en Afrique ?

En Amérique Latine on travaille directement avec les propriétaires terriens. Selon leur propre perspective, la conservation de la biodiversité est une externalité. Ainsi cette externalité n'est généralement pas prise en considération lors de leur mise en œuvre de leur propre plan de gestion des sols. Cependant la mise en place d'un système de paiement pour services environnementaux rendus, est ciblé et les services rendus sont facilement observés. Est-ce que ce type de mécanisme peut être mise en place au sein des terres collectives où la perception de la conservation de la biodiversité et de la faune sauvage en tant qu'externalité est sûrement encore plus forte et où les services rendus sont difficilement observables?

L'index utilisé pour évaluer les services environnementaux rendus dans le projet en Amérique Latine permet d'accorder précisément les paiements aux bénéfices attendus. Cependant une telle surveillance engendre des coûts importants. Les coûts lors de la mise en oeuvre d'un tel système sont très élevés et la recherche de fonds (marché du carbone, taxe nationale sur l'utilisation du pétrole, tourisme vert)pour assurer la pérennité du mécanisme demande beaucoup d'efforts en Amérique du Sud . Est-ce que les revenus issus des parcs nationaux seront un jour une source de revenus suffisante pour alimenter un mécanisme de paiement pour les services environnementaux rendus ?

Mauricio Rosales (LEAD-FAO)

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4- Intervention de Pascal Bonnet - réponse contribution de E. Walgraeve (méthodologie d'évaluation économique) - 29 October 2004

Bonjour,
Voici la contribution de Pascal Bonnet en réponse à la contribution de E.
Walgraeve
J'attends vos commentaires, vos réactions
Très cordialement,
Le Modérateur,
Vincent Castel
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Cela pose de manière aigue le problème des méthodes d'évaluation en économie dans lesquelles les méthodes couts avantages et en général cout bénéfice ont toute leur place mais a condition de bien les adapter les méthodes d'évaluation contingente en environnement et ce qui se fait en santé humaine cad le bénéfice pondéré par la qualité de vie répondent en partie a ces problèmes dans leur domaine mais pour ce qui nous concerne il y a certainement encore beaucoup a faire en recherche méthodologique ex: pondération du bénéfice attendu d'une projet biodiv. par la préférences des acteurs locaux (ou en général de la société) cela change a l'évidence pas mal les hiérarchies des alternatives après évaluation et la décision Dr Pascal Bonnet

CIRAD-EMVT seconded to ILRI.
International Livestock Research Institute
Animal Health Economics & Medical Geography
Enabling Innovation Theme
ILRI Ethiopia P.O. BOX 5689 Addis Abeba Ethiopia.

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5- Intervention de David Edderai sur la "Contribution de E. Walgraeve" (Viande de Brousse) -
29 October 2004

Bonjour à tous
Une nouvelle réaction au message de E. Walgraeve de la part de David Edderai
qui a travaillé sur cette filière au Congo.
Selon lui la logique monétaire domine la filière et c'est justement parceque
la production de viande de brousse est entrée dans des circuits commerciaux
purs que l'activité est devenue une menace en matière de durabilité de la
ressource. Il souléve le rôle, dans le cadre de la protection de la faune, du
développement de ressources de protéines alternatives issues de l'élevage
"classique" (traditionel ou industriel), et du développement d'autres sources
de revenus.

Le modérateur,
Vincent Castel (LEAD)

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Bonjour à tous,

Pour avoir "baigné" dans le bassin du Congo et travaillé sur les problématiques viandes de brousse pendant 7 ans, je souhaiterais réagir au message d'E. Walgraeve (APFT). Il me semble en effet que la thématique "viande de brousse" dans le bassin du Congo est particulièrement mal choisie pour illustrer autre chose que l'approche monétaire de la valorisation de la ressource faunique par les populations. Sans remettre en question l'exposé sur l'importance et les particularités du secteur informel, il me semble difficilement discutable que l'exploitation de la faune pour la viande de brousse soit dominée par une logique monétaire. Dans le meilleur des cas, les autochtones sont exploités par des acteurs plus familiers justement de ces logiques économiques (flagrant avec les pygmées qui vendent leurs ressources protéiques pour une bouchée de pain à des intermédiaires uniquement animés par l'appât du gain). Dans le pire des cas, des allochtones s'installent temporairement sur des terroirs qui ne leur appartiennent pas et qu'ils vident à l'aide de technologie coûteuses et "performantes" (logique productiviste donc). Où est la valorisation sociale dans tout cela ? Je pense au contraire que c'est justement parce que la production de viande de brousse (donc la chasse et le braconnage) est entrée dans des circuits commerciaux purs que l'activité est devenue une menace en matière de durabilité de la ressource. D'un point de vue social, le scandale est d'autant plus grand que ce sont généralement des nantis qui ne dépendent pas de cette ressource pour leur sécurité alimentaire (les citadins) qui exercent un appel sur ces filières commerciales et risquent à moyen terme de priver les populations forestières de leur source essentielle de protéines animales. Ainsi, si je suis d'accord pour constater qu'actuellement, bien peu d'initiatives ont été couronnées de succès en matière de valorisation de la faune dans cette partie de l'Afrique, je ne partage pas non plus la raison avancée (logique économiste des initiatives de conservation). Si les initiatives de conservation fonctionnent moins bien qu'on ne le souhaiterait, c'est beaucoup aussi parce que la logique de l'estomac sera toujours la plus forte. Tant que les populations n'auront pas d'autres sources de protéines (développement des filières élevage) et de monétarisation justement (la vente de gibier est fréquemment la seule façon régulière d'obtenir quelques CFA au niveau des ménages), la pression sur la faune s'accentuera. Attention donc à ne pas tomber dans l'angélisme béat vis-à-vis des cultures africaines. Parfois aussi, le pragmatisme domine, même dans les sociétés traditionnelles. Pour finir, je me contenterai de citer quelques extraits du livre de Romain Gary "Les racines du ciel" qui déjà en 1956 écrivait : "La préservation des éléphants exigeait donc, en premier lieu, l'élévation du niveau de vie en Afrique, condition préalable de toute campagne sérieuse de protection pour la nature." "..., les noirs ont une sacrée excuse : ils bouffent pas à leur faim. Ils ont besoin de viande. [...] Alors ils tuent les éléphants pour se remplir le ventre. La morale de l'histoire ? Il faut leur donner assez de protéines à bouffer pour qu'ils puissent s'offrir le luxe de respecter les éléphants. Faire pour eux ce que nous faisons pour nous-mêmes. [...] élever le niveau de vie du noir africain. Ca fait automatiquement partie de la protection de la nature... Donnez leur assez à bouffer et vous pourrez leur expliquer le reste... Quand ils auront le ventre plein, ils comprendront. Si on veut que les éléphants demeurent sur la terre, [...], faut commencer par empêcher les gens de crever de faim... C'est une question de dignité." "La viande ! C'était l'aspiration la plus ancienne, la plus réelle, et la plus universelle de l'humanité. [...] Pour l'homme blanc, l'éléphant avait été pendant longtemps uniquement de l'ivoire et pour l'homme noir, il était uniquement de la viande, la plus abondante quantité de viande qu'un coup heureux de sagaie empoisonnée pût lui procurer. L'idée de la « beauté » de l'éléphant, de la « noblesse » de l'éléphant, c'était une idée d'homme rassasié."

David Edderai,
Vétérinaire.

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6- Contribution de Hubert N'DJAFA OUAGA - les acteurs locaux - 29 October 2004


Bonjour à tous,
Vous trouverez ci-dessous la contribution de Hubert N'DJAFA OUAGA qui
s'interroge sur la place, le rôle (potentiel) et la compréhention (la notre
et la leur) des acteurs locaux au sein d'une économie qui se mondialise.
Le modérateur,
Vincent Castel

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Bonjour,

La question qui me vient en tête, a-t-on bien cerner la place des acteurs locaux dans cette économie? L'a-t-on déjà fait? si oui, je souhaiterai avoir une documentation là-dessus. Je donne l'exemple du Parc National de Manda au Tchad. Les paysans à la périphérie du Parc ne se sentent pas concernés par cette réserve. Quel rôle il joue et quel est leur intérêt dans cette préservation de la biodiversité quand on sait qu'il n'y a plus d'espaces agricoles, plus d'espaces de chasse, de pêche. Ils ont une représentation étrangère du Parc venu incruster dans leur milieu depuis 1965. Ils disent même que le jour où, la force publique va s'en aller, alors ils transformeront cet espace en autre chose. C'est pour dire, le niveau d'éducation des acteurs locaux en terme de connaissance ne leur permet pas de comprendre le fonctionnement du système de économique mondiale. C'est du virtuel chez les paysans les plus reculés d'Afrique. A-t-on par ailleurs pris le soin de véritablement les impliqués comme acteurs réels avec pouvoir décision. C'est en cela qu'il serait difficile de parler d'économie au sens occidental du terme. On voit donc toute la difficulté qu'il y a à vouloir faire une évaluation de cette économie. Il n'existe malheureusement pas dans beaucoup de pays africains une structure dédier à ces acteurs avec des orientations claires. Pour la plupart, on en est encore à l'époque de prélèvement pour les besoins alimentaires sans aucun rapport avec quelque chose de bien structurer.

Merci

Hubert N'DJAFA OUAGA,
Docteur en géographie
Expert en suivi des projets pilotes du projet
"Appui aux capacités d'adaptation du Sahel
aux Changements climatiques"
BP 11011
Centre Régional AGRHYMET
Niamey / NIGER

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7- Contribution de Linda Rieu - Filière Viande de Brousse en RCA - 29 October 2004


Bonjour,
Vous trouverez aujourd’hui sur le site de la conférence deux nouveaux
documents sur la filière Viande de Brousse (en République Centrafricaine)
produits par Linda Rieu dans le cadre du projet GEPAC et intitulés:

1) Du chasseur au consommateur : organisation de la filière viande de brousse dans un site industriel forestier d'Afrique centrale. Société SEFCA, Mambélé, République Centrafricaine (Linda Rieu)
Télécharger le document

2) Faune sauvage et exploitation forestière en Afrique centrale (Linda Rieu)
Télécharger le document

Ils sont donc disponibles au téléchargement à cette adresse:
http://www.virtualcentre.org/fr/ele/econf_02_faune/download.htm

Bien que non centrée sur le milieu éleveur traditionnel, l'étude analyse
entre autres les déterminants du choix de la viande brousse par rapport aux viandes d'élevage classique.

Sur le site d'étude l'un des déterminants principaux semble être le prix des
viandes alternatives (issues d'élevage classiques) et la demande en viande
n’est donc pas essentiellement due à l’aspect culturel de cet aliment. Le
revenu des familles joue donc un rôle important dans sa consommation et son remplacement par des protéines alternatives.

Cette nouvelle contribution sur la viande de Brousse qui vient s'ajouter à
celle de David Edderai souléve plusieurs questions:

Dans le cadre de la protection protection des ressources fauniques comment et doit-on faciliter l'utilisation de viandes alternatives issues de l'élevage classique?

Sans remettre en cause l'importance culturelle, le goût (…) le prix semble
cependant être un déterminant important. Il est aussi évident que la viande de brousse est effectivement particulièrement importante pour les autochtones afin d'assurer leur sécurité alimentaire et est souvent, de plus, la seule façon régulière d'obtenir une rentrée d'argent. Les actions devraient-elles alors se concentrer sur les villes et les populations plus aisées? Comment inclure les externalités, qui découlent des prélèvements de la viande de brousse, sur le prix de celle-ci dans les villes?
Que pensez vous de plus de la distribution massive de viandes d'élevage
(poulets..) aux populations qui travaillent sur les chantiers forestiers?

En attendant vos commentaires, vos réactions,

Très Cordialement,

Vincent Castel


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Introduction au document "Du chasseur au consommateur : organisation de la filière viande de brousse dans un site industriel forestier d'Afrique centrale. Société SEFCA, Mambélé, République Centrafricaine"

Par Linda Rieu

Les forêts tropicales d'Afrique centrale constituent non seulement l'un des plus grands trésors biologiques de la planète mais elles fournissent aussi aux populations locales de nombreuses ressources essentielles à leur survie. Dans les vingt prochaines années, la quasi-totalité de ces écosystèmes aura été exploitée au moins une fois par les industriels du bois. Pour mettre en place des politiques efficaces de gestion durable des forêts, il devient alors indispensable de définir les impacts que l'activité bois occasionne sur les milieux naturels et plus particulièrement, dans cette étude, sur la faune sauvage.

Le but de notre travail était de comprendre l'organisation socio-économique de la filière viande de brousse au sein du site industriel de la société SEFCA (Mambélé , RCA). Nos recherches se sont délibérément tournées vers une approche individuelle de chaque acteur de la filière. Nous avons donc, durant les mois de juin à août 2004, mené un ensemble d'enquêtes et d'entretiens semi-directifs auprès des chasseurs, commerçants et consommateurs de gibier de Mambélé.

Les principaux résultats de notre étude montrent que l'installation de la société SEFCA au sein des forêts reculées de République Centrafricaine a provoqué des changements majeurs dans le rapport des populations locales avec leurs ressources naturelles. Ces modifications se font ressentir à chacun des maillons de la filière viande de brousse. La chasse, pratiquée autrefois de manière traditionnelle pour la subsistance des villageois est ainsi devenue une activité commerciale fortement lucrative, effectuée de plus en plus loin de Mambélé et au moyen de techniques modernes efficaces. Les tableaux de chasse relevés lors de nos enquêtes se composent ainsi essentiellement de gibiers caractéristiques d'un milieu fortement anthroprisé (céphalophe bleu) ou présentant une forte valeur commerciale (singes et grands primates).

Par ailleurs, le désenclavement de la région de Mambélé a favorisé la création de liaisons commerciales fortes entre le site industriel et les grands centres urbains du pays. Le commerce de viande de brousse, pratiqué à Mambélé mais aussi plus à large échelle, a eu pour conséquence de créer un bassin d'approvisionnement important à travers la zone d'étude, impliquant de plus en plus de villages périphériques dans ces pratiques.

Notre étude a également montré que la consommation de viande de brousse par l'ensemble des villageois du site industriel n'était pas simplement associée à sa valeur culturelle forte en Afrique Centrale. Il apparaît en effet que le principal facteur freinant le remplacement du gibier par des viandes alternatives (bœuf, poissons, etc.) soit la différence de prix entre ces deux produits.

Les nombreuses observations effectuées durant notre étude nous ont enfin permis de montrer que la société SEFCA contribue à l'intensification de la chasse et du commerce d'animaux sauvages par (1) le transport de chasseurs et d'armes dans ses chantiers forestiers, (2) le transport des commerçants de gibier vers les grands centres urbains, (3) l'abandon de bâches fonctionnelles à travers ses concessions.

Bien que des études complémentaires soient nécessaires, nous pouvons supposer, aux vues de nos résultats, que les niveaux de chasse actuellement pratiqués au niveau du site industriel de la société SEFCA semblent ne pas être durables pour la conservation de la plupart des espèces animales touchées. Un ensemble de mesures a donc été proposé pour favoriser la gestion durable de la faune par les sociétés forestières et ses partenaires.

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8- Contribution de Daniel Cornélis - 29 October 2004


Bonjour à tous,
Voici avant le week end une dernière contribution de Daniel Cornélis du Cirad qui analyse la complexité de la problématique de la conservation notamment au travers du développement.

J'espère que vous profiterez de ce week-end pour nous donner votre propre point de vue sur cette contribution ou nous faire partager votre expérience pour alimenter les échanges!

Le modérateur,

Vincent Castel

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Bonjour à tous,

Je saisis l'opportunité de cette conférence pour vous faire part de réflexions personnelles sur la thématique en question. Cette contribution aborde le sujet avec la vision de l'écologue et l'entrée « valorisation des aires protégées » en zone soudano-sahélienne, avec une remise en question des approches. La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) a été adoptée par 187 états en 1992, à Rio. Les principaux objectifs de la CDB sont la protection de la biodiversité, la sauvegarde du patrimoine génétique, l'exploitation durable des ressources naturelles et la répartition juste et équitable des profits engendrés par leur utilisation. La CDB prévoit notamment que chaque pays signataire établisse un réseau efficace d'aires protégées (10% des territoires nationaux). Les gouvernements ont pour responsabilité de délimiter et d'assurer la protection de ces aires.

En Afrique en particulier, les systèmes mis en place pour atteindre ces objectifs laissent à désirer : les aires protégées, datant de l'époque coloniale, ont le mérite d'y exister. Elles ont, pour la plupart, été créées dans un contexte différent de celui qui prévaut actuellement (institutionnel, démographique, économique, etc), dans des zones enclavées, soumises à forte pression pathologique (trypano, etc). En zones soudano-sahéliennes et sahélo-sahariennes, leur gestion fait actuellement très souvent défaut : les gouvernements nationaux n'ont pas les moyens d'assumer le coût de la préservation de la biodiversité. L'extinction des espèces qui en résulte, et qui va en s'aggravant, entraîne une diminution dramatique de la diversité biologique : du Sénégal au Soudan disparaissent sous les yeux de notre génération les derniers rhinos, girafes, damalisques, élans, oryx algazelle, Addax, etc. En réaction au texte d'introduction de cette conférence, je pense qu'il est important de souligner que l'augmentation de la pression sur les ressources naturelles résulte moins d'une diversification des usages que de la croissance démographique humaine.

A l'échelle mondiale, l'intensification des productions, est une solution qui permet d'absorber (temporairement) les besoins alimentaires résultant de la croissance démographique humaine. Elle n'est cependant pas universellement transposable. Par exemple, pour les productions animales en zone soudano-sahélienne, la mobilité de l'élevage est en soi une solution d'adaptation pour optimiser la production. Dans ce contexte, le concept occidental de l'intensification est un non-sens évident, qui a montré ses limites. Il en est de même pour la plupart des alternatives proposées actuellement : la plupart concourent davantage à colmater des « effets » qu'à proposer des solutions aux problèmes de fonds, aux causes. Notre approche à court terme permet de gérer l'urgence (les crises alimentaires, le lendemain), mais sans réelle réflexion sur les enjeux réels de conservation et de développement à moyen ou long terme.

Dans sa conception originelle, la notion de « gestion durable » relève des domaines écologique, social, économique (plus politique/institutionnel). Il faut cependant bien reconnaître que durant la dernière décennie, les projets de conservation de la biodiversité et de développement sont de plus en plus soumis / conditionnés, par les bailleurs de fonds, à des retours financiers à court terme : retour sur investissement au travers le développement d'activités économiques : éco-tourisme, etc.... Ce constat appelle plusieurs remarques :

1. Justifier la conservation de la biodiversité et le développement avec une entrée polarisée sur « l'économique » est un concept occidental qui me paraît inopportun. Dans ce secteur comme dans d'autres, conditionner à long terme la préservation de la biodiversité aux seuls aléas du « marché » est une approche réductrice.

2. Il n'est pas réaliste, à l'échelle de temps imposée par les projets de conservation / développement actuels (3 ans), d'imaginer pouvoir convertir localement un système de production (agro-élevage) en d'autres moins préjudiciables à la biodiversité (exemple : éco-tourisme). Cette conversion s'opère dans le meilleur des cas à des échelles de temps qui dépassent une génération humaine (30 ans).

3. En matière de conservation de la biodiversité, il faut que la communauté internationale accepte que cet attendu a un coût, qui est récurrent, et qui n'est pas constant ( ). Ce coût de la préservation du patrimoine mondial doit être pris en charge de façon collective, par la communauté des nations.

4. Il est dommage de constater l'état de « démission » de la plupart des bailleurs de fonds, en particulier l'Union Européenne, pour qui la priorité est aujourd'hui donnée à de gros programmes d'infrastructures (construction de routes, etc), alors que les objectifs de développement et de conservation nécessitent une approche plus intégrée (mais aussi plus complexe...). Par exemple, l'éducation et la formation de nouvelles générations doivent être soutenues à long terme si on veut sortir l'Afrique de l'ornière et proposer des systèmes de production innovants et moins consommateurs de la biodiversité. Au-delà des discours d'intention, y a-t-il aujourd'hui en occident cette réelle volonté politique ?

Nous évoluons dans un mode où le résultats d'une élection aux Etats-Unis peut avoir des impacts importants sur le développement et la conservation en Afrique (exemple : chaque candidat n'a pas le même point de vue sur les aides internes aux producteurs américains de coton).

Les solutions aux problèmes évoqués (à leur cause) dépendent avant tout de la politique économique et environnementale promue par les pays occidentaux. Au même titre que le commerce, la conservation de la biodiversité et l'environnement au sens large doivent un caractère universel. L'OMC, d'accord, mais à quand un OME ?

Générer des bénéfices au profit direct des populations locales au travers la promotion d'actions « non consommatrices » est souvent handicapée par plusieurs facteurs :

- Qu'il s'agisse de faune ou de toute autre ressource, on peut difficilement constituer des unités des gestion sans (ré)appropriation (légale, coutumière, ...) d'un terroir.

- d'une part le contexte historique (colonial) dont découle, dans la plupart des pays africains, une situation foncière où les terres sont propriété domaniale. Dans les faits, la terre et les ressources naturelles sont « res nullius ».

- Contexte légal obsolète. / les pays africains ont entamé un processus de décentralisation, mis en oeuvre à des niveaux divers selon les pays (exemple du Sénégal et du Cameroun opposé au Tchad).

Daniel Cornelis (Cirad)

(1)On parle de « coût d'opportunité » : il s'agit du manque à gagner lié à la perte de productivité (agronomique, ...) d'une zone, du fait de sa mise en conservation, auquel on peut soustraire les revenus issus de cette même mise en conservation (tourisme, etc).

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9- Contribution de Amar Bouzenoune - 30 October 2004

Bonjour,
Vous trouverez ci-dessous la contribution de Amar Bouzenoune en réponse à l'intervention de D. Cornélis.
Il présente dans son message la situation de la conservation en Algérie. Il présente de plus les différentes activitées de développement durable des populations dans les zones limitrophes du parc National de Chréa (développement de micro-entreprises) : ceuillette des fruits du caroubier (Ceratonia siliqua), apiculture (distribution de ruches), revaloristaion de l'artisanat local (fromage blanc local); contibution et participation de la femme rurale avec différentes activités (élevage, poterie, broderie et tissage) tourismes thermal et écotourisme.

Comme Mr Bouzenoune le précise dans sa contribution le pas de temps pour le développement de ces activités est relativement long (ici 10 ans). Cette intervention m'amène une nouvelle fois à soulever la question de la perennité économique des actions entreprises lorsque le soutien des programmes et des projets disparait.

Très Cordialement,

Le modérateur,
Vincent Castel

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Chers collègues,

Le développemnt durable est à l'honneur aussi en Algérie.Je partage l'avis de mon collègue sur la conservation dans les pays en voie de développement. Ici, les aires protégées et le premier parc NAtional a été créee en 1972 et nous avons actuellement 3 Parcs nationaus côtiers, 5 de montagnes et 2 sahariens (Tassili et Ahaggar) avec des superficies qui varient de 4 000 à26 000 hectares et les deux derniers concernent 80 000km2 et 450 000 km2. les parcs nationaux répondent aux normes connues. La gestion de ces parcs est en progression mais Il reste la présence de la population à l'intérieur et à proximité des aires protégées. Ces populations ont diverses activités d'élevage, charbons, ceuillette des fruits (glands de chêne les arbouses par exemple),ceuillette des espèces qui leur rapportent quelques bénéfices. La forêt est une aire dont ils jouissent pleinement malgré les interdictions des services forestiers. Un autre exemple de dégradation , la. ceuillette des branches d'If (Taxus baccata)et du Houx espèces en voie de protégées et en voie de disparition par des ceuilleurs pour les vendres aux fleuristes d'Alger . Jusqu'à présent, la délimitation et les espaces protégés ont été décidés sans les populations et c'est le problème majeur de ces aires protégées et parcs.

Pour palier à cet état de fait et de dégradation des espèces végétales et animales , de nombreux essais ont été efectués par les services du centre cynégétique en faisant des lachers de perdrix par exemple ou en introduisant le faizan. Ils contribuent en partie au repeuplement de nos forêts. Ce sont là des actions ponctuelles ,non répétées et non continues. Une autre action a été lancée par les services de l'agriculture , l'apiculture en montagne . Cette action commence à donner de bons résultats.

En ce qui me concerne, nous avons réalisé une étude sur la conciliation du développement durable des populations dans les zones limitrophes du parc National de Chréa.Des solutions ont été proposées dans le cadre des microentreprises

Ces actions qui s'échelonnent sur une dizaine d'année amèneront les populations rurales limitrophes à se prendre en charge petit à petit. Un important travail est à faire par la vulgarisation agricole, des techniques forestières , d'élevage avec les groupes de citoyens ou focus groupes.C'est la forme participative. De nombreuses associations non gouvernenmentales activent dans ce sens et les résultats commencent à apparaitre.

A.Bouzenoune
Dpt Ecologie et Environnement
FSB-USTHB BP 32 El Alia 16 111

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10- Question de nji ousseni sur les services environnementaux - 30 October 2004


Bonjour,
L intervention de Mauricio Rosales sur le paiement des services
environnementaux a soulevées beucoup de questions (cf message de Nji ousseni
ci dessous). En attendant sa réponse, est-ce que certains d entre vous
peuvent nous faire bénéficier de leur expérience en la matiére en Afrique
(Succès ou Echecs...).

En espérant votre contribution,
Le modérateur,
Vincent Castel

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Bonjour à tous,

Aprés avoir lu la reaction du Dr Mauricio Rosales ,je suis trés content de vous dire que nous attendont vivement la mise en application de cette experience sur le continant aficain qui regorge des espace non utilisable ;surtout que cette experience nous permettra de mettre en pratique nos projets sur l'elevage,l'agroforestier et bien d'autres. Nous avons des projets et des hectares de terrain pour l'elevage dans ce domaine et voudrions qu'il nous oriente où obtenir le financement pour la mise en application.

Merci

Nji Ousseni

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