Liste des discussions au format TEXTE CONFERENCE ELECTRONIQUE LEAD: COHABITATION OU COMPETITION ENTRE LA FAUNE SAUVAGE ET LES ELEVEURS…OU EN EST ON AUJOURD’HUI? FAUT-IL CHANGER D'APPROCHE? THEME 1 (Modérateur: Vincent Castel) Valeurs et valorisation des ressources de la biodiversité : Quel bilan ? Quelles perspectives pour les éleveurs ? ===================================================================================== 1. 27 octobre 2004 - Contribution de A. Binot - D. Cornelis 2. 28 octobre 2004 - Contribution de E. Walgraeve 3. 28 octobre 2004 - Intervention de Mauricio Rosales 4. 29 octobre 2004 - Intervention de Pascal Bonnet 5. 29 octobre 2004 - Intervention de David Edderai 6. 29 octobre 2004 - Contribution de Hubert N'DJAFA OUAGA 7. 29 octobre 2004 - Contribution de Linda Rieu 8. 29 octobre 2004 - Contribution de Daniel Cornélis 9. 30 octobre 2004 - Contribution de Amar Bouzenoune 10. 30 octobre 2004 - Question de nji ousseni sur les services 11. 02 novembre 2004 - Contribution de David Edderai (viande de brousse) 12. 02 novembre 2004 - Contribution de Bernard Toutain 13. 02 novembre 2004 - Contribution de Marie Noel de Visscher 14. 02 novembre 2004 - Contribution de OUSSOU LIO Appolinaire 15. 03 novembre 2004 - Contribution de CHEUMANI NOUDJIEU Charlotte 16. 03 novembre 2004 - Contibutions de Djenontin Jonas 17. 04 novembre 2004 - Contribution de Guy Apollinaire MENSAH 18. 04 novembre 2004 - Suite de la contribution de Mauricio Rosales 19. 05 novembre 2004 - Contribution de S. Etopépé 20. 05 novembre 2004 - Contribution de Papa Assane Diop 21. 08 novembre 2004 - Contribution de Mr Khamada Baye 22. 08 novembre 2004 - Contribution de Mr Mamadou Lamine DIA 23. 08 novembre 2004 - Contribution d'Urbain BELEMSOBGO 24. 08 novembre 2004 - Contibution de Tchouaffé Norbert 25. 08 novembre 2004 - Contribution de Léonard OUEDRAOGO 26. 09 novembre 2004 - Contribution de Mr Alioune Ba 27. 09 novembre 2004 - Contribution de KAKPO Comlan Marcel 28. 09 novembre 2004 - Contribution de Léonard OUEDRAOGO 29. 09 novembre 2004 - Contribution de Diop Gaye 30. 11 novembre 2004 - Contribution en ligne de Mr Alioune BA 31. 12 novembre 2004 - Contribution de Mr ZOUGOU TOVIGNON Comlan Gilbert 32. 12 novembre 2004 - Message d'encouragement de Mr Bachasson 33. 13 novembre 2004 - Contribution de Philippe Chardonnet 34. 13 novembre 2004 - Appréciation de John Newby 35. 13 novembre 2004 - Contribution de Mr Sedrati M'hamed 36. 13 novembre 2004 - Contribution d'Appolinaire OUSSOU LIO 37. 14 novembre 2004 - Suite du Message de Mr Sedrati M'hamed 38. 15 novembre 2004 - Contributions du Dr A.Bouzenoune 39. 15 novembre 2004 - Contribution de Tchouaffé Norbert 40. 15 novembre 2004 - Contribution de M. Ouédraogo ===================================================================================== 1- Contribution de A. Binot - D. Cornelis - 27 October 2004 Bonjour, Une première contribution sur le secteur "viandes de brousse" envoyée par Aurélie Binot et Daniel Cornélis (CIRAD) est à présent disponible sur le site LEAD à l'adresse: http://www.virtualcentre.org/fr/ele/econf_02_faune/download.htm Télécharger le document (PDF 425 KB - 106 pages) Cette synthèse bibliographique effectuée par le CIRAD pour le Fonds Français pour l'Environnement Mondial (FFEM) fait le point sur le secteur de la viande de brousse au Gabon. Au sein de ce document sont présentés l'impact de la filière "viandes de brousse" sur la pérennité des populations animales sauvages; la structuration de la filière (et son enjeu socio-économique) et les déterminants de la consommation de gibier. Dans le cadre du Thème 1 sont en particulier développés le rôle de la viande de brousse par rapport à l'élevage traditionnel et le potentiel de développement des élevages non conventionnels. Vous trouverez ci-dessous l'introduction du document En attendant vos réactions, vos contributions Le modérateur, Vincent Castel-LEAD ------------------------------ SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE DU SECTEUR « VIANDES DE BROUSSE » AU GABON CIRAD-FFEM Par Aurélie Binot et Daniel Cornelis Introduction La forêt gabonaise constitue, au coeur du massif forestier d'Afrique Centrale, l'un des pôles mondiaux de diversité biologique. Cette forêt est une composante fondamentale du cadre de vie et de l'économie nationale. Par les ressources et les richesses qu'elle apporte aux populations, elle représente la ressource de l'avenir, le véritable « pétrole vert » du pays (White, 1995 ; Brugière, 1998). Les aires protégées et massifs forestiers du pays constituent notamment des habitats remarquables pour la faune sauvage. Cette dernière ressource représente la principale part de protéines dans l'alimentation des gabonais et les filières informelles de commercialisation du gibier génèrent des revenus réguliers à tous les niveaux de la filière. Compte tenu des enjeux qui sont liés à la faune sauvage, tant en termes de maintien de la biodiversité qu'en termes de satisfaction des besoins de la population gabonaise, il convient de s'interroger sur la pérennité de la production animale sauvage dans la forêt gabonaise. Il parait d'autant plus pertinent d'envisager la gestion de la ressource « faune sauvage» au Gabon que la quasi totalité des forêts sont désormais concédées à l'exploitation forestière industrielle. Les limites de ces concessions bordent en sus les aires protégées et pourraient fragiliser de fait la préservation de la faune sauvage dans ces zones. Dans ce cadre, un des défis majeurs reste de concevoir des politiques de conservation et de gestion de la biodiversité qui permettent à la population d'exploiter la ressource sans pour autant mettre en péril son renouvellement. La présente synthèse bibliographique décrit le secteur viandes de brousse dans le contexte gabonais à la lumière des diverses études qui ont été réalisées sur le sujet au Gabon et en Afrique Centrale. La finalité de cette analyse est de renforcer la cohérence des axes d'intervention d'un projet du FFEM en cours d'identification, actuellement intitulé « Gestion de la faune sauvage en bordure d'aires protégées et de la filière viandes de brousse au Gabon ». Dans les pages qui suivent, * les particularités du Gabon y sont présentées, à savoir (i) la pression exercée par le monde urbain sur le monde forestier dans un pays ou près des trois quarts de la population réside en ville et (ii) les initiatives de gestion de la faune qui émergent dans le contexte institutionnel ; * la durabilité des prélèvements exercés sur la faune sauvage a été analysée au regard des dynamiques écologiques des principales espèces chassées ; * les aspects quantitatifs et les déterminants socioéconomiques de la consommation de gibier ont été synthétisés dans le cadre d'une analyse de la filière viandes de brousse. ===================================================================================== 2- Contribution de E. Walgraeve - 28 October 2004 Bonjour, Après deux jours de maturation voici une première contribution active qui prend parti contre l'approche purement "monétaire" de la valorisation des ressources de la biodiversité jugée décalée par rapport aux référentiels socio-économiques des acteurs locaux. Dans l'extrait du rapport final du programme "avenir des peuples des forêts tropicales" l'importance et les particularités du secteur informel dans les états africain y sont développées. La structure du marché africain fonctionne ainsi sur un modèle radicalement différent de celui du marché des pays "développés" et les premières initiatives qui cherchaient à structurer ces marchés informels ne tenaient pas compte de ses critères spécifiques. Au sein du marché informel l'économie et le social sont ainsi intiment liés et assurent une forme de redistribution des revenus et de protection sociale. Je vous invite de plus pour avoir plus de renseignements sur le rapport final (cité dans cette contribution) du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (1995-2001)à visiter leur site web: http://www.ulb.ac.be/soco/apft/INTRO.HTM Je vous encourage vivement à réagir! Le modérateur Vincent Castel ------------------------------ Chers collègues, bonjour, Je me jette à l'eau pour une timide contribution. Vous trouverez ci-dessous un extrait du rapport final du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (1995-2001), qui visait à prendre en considération les logiques d'acteurs dans les projets de conservation en forêt tropicale. Une des zones d'intervention du projet était le bassin du Congo. Or dans cette partie de l'Afrique francophone, l'économie des ménages se définit essentiellement d'un point de vue informel (ou du moins définit comme tel par le économiste occidentaux). Dès lors, toute l'approche qui est décrite dans la premiere partie du texte introductif, cette stratégie visant la « monétarisation » des ressources de la biodiversité dans une logique rationnelle de marché me semble bien décalée par rapport au référentiel socioéconomique des habitants de l'Afrique francophone ! Pas étonnants que ces initiatives soient rarement appropriées par les populations cibles, enfin je vous invite à lire ci -dessous une petite description du secteur informel, qui remet pas mal en question la logique économiste des initiatives de conservation et peut être plus particulièrement en ce qui concerne les tentatives de contrôle de la filière viande de brousse... Qu'en pensez vous ? Emma Walgraeve, socio-anthropologue (Belgique) =================================================================== Extrait du rapport final du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (1995-2001) L'émergence du secteur informel La crise cumulée des économies et des Etats africains est à l'origine de l'expansion du secteur informel qui s'est développé au point de concurrencer le secteur formel. Urbanisation rapide, boom démographique, migration rurale, crise économique, réduction des fonds publics et plus récemment ajustement structurel sont les composantes qui ont entraîné une explosion de la demande d'emplois. Durant les années 50 à 80, la population urbaine a augmenté au rythme de 6% par an et de 10% dans les villes périphériques, alors que le développement des emplois dans le secteur moderne ne représentait que 2%. L'important chômage urbain qui découle de cette disparité à alors cherché une voie de résorption dans les activités informelles. L'émergence du secteur informel constitue une sorte de réflexe de survie de populations refusées par le secteur formel. Dans un premier temps, il a joué un rôle d'adoption des migrants et plus tard un rôle d'accueil des agents économiques exclus du secteur officiel. Les activités abritées par le secteur informel se répartissent de la façon suivante: 37% pour le commerce, 36% pour les activités de type industriel, 19% pour les services et 8% pour le transport (source BIT). En se référant aux estimation les plus basses, le secteur informel représenterait une contribution de 20 à 30 % du Pnb des pays africains (50 à 55 % selon le ministère sénégalais du Plan), il occuperait près de 60% des actifs urbains, pourrait fournir 90 % des nouveaux emplois urbains africains et continuerait de croître (selon l'enquête menée par la Division de l'Industrie et de l'Energie du Département de l'Afrique de l'Ouest de la Banque mondiale). Longtemps sous-estimé voire méprisé le secteur informel s'est imposé comme une composante essentielle des économies du tiers monde. Dans le cas de l'Afrique mais aussi de l'Asie on ne peut plus le considérer comme une sorte de proto-économie assujettie aux impératifs de la survie et vouée à une disparition rapide. La prise en compte récente du secteur informel A la fin des années 80, constatant l'échec du modèle de développement « industrialiste », la désertion croissante des pouvoirs publics africains et l'augmentation drastique de la paupérisation urbaine, les institutions internationales vont se mettre à considérer le secteur informel comme une alternative sérieuse pour le développement économique. La Banque Mondiale et le FMI, notamment, considèrent l'émergence du secteur informel comme une saine réaction du « marché » à l'égard de l'interventionnisme des Etats africains. Ils y voient aussi une véritable « pépinière » de petits entrepreneurs qui, à condition d'être soutenus, pourront, grâce à leur prix compétitifs, prendre place dans l'économie internationale. Le secteur informel est donc perçu comme un vecteur de développement économique, dont on va s'employer à « formaliser » les activités. Cette « incorporation » du secteur informel passe par la formation des « entrepreneurs » aux techniques de gestion, à la concurrence, à l'économie de marché et vise à favoriser l'accès au crédit qui permettra d'améliorer les techniques et entraînera un gain de productivité. On retrouve dans cette approche, exclusivement économique, la reproduction d'un modèle de développement de type « take-of » construit et inspiré d'un scénario transposant dans le tiers monde les conditions du développement occidental. Seul le destinataire de l'aide change, non plus l'Etat et le secteur moderne, mais le secteur informel dont on attend qu'il s'institutionnalise. Cette approche du secteur informel s'inscrit dans la logique du modèle économique dominant et constitue un point de vue extrêmement réducteur au regard du particularisme des activités et de la dynamique sociale de l'économie populaire. Bien que l'ensemble des sociétés soient aujourd'hui intégrées (ou en voie de l'être) dans l'économie marchande, l'utilisation de critères standards micro ou macro-économiques propres aux économies développées pose à l'évidence le problème de la prise en compte de déterminants, sociaux, culturels et économiques spécifiques (redistribution, réciprocité,...). Le marché africain est incontestablement un modèle différent de celui du marché néo-libéral, et ceci tant du point de vue de son histoire que de sa fonction dans la société. Une approche économique plus fine De nombreuses recherches ont été menées dans la perspective d'une meilleure compréhension des principes et du fonctionnement de l'économie populaire africaine. Ont ainsi été étudiés : la finance informelle et ses mécanismes de mobilisation de l'épargne (tontines) et de circulation des flux monétaire, la productivité des activités, les relations avec l'économie formelle les incidences des politiques d'ajustement structurel (réduction des salaires, privatisation, réduction des effectifs dans la fonction publique) imposées par les institutions de Brenton Woods sur la paupérisation et sur l'expansion du secteur informel, la baisse des revenus et le développement de la pluri-activité, etc... . Les données recueillies ont permis de construire une image fine de l'économie informelle remettant en cause certains a priori ou dogmes. Toutefois à de rares exceptions près les analyse fournies se sont limitées à une approche de type économique, certes pertinente, mais dont le caractère unidimensionnel rendait mal compte des logiques multiples qui caractérisent notamment l'organisation sociale. Un autre regard était donc nécessaire pour compléter les données économiques et tenter de comprendre de façon globale ou holistique la dynamique du secteur informel. Une dynamique sociale Bien plus qu'un simple système économique produisant, échangeant et consommant biens et services « l'économie informelle » intègre les champs social et économique. Contrairement à la vision dichotomique occidentale, l'économique et le social sont ici intimement liés et il est d'ailleurs plus opportun de parler « d'économie sociale » ou « d'économie populaire » pour qualifier le phénomène informel. L'économie populaire ne peut être envisagée comme une simple économie de la « débrouille » individualiste, elle assure au contraire des services à la collectivité, notamment par une forme de redistribution des revenus au travers de véritables systèmes de sécurité et de protection sociale. Certains auteurs tel M. Penouil considèrent la dimension sociale comme prédominante : « Les activités informelles sont avant tout une forme particulière de la dynamique sociale dans les sociétés en développement.» Le rapport final (cité dans cette contribution) du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (1995-2001) à visiter leur site web: http://www.ulb.ac.be/soco/apft/INTRO.HTM ===================================================================================== 3- Intervention de Mauricio Rosales - Services environnementaux - 28 October 2004 Bonjour, Voici la contribution de Mauricio Rosales qui nous fait part de son expérience sur le paiement direct des services environnementaux rendus en Amérique Latine et se demande comment de tels mécanismes peuvent être mis en œuvre en Afrique. En effet le fait que la plupart des terres soient collectives et qu'il n'existe pas de mécanisme pérenne de financement du paiement direct de ces services semblent être des contraintes majeures. J’attends vos commentaires, vos réactions… Très cordialement, Le Modérateur, Vincent Castel ---------- Comme cela est déjà expliqué dans le document introductif, les programmes permettant aux populations de dégager des bénéfices économiques de la biodiversité se décomposent en deux catégories principales : Þ le développement d'activités supposées fournir des revenus (complémentaires ou principaux et dont la pérennité reste à démontrer) aux acteurs locaux (tourismes, viande de brousse….). Les programmes financent alors la structure permettant aux acteurs d'obtenir des retombées économiques et son fonctionnement sur les premières années; et Þ le paiement direct des services environnementaux rendus et de la protection de la biodiversité. Le programme représentant alors la source même de ces revenus (la pérennité pouvant être assurée par les dividendes des « trust funds »). Cette seconde approche a reçu une attention croissante ces dernières années. LEAD et le Fonds pour l'Environnement Mondial (GEF) testent au sein de bassins versants l'utilisation du paiement pour les services environnementaux rendus comme solution pour préserver la biodiversité, la ressource en eau et favoriser la séquestration du carbone dans trois sites situés en Colombie, au Costa Rica et au Nicaragua. Le projet teste l'utilisation du paiement des services environnementaux rendus afin d'encourager l'adoption de pratiques sylvopastorales pro environnementales. Ainsi le projet rémunère les éleveurs ayant adoptés certaines pratiques en faveur de l'environnement afin que les revenus additionnels rendent ces pratiques d'élevages et d'utilisation des sols plus rentables à l'échelle de la ferme sur le court terme. La mise en ouvre d'un tel mécanisme a demandé : Þ La mise en œuvre d'un système de surveillance précis des services environnementaux rendus, afin que les paiements appropriés soient effectués ; Þ De rémunérer les services de telle manière que l'on obtienne les changements d'utilisation des sols souhaités ; et Þ De prévenir la création d'incitations « perverses » (par exemple : encourager les utilisateurs à couper les arbres existants afin d'être par la suite en mesure d'obtenir un revenu additionnel suite à la nouvelle plantation d'arbres….) Même s'il est encore trop tôt pour parler de succès, les premiers résultats sont particulièrement encourageant. Tout en gardant à l'esprit les différences géographiques et culturelles, peut-on envisager la mise en place d'un tel système en Afrique ? En Amérique Latine on travaille directement avec les propriétaires terriens. Selon leur propre perspective, la conservation de la biodiversité est une externalité. Ainsi cette externalité n'est généralement pas prise en considération lors de leur mise en œuvre de leur propre plan de gestion des sols. Cependant la mise en place d'un système de paiement pour services environnementaux rendus, est ciblé et les services rendus sont facilement observés. Est-ce que ce type de mécanisme peut être mise en place au sein des terres collectives où la perception de la conservation de la biodiversité et de la faune sauvage en tant qu'externalité est sûrement encore plus forte et où les services rendus sont difficilement observables? L'index utilisé pour évaluer les services environnementaux rendus dans le projet en Amérique Latine permet d'accorder précisément les paiements aux bénéfices attendus. Cependant une telle surveillance engendre des coûts importants. Les coûts lors de la mise en oeuvre d'un tel système sont très élevés et la recherche de fonds (marché du carbone, taxe nationale sur l'utilisation du pétrole, tourisme vert)pour assurer la pérennité du mécanisme demande beaucoup d'efforts en Amérique du Sud . Est-ce que les revenus issus des parcs nationaux seront un jour une source de revenus suffisante pour alimenter un mécanisme de paiement pour les services environnementaux rendus ? Mauricio Rosales (LEAD-FAO) ===================================================================================== 4- Intervention de Pascal Bonnet - réponse contribution de E. Walgraeve (méthodologie d'évaluation économique) - 29 October 2004 Bonjour, Voici la contribution de Pascal Bonnet en réponse à la contribution de E. Walgraeve J'attends vos commentaires, vos réactions Très cordialement, Le Modérateur, Vincent Castel ------------------------ Cela pose de manière aigue le problème des méthodes d'évaluation en économie dans lesquelles les méthodes couts avantages et en général cout bénéfice ont toute leur place mais a condition de bien les adapter les méthodes d'évaluation contingente en environnement et ce qui se fait en santé humaine cad le bénéfice pondéré par la qualité de vie répondent en partie a ces problèmes dans leur domaine mais pour ce qui nous concerne il y a certainement encore beaucoup a faire en recherche méthodologique ex: pondération du bénéfice attendu d'une projet biodiv. par la préférences des acteurs locaux (ou en général de la société) cela change a l'évidence pas mal les hiérarchies des alternatives après évaluation et la décision Dr Pascal Bonnet CIRAD-EMVT seconded to ILRI. International Livestock Research Institute Animal Health Economics & Medical Geography Enabling Innovation Theme ILRI Ethiopia P.O. BOX 5689 Addis Abeba Ethiopia. ===================================================================================== 5- Intervention de David Edderai sur la "Contribution de E. Walgraeve" (Viande de Brousse) - 29 October 2004 Bonjour à tous Une nouvelle réaction au message de E. Walgraeve de la part de David Edderai qui a travaillé sur cette filière au Congo. Selon lui la logique monétaire domine la filière et c'est justement parceque la production de viande de brousse est entrée dans des circuits commerciaux purs que l'activité est devenue une menace en matière de durabilité de la ressource. Il souléve le rôle, dans le cadre de la protection de la faune, du développement de ressources de protéines alternatives issues de l'élevage "classique" (traditionel ou industriel), et du développement d'autres sources de revenus. Le modérateur Vincent Castel (LEAD) ------------------------------- Bonjour à tous, Pour avoir "baigné" dans le bassin du Congo et travaillé sur les problématiques viandes de brousse pendant 7 ans, je souhaiterais réagir au message d'E. Walgraeve (APFT). Il me semble en effet que la thématique "viande de brousse" dans le bassin du Congo est particulièrement mal choisie pour illustrer autre chose que l'approche monétaire de la valorisation de la ressource faunique par les populations. Sans remettre en question l'exposé sur l'importance et les particularités du secteur informel, il me semble difficilement discutable que l'exploitation de la faune pour la viande de brousse soit dominée par une logique monétaire. Dans le meilleur des cas, les autochtones sont exploités par des acteurs plus familiers justement de ces logiques économiques (flagrant avec les pygmées qui vendent leurs ressources protéiques pour une bouchée de pain à des intermédiaires uniquement animés par l'appât du gain). Dans le pire des cas, des allochtones s'installent temporairement sur des terroirs qui ne leur appartiennent pas et qu'ils vident à l'aide de technologie coûteuses et "performantes" (logique productiviste donc). Où est la valorisation sociale dans tout cela ? Je pense au contraire que c'est justement parce que la production de viande de brousse (donc la chasse et le braconnage) est entrée dans des circuits commerciaux purs que l'activité est devenue une menace en matière de durabilité de la ressource. D'un point de vue social, le scandale est d'autant plus grand que ce sont généralement des nantis qui ne dépendent pas de cette ressource pour leur sécurité alimentaire (les citadins) qui exercent un appel sur ces filières commerciales et risquent à moyen terme de priver les populations forestières de leur source essentielle de protéines animales. Ainsi, si je suis d'accord pour constater qu'actuellement, bien peu d'initiatives ont été couronnées de succès en matière de valorisation de la faune dan cette partie de l'Afrique, je ne partage pas non plus la raison avancée (logique économiste des initiatives de conservation). Si les initiatives de conservation fonctionnent moins bien qu'on ne le souhaiterait, c'est beaucoup aussi parce que la logique de l'estomac sera toujours la plus forte. Tant que les populations n'auront pas d'autres sources de protéines (développement des filières élevage) et de monétarisation justement (la vente de gibier est fréquemment la seule façon régulière d'obtenir quelques CFA au niveau des ménages), la pression sur la faune s'accentuera. Attention donc à ne pas tomber dans l'angélisme béat vis-à-vis des cultures africaines. Parfois aussi, le pragmatisme domine, même dans les sociétés traditionnelles. Pour finir, je me contenterai de citer quelques extraits du livre de Romain Gary "Les racines du ciel" qui déjà en 1956 écrivait : "La préservation des éléphants exigeait donc, en premier lieu, l'élévation du niveau de vie en Afrique, condition préalable de toute campagne sérieuse de protection pour la nature." "..., les noirs ont une sacrée excuse : ils bouffent pas à leur faim. Ils ont besoin de viande. [...] Alors ils tuent les éléphants pour se remplir le ventre. La morale de l'histoire ? Il faut leur donner assez de protéines à bouffer pour qu'ils puissent s'offrir le luxe de respecter les éléphants. Faire pour eux ce que nous faisons pour nous-mêmes. [...] élever le niveau de vie du noir africain. Ca fait automatiquement partie de la protection de la nature... Donnez leur assez à bouffer et vous pourrez leur expliquer le reste... Quand ils auront le ventre plein, ils comprendront. Si on veut que les éléphants demeurent sur la terre, [...], faut commencer par empêcher les gens de crever de faim... C'est une question de dignité." "La viande ! C'était l'aspiration la plus ancienne, la plus réelle, et la plus universelle de l'humanité. [...] Pour l'homme blanc, l'éléphant avait été pendant longtemps uniquement de l'ivoire et pour l'homme noir, il était uniquement de la viande, la plus abondante quantité de viande qu'un coup heureux de sagaie empoisonnée pût lui procurer. L'idée de la « beauté » de l'éléphant, de la « noblesse » de l'éléphant, c'était une idée d'homme rassasié." David Edderai, Vétérinaire. ===================================================================================== 6- Contribution de Hubert N'DJAFA OUAGA - les acteurs locaux - 29 October 2004 Bonjour à tous, Vous trouverez ci-dessous la contribution de Hubert N'DJAFA OUAGA qui s'interroge sur la place, le rôle (potentiel) et la compréhention (la notre et la leur) des acteurs locaux au sein d'une économie qui se mondialise. Le modérateur, Vincent Castel ---------------------- Bonjour, La question qui me vient en tête, a-t-on bien cerner la place des acteurs locaux dans cette économie? L'a-t-on déjà fait? si oui, je souhaiterai avoir une documentation là-dessus. Je donne l'exemple du Parc National de Manda au Tchad. Les paysans à la périphérie du Parc ne se sentent pas concernés par cette réserve. Quel rôle il joue et quel est leur intérêt dans cette préservation de la biodiversité quand on sait qu'il n'y a plus d'espaces agricoles, plus d'espaces de chasse, de pêche. Ils ont une représentation étrangère du Parc venu incruster dans leur milieu depuis 1965. Ils disent même que le jour où, la force publique va s'en aller, alors ils transformeront cet espace en autre chose. C'est pour dire, le niveau d'éducation des acteurs locaux en terme de connaissance ne leur permet pas de comprendre le fonctionnement du système de économique mondiale. C'est du virtuel chez les paysans les plus reculés d'Afrique. A-t-on par ailleurs pris le soin de véritablement les impliqués comme acteurs réels avec pouvoir décision. C'est en cela qu'il serait difficile de parler d'économie au sens occidental du terme. On voit donc toute la difficulté qu'il y a à vouloir faire une évaluation de cette économie. Il n'existe malheureusement pas dans beaucoup de pays africains une structure dédier à ces acteurs avec des orientations claires. Pour la plupart, on en est encore à l'époque de prélèvement pour les besoins alimentaires sans aucun rapport avec quelque chose de bien structurer. Merci Hubert N'DJAFA OUAGA, Docteur en géographie Expert en suivi des projets pilotes du projet "Appui aux capacités d'adaptation du Sahel aux Changements climatiques" BP 11011 Centre Régional AGRHYMET Niamey / NIGER ===================================================================================== 7- Contribution de Linda Rieu - Filière Viande de Brousse en RCA - 29 October 2004 Bonjour, Vous trouverez aujourd’hui sur le site de la conférence deux nouveaux documents sur la filière Viande de Brousse (en République Centrafricaine) produits par Linda Rieu dans le cadre du projet GEPAC et intitulés: 1) Du chasseur au consommateur : organisation de la filière viande de brousse dans un site industriel forestier d'Afrique centrale. Société SEFCA, Mambélé, République Centrafricaine (Linda Rieu) Télécharger le document 2) Faune sauvage et exploitation forestière en Afrique centrale (Linda Rieu) Télécharger le document Ils sont donc disponibles au téléchargement à cette adresse: http://www.virtualcentre.org/fr/ele/econf_02_faune/download.htm Bien que non centrée sur le milieu éleveur traditionnel, l'étude analyse entre autres les déterminants du choix de la viande brousse par rapport aux viandes d'élevage classique. Sur le site d'étude l'un des déterminants principaux semble être le prix des viandes alternatives (issues d'élevage classiques) et la demande en viande n’est donc pas essentiellement due à l’aspect culturel de cet aliment. Le revenu des familles joue donc un rôle important dans sa consommation et son remplacement par des protéines alternatives. Cette nouvelle contribution sur la viande de Brousse qui vient s'ajouter à celle de David Edderai souléve plusieurs questions: Dans le cadre de la protection protection des ressources fauniques comment et doit-on faciliter l'utilisation de viandes alternatives issues de l'élevage classique? Sans remettre en cause l'importance culturelle, le goût (…) le prix semble cependant être un déterminant important. Il est aussi évident que la viande de brousse est effectivement particulièrement importante pour les autochtones afin d'assurer leur sécurité alimentaire et est souvent, de plus, la seule façon régulière d'obtenir une rentrée d'argent. Les actions devraient-elles alors se concentrer sur les villes et les populations plus aisées? Comment inclure les externalités, qui découlent des prélèvements de la viande de brousse, sur le prix de celle-ci dans les villes? Que pensez vous de plus de la distribution massive de viandes d'élevage (poulets..) aux populations qui travaillent sur les chantiers forestiers? En attendant vos commentaires, vos réactions, Très Cordialement, Vincent Castel ---------------------------- Introduction au document "Du chasseur au consommateur : organisation de la filière viande de brousse dans un site industriel forestier d'Afrique centrale. Société SEFCA, Mambélé, République Centrafricaine" Par Linda Rieu Les forêts tropicales d'Afrique centrale constituent non seulement l'un des plus grands trésors biologiques de la planète mais elles fournissent aussi aux populations locales de nombreuses ressources essentielles à leur survie. Dans les vingt prochaines années, la quasi-totalité de ces écosystèmes aura été exploitée au moins une fois par les industriels du bois. Pour mettre en place des politiques efficaces de gestion durable des forêts, il devient alors indispensable de définir les impacts que l'activité bois occasionne sur les milieux naturels et plus particulièrement, dans cette étude, sur la faune sauvage. Le but de notre travail était de comprendre l'organisation socio-économique de la filière viande de brousse au sein du site industriel de la société SEFCA (Mambélé , RCA). Nos recherches se sont délibérément tournées vers une approche individuelle de chaque acteur de la filière. Nous avons donc, durant les mois de juin à août 2004, mené un ensemble d'enquêtes et d'entretiens semi-directifs auprès des chasseurs, commerçants et consommateurs de gibier de Mambélé. Les principaux résultats de notre étude montrent que l'installation de la société SEFCA au sein des forêts reculées de République Centrafricaine a provoqué des changements majeurs dans le rapport des populations locales avec leurs ressources naturelles. Ces modifications se font ressentir à chacun des maillons de la filière viande de brousse. La chasse, pratiquée autrefois de manière traditionnelle pour la subsistance des villageois est ainsi devenue une activité commerciale fortement lucrative, effectuée de plus en plus loin de Mambélé et au moyen de techniques modernes efficaces. Les tableaux de chasse relevés lors de nos enquêtes se composent ainsi essentiellement de gibiers caractéristiques d'un milieu fortement anthroprisé (céphalophe bleu) ou présentant une forte valeur commerciale (singes et grands primates). Par ailleurs, le désenclavement de la région de Mambélé a favorisé la création de liaisons commerciales fortes entre le site industriel et les grands centres urbains du pays. Le commerce de viande de brousse, pratiqué à Mambélé mais aussi plus à large échelle, a eu pour conséquence de créer un bassin d'approvisionnement important à travers la zone d'étude, impliquant de plus en plus de villages périphériques dans ces pratiques. Notre étude a également montré que la consommation de viande de brousse par l'ensemble des villageois du site industriel n'était pas simplement associée à sa valeur culturelle forte en Afrique Centrale. Il apparaît en effet que le principal facteur freinant le remplacement du gibier par des viandes alternatives (bœuf, poissons, etc.) soit la différence de prix entre ces deux produits. Les nombreuses observations effectuées durant notre étude nous ont enfin permis de montrer que la société SEFCA contribue à l'intensification de la chasse et du commerce d'animaux sauvages par (1) le transport de chasseurs et d'armes dans ses chantiers forestiers, (2) le transport des commerçants de gibier vers les grands centres urbains, (3) l'abandon de bâches fonctionnelles à travers ses concessions. Bien que des études complémentaires soient nécessaires, nous pouvons supposer, aux vues de nos résultats, que les niveaux de chasse actuellement pratiqués au niveau du site industriel de la société SEFCA semblent ne pas être durables pour la conservation de la plupart des espèces animales touchées. Un ensemble de mesures a donc été proposé pour favoriser la gestion durable de la faune par les sociétés forestières et ses partenaires. ===================================================================================== 8- Contribution de Daniel Cornélis - 29 October 2004 Bonjour à tous, Voici avant le week end une dernière contribution de Daniel Cornélis du Cirad qui analyse la complexité de la problématique de la conservation notamment au travers du développement. J'espère que vous profiterez de ce week-end pour nous donner votre propre point de vue sur cette contribution ou nous faire partager votre expérience pour alimenter les échanges! Le modérateur, Vincent Castel ------------------ Bonjour à tous, Je saisis l'opportunité de cette conférence pour vous faire part de réflexions personnelles sur la thématique en question. Cette contribution aborde le sujet avec la vision de l'écologue et l'entrée « valorisation des aires protégées » en zone soudano-sahélienne, avec une remise en question des approches. La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) a été adoptée par 187 états en 1992, à Rio. Les principaux objectifs de la CDB sont la protection de la biodiversité, la sauvegarde du patrimoine génétique, l'exploitation durable des ressources naturelles et la répartition juste et équitable des profits engendrés par leur utilisation. La CDB prévoit notamment que chaque pays signataire établisse un réseau efficace d'aires protégées (10% des territoires nationaux). Les gouvernements ont pour responsabilité de délimiter et d'assurer la protection de ces aires. En Afrique en particulier, les systèmes mis en place pour atteindre ces objectifs laissent à désirer : les aires protégées, datant de l'époque coloniale, ont le mérite d'y exister. Elles ont, pour la plupart, été créées dans un contexte différent de celui qui prévaut actuellement (institutionnel, démographique, économique, etc), dans des zones enclavées, soumises à forte pression pathologique (trypano, etc). En zones soudano-sahéliennes et sahélo-sahariennes, leur gestion fait actuellement très souvent défaut : les gouvernements nationaux n'ont pas les moyens d'assumer le coût de la préservation de la biodiversité. L'extinction des espèces qui en résulte, et qui va en s'aggravant, entraîne une diminution dramatique de la diversité biologique : du Sénégal au Soudan disparaissent sous les yeux de notre génération les derniers rhinos, girafes, damalisques, élans, oryx algazelle, Addax, etc. En réaction au texte d'introduction de cette conférence, je pense qu'il est important de souligner que l'augmentation de la pression sur les ressources naturelles résulte moins d'une diversification des usages que de la croissance démographique humaine. A l'échelle mondiale, l'intensification des productions, est une solution qui permet d'absorber (temporairement) les besoins alimentaires résultant de la croissance démographique humaine. Elle n'est cependant pas universellement transposable. Par exemple, pour les productions animales en zone soudano-sahélienne, la mobilité de l'élevage est en soi une solution d'adaptation pour optimiser la production. Dans ce contexte, le concept occidental de l'intensification est un non-sens évident, qui a montré ses limites. Il en est de même pour la plupart des alternatives proposées actuellement : la plupart concourent davantage à colmater des « effets » qu'à proposer des solutions aux problèmes de fonds, aux causes. Notre approche à court terme permet de gérer l'urgence (les crises alimentaires, le lendemain), mais sans réelle réflexion sur les enjeux réels de conservation et de développement à moyen ou long terme. Dans sa conception originelle, la notion de « gestion durable » relève des domaines écologique, social, économique (plus politique/institutionnel). Il faut cependant bien reconnaître que durant la dernière décennie, les projets de conservation de la biodiversité et de développement sont de plus en plus soumis / conditionnés, par les bailleurs de fonds, à des retours financiers à court terme : retour sur investissement au travers le développement d'activités économiques : éco-tourisme, etc.... Ce constat appelle plusieurs remarques : 1. Justifier la conservation de la biodiversité et le développement avec une entrée polarisée sur « l'économique » est un concept occidental qui me paraît inopportun. Dans ce secteur comme dans d'autres, conditionner à long terme la préservation de la biodiversité aux seuls aléas du « marché » est une approche réductrice. 2. Il n'est pas réaliste, à l'échelle de temps imposée par les projets de conservation / développement actuels (3 ans), d'imaginer pouvoir convertir localement un système de production (agro-élevage) en d'autres moins préjudiciables à la biodiversité (exemple : éco-tourisme). Cette conversion s'opère dans le meilleur des cas à des échelles de temps qui dépassent une génération humaine (30 ans). 3. En matière de conservation de la biodiversité, il faut que la communauté internationale accepte que cet attendu a un coût, qui est récurrent, et qui n'est pas constant ( ). Ce coût de la préservation du patrimoine mondial doit être pris en charge de façon collective, par la communauté des nations. 4. Il est dommage de constater l'état de « démission » de la plupart des bailleurs de fonds, en particulier l'Union Européenne, pour qui la priorité est aujourd'hui donnée à de gros programmes d'infrastructures (construction de routes, etc), alors que les objectifs de développement et de conservation nécessitent une approche plus intégrée (mais aussi plus complexe...). Par exemple, l'éducation et la formation de nouvelles générations doivent être soutenues à long terme si on veut sortir l'Afrique de l'ornière et proposer des systèmes de production innovants et moins consommateurs de la biodiversité. Au-delà des discours d'intention, y a-t-il aujourd'hui en occident cette réelle volonté politique ? Nous évoluons dans un mode où le résultats d'une élection aux Etats-Unis peut avoir des impacts importants sur le développement et la conservation en Afrique (exemple : chaque candidat n'a pas le même point de vue sur les aides internes aux producteurs américains de coton). Les solutions aux problèmes évoqués (à leur cause) dépendent avant tout de la politique économique et environnementale promue par les pays occidentaux. Au même titre que le commerce, la conservation de la biodiversité et l'environnement au sens large doivent un caractère universel. L'OMC, d'accord, mais à quand un OME ? Générer des bénéfices au profit direct des populations locales au travers la promotion d'actions « non consommatrices » est souvent handicapée par plusieurs facteurs : - Qu'il s'agisse de faune ou de toute autre ressource, on peut difficilement constituer des unités des gestion sans (ré)appropriation (légale, coutumière, ...) d'un terroir. - d'une part le contexte historique (colonial) dont découle, dans la plupart des pays africains, une situation foncière où les terres sont propriété domaniale. Dans les faits, la terre et les ressources naturelles sont « res nullius ». - Contexte légal obsolète. / les pays africains ont entamé un processus de décentralisation, mis en oeuvre à des niveaux divers selon les pays (exemple du Sénégal et du Cameroun opposé au Tchad). Daniel Cornelis (Cirad) (1)On parle de « coût d'opportunité » : il s'agit du manque à gagner lié à la perte de productivité (agronomique, ...) d'une zone, du fait de sa mise en conservation, auquel on peut soustraire les revenus issus de cette même mise en conservation (tourisme, etc). ===================================================================================== 9- Contribution de Amar Bouzenoune - 30 October 2004 Bonjour, Vous trouverez ci-dessous la contribution de Amar Bouzenoune en réponse à l'intervention de D. Cornélis. Il présente dans son message la situation de la conservation en Algérie. Il présente de plus les différentes activitées de développement durable des populations dans les zones limitrophes du parc National de Chréa (développement de micro-entreprises) : ceuillette des fruits du caroubier (Ceratonia siliqua), apiculture (distribution de ruches), revaloristaion de l'artisanat local (fromage blanc local); contibution et participation de la femme rurale avec différentes activités (élevage, poterie, broderie et tissage) tourismes thermal et écotourisme. Comme Mr Bouzenoune le précise dans sa contribution le pas de temps pour le développement de ces activités est relativement long (ici 10 ans). Cette intervention m'amène une nouvelle fois à soulever la question de la perennité économique des actions entreprises lorsque le soutien des programmes et des projets disparait. Très Cordialement, Le modérateur, Vincent Castel --------------------------------------- Chers collègues, Le développemnt durable est à l'honneur aussi en Algérie.Je partage l'avis de mon collègue sur la conservation dans les pays en voie de développement. Ici, les aires protégées et le premier parc NAtional a été créee en 1972 et nous avons actuellement 3 Parcs nationaus côtiers, 5 de montagnes et 2 sahariens (Tassili et Ahaggar) avec des superficies qui varient de 4 000 à26 000 hectares et les deux derniers concernent 80 000km2 et 450 000 km2. les parcs nationaux répondent aux normes connues. La gestion de ces parcs est en progression mais Il reste la présence de la population à l'intérieur et à proximité des aires protégées. Ces populations ont diverses activités d'élevage, charbons, ceuillette des fruits (glands de chêne les arbouses par exemple),ceuillette des espèces qui leur rapportent quelques bénéfices. La forêt est une aire dont ils jouissent pleinement malgré les interdictions des services forestiers. Un autre exemple de dégradation , la. ceuillette des branches d'If (Taxus baccata)et du Houx espèces en voie de protégées et en voie de disparition par des ceuilleurs pour les vendres aux fleuristes d'Alger . Jusqu'à présent, la délimitation et les espaces protégés ont été décidés sans les populations et c'est le problème majeur de ces aires protégées et parcs. Pour palier à cet état de fait et de dégradation des espèces végétales et animales , de nombreux essais ont été efectués par les services du centre cynégétique en faisant des lachers de perdrix par exemple ou en introduisant le faizan. Ils contribuent en partie au repeuplement de nos forêts. Ce sont là des actions ponctuelles ,non répétées et non continues. Une autre action a été lancée par les services de l'agriculture , l'apiculture en montagne . Cette action commence à donner de bons résultats. En ce qui me concerne, nous avons réalisé une étude sur la conciliation du développement durable des populations dans les zones limitrophes du parc National de Chréa.Des solutions ont été proposées dans le cadre des microentreprises - pour la ceuillette des fruits du caroubier (Ceratonia siliqua) pour le fourage et l'industrie pharmaceutique, - le renforcement des capacités pour l'apiculture : distribution de ruches ; - revaloristaion de l'artisanat local et savoir faire local (fromage blacn local); - contibution et participation de la femme rurale avec différentes activités (élevage, poterie, broderie et tissage, - tourismes thermal et écotourisme. Ces actions qui s'échelonnent sur une dizaine d'année amèneront les populations rurales limitrophes à se prendre en charge petit à petit. Un important travail est à faire par la vulgarisation agricole, des techniques forestières , d'élevage avec les groupes de citoyens ou focus groupes.C'est la forme participative. De nombreuses associations non gouvernenmentales activent dans ce sens et les résultats commencent à apparaitre. A.Bouzenoune Dpt Ecologie et Environnement FSB-USTHB BP 32 El Alia 16 111 ===================================================================================== 10- Question de nji ousseni sur les services environnementaux - 30 October 2004 Bonjour, L intervention de Mauricio Rosales sur le paiement des services environnementaux a soulevées beucoup de questions (cf message de Nji ousseni ci dessous). En attendant sa réponse, est-ce que certains d entre vous peuvent nous faire bénéficier de leur expérience en la matiére en Afrique (Succès ou Echecs...). En espérant votre contribution, Le modérateur, Vincent Castel ---------------------------------------- Bonjour à tous, Aprés avoir lu la reaction du Dr Mauricio Rosales ,je suis trés content de vous dire que nous attendont vivement la mise en application de cette experience sur le continant aficain qui regorge des espace non utilisable ;surtout que cette experience nous permettra de mettre en pratique nos projets sur l'elevage,l'agroforestier et bien d'autres. Nous avons des projets et des hectares de terrain pour l'elevage dans ce domaine et voudrions qu'il nous oriente où obtenir le financement pour la mise en application. Merci Nji Ousseni ===================================================================================== 11- Contribution de David Edderai (viande de brousse) Bonjour, Les débats prennent de l'ampleur pour cette nouvelle semaine! Vous trouverez ci dessous la nouvelle contribution de David Edderai qui vient approfondir la reflexion sur la filière viande de brousse et sur le rôle que pourrait jouer la filière de l'élevage classique dans la protection de la Faune sauvage. Réagissez! Le modérateur, Vincent Castel --------------------------------------------- Bonjour, Heureux de constater que le débat s'oriente spontanément vers la thématique de la viande de brousse. Pas très étonnant quand on sait les enjeux alimentaires et environnementaux qu'elle cristallise. C'est donc un sujet qui a toute sa place (et devrait en avoir plus ?) au sein des préoccupations de la FAO. Les questions soulevées par Vincent Castel me semblent particulièrement pertinentes et au coeur des enjeux. Bien sûr qu'il faut faciliter l'utilisation des viandes alternatives issues d'élevages classiques. La question ne se pose même pas. Et pas seulement pour des enjeux de protection faunique, mais surtout et avant tout pour des enjeux de sécurité alimentaire (dont certains aspects sanitaires majeurs). Des études conduites dans les capitales d'Afrique Centrale montrent clairement la préférence des consommateurs pour les viandes domestiques et le poisson devant le gibier. Le frein à leur consommation plus massive est en effet leur accessibilité (disponibilité + prix). En milieu villageois aussi, les populations apprécient les viandes domestiques et ne sont pas "accro" au gibier, contrairement à ce que certains disent. Généralement, la collecte de viande de gibier représente une contrainte (temps passé, pénibilité, dangerosité, etc.) et la plupart (si ce n'est la totalité) des personnes que j'ai côtoyé assuraient qu'elles troqueraient volontiers le gigot d'antilope contre un poulet si celui-ci était disponible "à côté et à bon prix". Donc OUI, il faut impérativement faciliter la consommation des viandes domestiques, d'autant que les populations sont demandeuses. Répondre à la question "Comment" est bien plus ardu. Il est classique d'entendre des justifications techniques pour légitimer l'absence de développement des élevages à cycle court dans le bassin du Congo. Malheureusement, pour qui se donne la peine d'approfondir, il existe plusieurs exemples (y compris sous des formes assez intensives) dont les résultats zootechniques suffisent à balayer ces faux arguments. La faisabilité technique de ces productions n'est plus à démontrer et n'est pas une contrainte lorsque les unités sont gérées professionnellement. Par contre je perçois deux contraintes réelles au développement de ces filières. La première est interne aux pays et relève de questions d'aménagement du territoire. Les élevages à cycle court nécessitent l'interdépendance de plusieurs acteurs spécialisés interagissant sur une unité géographique plus ou moins commune. Or la plupart des régions des pays du Bassin du Congo (y compris des chefs-lieux de province) souffrent d'un enclavement total, en partie conséquence d'un réseau de communication terrestre déplorable. Sans voies de communication, pas de développement possible. C'est un pré-requis. Comment demander à un opérateur d'investir dans une bande de poulets s'il risque de voir perdue toute sa livraison de poussins parce que le camion qui devait les livrer est resté planté 2 jours dans un bourbier ? Comment développer l'élevage porcin si les producteurs risquent de tout perdre parce que les intrants vétérinaires ne sont pas disponibles pour faire face à une épidémie mineure ? Et même quand certains innovateurs tentent leur chance, les coûts de production sont décuplés par le coût des transports. Cela nous amène à la seconde contrainte qui elle ne dépend aucunement des Etats qu'on accuse souvent trop vite d'être responsables de tous les maux des pays qu'ils administrent. Cette contrainte est provoquée par le scandale éhonté de la dépendance des pays du Sud maintenue par les règles de l'OMC vis à vis des produits alimentaires produits en dumping au Nord. L'Europe et les USA subventionnent leurs agricultures et leurs élevages et inondent les PVD de tous leurs excédents à prix cassé. Indécence suprême. On maintient volontairement la tête des PVD sous l'eau et l'on affiche aux yeux des ignorants les efforts de réanimation que l'on produit ! Ou comment déguiser l'intérêt du profit pur en soutien à la lutte contre la faim. Récemment, les producteurs de poulet du Sénégal et du Togo ont crié haut et fort contre ce scandale (tous comme les producteurs de coton qui ne peuvent lutter contre le coton américain subventionné). Mais c'est malheureusement le pot de terre contre le pot de fer. Inutile donc théoriser longuement pour expliquer les raisons du non-développement des filières d'élevage. La responsabilité première n'est ni dans le manque de savoir faire local, ni dans le manque de volonté politique. Ce sont d'abord et avant tout les pays du Nord qui sont responsables. Comment un paysan gabonais peut-il initier un élevage de poulet quand le coût de production local est de 3000 FCFA/kg alors que le poulet arrive congelé, ensaché et calibré à Libreville à 1000 FCFA/kg ! Et comme si l'hypocrisie des états du Nord n'était pas suffisante, ce sont les mêmes qui inondent le bassin du Congo en produits subventionnés et qui "soutiennent" les initiatives de conservation dans la zone... En effet, le prix des viandes est le principal déterminant de la consommation. Pourquoi d'ailleurs en serait-il autrement en Afrique alors que nous adoptons tous la même stratégie (je ne mange pas de la langouste tous les jours !) ? Sans parler du contexte villageois où le prix de la viande de brousse défie toute concurrence (c'est un des rares secteurs où le chiffre d'affaire équivaut presque au bénéfice, ce qui bien sûr complique toute tentative de développement d'activités économiques alternatives, d'autant que les flux monétaires y sont très réguliers), même dans les capitales, hormis quelques exceptions (Libreville), le prix de la viande de brousse est moins élevé que celui des viandes domestiques. Il n'empêche que dans les grandes villes, la consommation de viande de brousse ne relève pas tout à fait des mêmes stratégies et surtout ne revêt pas les mêmes enjeux. En effet, dans les capitales, la sécurité alimentaire des populations est indépendante de la viande de gibier. Des travaux récents conduits à Yaoundé et Libreville ont montré que le gibier ne représente que 3 à 4% des plats à base de viandes et poissons consommés dans les foyers. Par ailleurs, même si le prix moyen du gibier est souvent compétitif, les espèces favorites sont les plus chères et elles sont fréquemment perçues comme un produit de luxe. Enfin, dans les grandes villes, les voies d'entrée des produits et les sites de commercialisation sont localisés et connus. Dans ce cadre, il me semble en effet possible et légitime de renforcer les actions au niveau des villes où les consommateurs ont accès à d'autres sources de protéines. Deux axes se dégagent : le renforcement des contrôles et de l'application des législations, et la mise à disposition légale de viande de brousse (via des filières chasse organisées et contrôlées et/ou via des élevages de gibier). A propos des chantiers forestiers, je suis personnellement très favorable à la distribution de produits d'élevage sur ces sites. Le cadre des sites forestiers industriels est très particulier et les logiques de développement local ne les concernent pas. En effet, une ville forestière est une entité artificielle, temporaire, et constituée de populations allochtones. Les stratégies d'intervention sont purement économiques et la taille de certaines "villes en forêt" implique des besoins métriques immédiats considérables. Dans ce cadre, il ne s'agit pas de s'appuyer sur des stratégies lentes et incertaines de production locales (même si elles peuvent être encouragées), mais il s'agit de répondre à une situation d'urgence. Pour nourrir des milliers de personnes chaque jour, on n'a pas le temps de compter sur la production locale. Il ne reste donc que deux alternatives : ravager la ressource faunique, ou organiser l'apport de produits alimentaires. Il est donc du ressort et de la responsabilité des dirigeants des exploitations forestières de considérer et de gérer l'alimentation de leurs travailleurs. Comme ils le font déjà parfois pour l'éducation et la santé. Les forestiers importent leurs machines et matériaux. Pourquoi n'importeraient-ils pas les aliments nécessaires à leur activité ? A ce titre, la compagnie CIB implantée au Nord Congo a déjà pris des initiatives responsables et les premiers résultats sont riches d'enseignements. En effet, les centres de distribution de produits congelés sont "vidés" dans les jours qui suivent l'arrivée des produits démontrant s'il en était besoin leur acceptation "culturelle" ! Des enquêtes sur la consommation dans les foyers sur le site de Pokola montrent clairement la diminution de la consommation de gibier lorsque la consommation de viandes domestiques augmente. Pour conclure, il semble évident que la consommation de viande de brousse est étroitement corrélée à la pénurie de protéines alternatives, bien loin devant toute considération d'ordre culturel ou traditionnel. Dans ce cadre, je ne peux m'empêcher de m'interroger sur les logiques d'intervention des bailleurs du Nord. Puisqu'il est clairement reconnu que dans le bassin du Congo, la menace principale qui pèse sur la faune est la consommation de viande de brousse, comment s'expliquer que nos grands argentiers consacrent tant de fonds aux initiatives de conservation alors que l'élevage reste le parent pauvre de l'aide? David Edderai ===================================================================================== 12- Contribution de Bernard Toutain (Les Valeurs de la biodiversité) - 02 Novembre 2004 Bonjour, Vous trouverez ci dessous, la contribution de Bernard Toutain qui s'attache sur le concept de la valeur et sur la necessité d'une approche anthropologique pour comrendre fondements des logiques d'acteurs dont il met en avant la relativité de leur perception. Il met aussi en avant les risques que représente l'attribution d'une valeur économique pour la protection des ressources naturelles. j'attends vos commentaires, Cordialement, Vincent Castel --------------------------------- Valeur et valorisation des ressources de la biodiversité. Le texte de Vincent Castel touche à un point très sensible, celui de la valeur accordée à la biodiversité, notamment dans son ensemble, celui de la grande faune d'Afrique, et son texte introductif est très éclairant. On peut garder à l'esprit, en toile de fond, un point de vue encore plus large et universel. C'est le même débat. Dans "valeur", il y a plusieurs idées. A notre époque mercantile, et dans nos actions de développement tirées en avant par des justifications économiques (notion commune de coût - bénéfice par exemple), le terme "valeur" est aussitôt chiffré, comme si l'on calculait l'opportunité d'ouvrir une boutique ou une usine. Il ne faut pas oublier que la valeur est d'abord une notion abstraite faisant référence à une représentation que l'on se fait de l'objet, de l'action, de la personne, et par rapport à des échelles non seulement économiques, mais aussi sociales, éthiques, culturelles, spirituelles... Dans le cas de la biodiversité, la "valeur" attribuée à la biodiversité par les différents groupes humains, qu'il s'agisse d'agriculteurs de la région, de pasteurs, de forestiers, de l'opinion publique du pays, des décideurs politiques, des touristes, des agences internationales de développement, des lobbies écologiques, sont très différentes. La présence dans une savane d'un buffle, d'un lion, d'un éléphant, est un fait en soi qui ne justifie pas que l'on se sente concerné si l'on est pas impliqué quelque part. Pourquoi serais-je ému par la disparition des derniers lycaons d'Afrique de l'Ouest si je sais que je n'irai jamais les voir ? Ou si j'ai l'impression qu'ils vont menacer mon bétail ? Si je me sens concerné, c'est par rapport à un autre référentiel, celui d'une vision de la nature et de ses composantes, une vision relativement récente dans notre culture, qui ne s'appuie pas seulement sur les cris alarmistes des écologues. Comme le dit très justement Vincent, attribuer une valeur économique immédiate à une espèce est une arme à double tranchant qui peut tout aussi bien attirer l'attention du monde sur une situation critique ignorée et mettre un coup de projecteur plein de reproche sur les destructeurs, mais il peut aussi attiser les convoitises sans respect pour l'avenir de cette espèce. Ma proposition est donc la suivante par rapport à la question de la semaine : au-delà des points de vue et des outils de nature économiques pour apprécier une valeur à la biodiversité, une étude sérieuse des fondements des opinions dans les différentes catégories de personnes concernées, cela de façon assez large, mérite d'être entreprise avec les armes et la sensibilité des sciences humaines telles que l'anthropologie. Sans ce genre de connaissance, base pour ensuite mener un travail en profondeur d'échange et d'enrichissement mutuel des points de vues entre parties prenantes, j'ai l'impression que l'on va rester sur des dialogues de sourds. J'en prends pour exemple les positions très tranchées et passionnées qui secouent la France à propos du loup et de l'ours. Les ressorts sont très profondément ancrés dans les opinions des individus, et très différents d'une catégorie à l'autre. Des pays comme l'Italie ou l'Espagne, qui comptent aussi des loups, ne semblent pas secoués par de tels tremblements. Miser sur l'opinion est une vision à long terme, et peut changer sur l'espace d'une génération. J'ai rencontré au Burkina un homme qui jadis avait été payé par son village pour débarrasser la brousse des lions qui constituaient un danger pour les enfants parcourant les chemins pour se rendre à l'école. Maintenant le discours a changé (et les lions sont devenus rares), encore faut-il l'expliquer et partir de ces réflexes transmis dans les familles pour reconstruire une nouvelle perception du lion. Et cet exercice aurait certainement le mérite de faire prendre conscience aux écologistes de certaines réalités de terrain vécues par les personnes qui cotoient cette biodiversité. Dans le même ordre d'idée, je trouve très simplificateur la qualification de braconnier. Il serait bon de réfléchir à ce que cela représente, et comment peut être reçu par quelqu'un ce qualificatif peu flatteur, voire infamant. Il y a un monde entre des entreprises criminelles organisées visant à collecter à tout prix tel ou tel produit sauvage, souvent au mépris des hommes de main qui sont les plus exposés, et les petits chasseurs qui se servent sur la nature, évidemment de façon délictuelle puisqu'ils font des choses interdites. Quand on voit la puissance du lobby de la chasse en France et, sans doute comme conséquence, la pauvreté en faune de nos forêts, alors que ces chasseurs qui ont acquité le droit de leur permis sont licites, on peut s'interroger sur la justification de poursuivre certains braconniers villageois qui n'ont pas d'autre échappatoire pour chasser que de le faire clandestinement. Un dernier point sur les retombées de la chasse sportive en Afrique pour les populations locales: j'ai constaté que dans certains cas les animaux chassés étaient bien laissés au village pour que la viande soit attribuée aux habitants, mais pour l'obtenir, ils devaient payer la viande ! Ensuite, l'argent arrivait dans une caisse gérée par un cimoté de village, et destinée à des dépenses collectives. Cette façon de procéder ne soulevait pas de difficulté mais pose quelques questions... Bernard Toutain CIRAD Nota, j'ai moi-même été chasseur... ===================================================================================== 13- Contribution de Marie Noel de Visscher - 02 Novembre 2004 Bonjour, Vous trouverez ci dessous la contribution de Marie Noel de Visscher qui recentre le débat sur l'élevage. Le modérateur, Vincent Castel -------------------------------------- Bonjour, Bien que sans compétence en économie , je voudrais intervenir dans le débat - L'intervention de Daniel Cornélis aborde des questions qui se posent largement autour de "developpement et conservation" mais il est peut être nécessaire de resserer les discussions autour de la question de l'élévage et de l'éleveur face aux contraintes engendrées par les logiques de conservation et vice versa. - C'est pour cette première raison que je rejoins l'opinion de David Edderrai sur le choix inapproprié de l'exemple de la viande de brousse. Il ne s'agit pas d'une problématique élevage dans la mesure où il s'agit d'une cueillette largement pratiquée au sein de sociétés et par des individus qui ne se sont jamais (ou si peu) intéressés à l'élevage Ensuite, il est clair en effet que la pression sur la viande de brousse découle bien d'une logique économique de profit ou de revenu permettant aux acteurs d'une filière de se nourrir ou de vivre un peu mieux mais sans faire d'élévage. - Pour revenir aux éleveurs des zones arides et semi-arides d'Afrique de l'Ouest, je voudrais souligner que là aussi , les conflits developpement - conservation se posent en termes économiques relativement transparents, avec comme le suggère Daniel Cornélis, une logique de productivité et de revenus. Les éléveurs rentrent dans les aires protégées quand la saturation des terroirs agricoles des zones periphériques ne laisse plus aucun espace de pature ( cas du parc W) et peu de chance pour les troupeaux. De même les agriculteurs de la zone périphérique du parc W choisissent pour des raisons de sécurité financière d' investir leurs revenus dans un troupeau, au risque d'accroître encore la surcharge en bétail de la zone. C'est encore dans une logique économique de revenus complémentaires que les éleveurs se sont lancés dans la culture de berbéré en périphérie du parc Zakouma au Tchad, au détriment des habitats de saison des pluies de la grande faune. Informelle ou non il s'agit bien de logiques économiques qui entrent en conflit avec des logiques de conservation mais il me semble qu'il serait très intéressant d'avoir sur ce premier point des échos sur ce qui se passe en Afrique de l'est , comme dans le cas des éleveurs Massai face aux aires protégées. Assiste-t-on aux mêmes types de scénarios où logique de production se heurte à celle de la conservation ? Comment a-ton tenté d'y résoudre les problèmes ou de les gérer ? avec quel succès ? Au niveau des solutions, je crois peu ou pas au succès d'activités économiques alternatives issues de la faune (tourisme, chasse) pour apaiser les tensions élevage / conservation . Il s'agit au mieux jusqu'à present de revenus complémentaires pour quelques individus ou pour un équipement social rarement orienté sur les éleveurs en particuliers itinérants . Or l'experience montre que l'on est le plus souvent devant un problème de partage d'un espace de production qui se réduit sous la pression démographique et par la mise en défens d'aires de conservation pour la faune. A une logique de production économique pour un groupe ou un individu s'oppose une logique de bien public constitué par la faune sauvage et ses habitats. Le problème ne peut donc se gérer durablement par des actions ponctuelles en périphérie. Il s'agit de modifier la façon d'exploiter l'espace (de production et de conservation) en assurant un accroissement du niveau de vie des éleveurs et la perennité des populations de faune sauvage. Il n'existe sans doute aucune solution universelle mais quelques principes ou approches communes qui devraient être discutées ici . J'en citerai deux : La première déjà mentionnée par un autre intervenant est celle de la prise en compte affirmée du contexte local et des aspirations des eleveurs. La création de conservancies en Afrique australe où les éleveurs sont passés de la production de bétail à celle de faune sauvage répond bien à une logique économique qui montrait que le marché de la faune sauvage dans cette région et sur certains types d'exploitation était à la fois plus rentable et à moindre risque . A-t-on suffisamment de données sur les moteurs économiques des choix et sur les aspirations des éleveurs qui entrent en conflit avec la conservation de la faune ? Si oui, peut-on en tirer des propositions permettant de faire évoluer, au bénéfice de tous, le mode d'exploitation de l'espace ? La seconde porte sur la capacité de la faune sauvage à cohabiter avec une activité d'élevage dans un contexte donné. Au delà des réglementations, jusqu'où a-t-on envisagé la possibilité de faire de l'élevage rentable dans un espace de conservation ? L'expérience montre qu'il n'est pas toujours facile d'oser poser ce genre de questions d'autant plus qu'elle débouche rapidement sur le thème très sensible des conflits prédateur - bétail. Pour laisser le débat s'amplifier , je m'arréte là pour aujourd'hui . Marie-Noël de Visscher ===================================================================================== 14- Contribution de OUSSOU LIO Appolinaire (action de sensibilisation) - 02 Novembre 2004 Bonjour, Vous trouverz ci dessous la contribution de OUSSOU LIO Appolinaire qui nous fait part des actions de sensibilisation de l'ONG GRABE-BENIN. Celle ci cherche à mieux faire connaître les problèmes environnementaux auprès des populations locales. Comment de telles actions sont applicables aux éleveurs (mobiles ) et notamment dans le contexte de la valorisation des ressources de la biodiversité? Le modérateur, Vincent Castel -------------------------------------------------- Bonjour, Pour notre ds le groupe de recherche et d'action pour le bien-être au bénin (GRABE-BENIN)est de penser autrement aux services environnementaux que la plupart pense être la responsabilité de l'ETAT et se désengage pour le payement faute de la connaissance réelle des problèmes environnementaux. Dans trois communes du sud bénin nous avons formées des jeunes volontaires pour la sauvegarde et la protection de l'environnement et la biodiversité. C'est de petits groupe de 10 personnes formées par villages, quartier ou par classe qui prennent le nom d'une plante ou d'un animal surtout ceux menacés. Ils reçoivent notions sur la techniques conservation in situ, l'agriculture durable, hygiène et assainissement etc.. A leur tour ils développent les sensibilisations auprès de leur parents et ceux qui les entourent. Objectif: permettre de mieux connaître les problèmes environnementaux pour une prise de consciences. Nous avons en projets l'impliques des chefs traditionnels dans cette lutte pour la protection de reliques de forêts surtout les forêts sacrées, création de jardin botaniques par arrondissement en collaboration avec les élus locaux et autres partenaires, création de mini jardin par école. Je serai particulièrement intéressé par des propositions pour mieux atteindre nos objectifs et étendre cette à toutes les autres communes du Bénin Merci OUSSOU LIO Appolinaire Président de L'ONG GRABE-BENIN BENIN ===================================================================================== 15- Contribution de CHEUMANI NOUDJIEU Charlotte - 03 Novembre 2004 Bonjour, Le rôle de la viande de brousse occupe encore aujourd'hui une place centrale dans la discussion avec ci-dessous la participation de CHEUMANI NOUDJIEU Charlotte. Cette communication présente son travail dans l'Unité Technique Opérationnelle de Campo-Ma'an au sud- ouest du Cameroun et met une fois de plus en avant le rôle du développement de l'élevage d'animaux domestiques dans la conservation des ressources de faune. Cependant comme Marie Noel De Visscher l'a justement indiqué hier, certaines des questions posées dans le discours d'introduction, et centrées sur l'élevage, ont été très peu abordées et il serait intéressant d'y revenir. On a très peu parlé de l'impact économique (s'il existe !) des efforts de valorisation de la biodiversité auprès des populations locales et des éleveurs en particulier. De même la pérennité des actions entreprises à été peu démontrée ou critiquée. Comment de plus protéger de la surexploitation les ressources qui présentent un intérêt économique ? Comment éviter aussi l'apparition de pôles d'attraction de populations humaines liés au développement de ces revenus à la périphérie des zones de conservation ? L'attribution de la notion de valeur (economique, sociale, religieuse....) aux ressources de la biodiversité et sa hiérarchisation ont été abordées mais méritent d'être developpés. On rejoint alors les deux points soulevés par Marie Noel de Visscher dans son intervention d'hier. Je cite dans le texte: « Il n'existe sans doute aucune solution universelle mais quelques principes ou approches communes qui devraient être discutées ici . J'en citerai deux : La première déjà mentionnée par un autre intervenant est celle de la prise en compte affirmée du contexte local et des aspirations des éleveurs. La création de conservancies en Afrique australe où les éleveurs sont passés de la production de bétail à celle de faune sauvage répond bien à une logique économique qui montrait que le marché de la faune sauvage dans cette région et sur certains types d'exploitation était à la fois plus rentable et à moindre risque . A-t-on suffisamment de données sur les moteurs économiques des choix et sur les aspirations des éleveurs qui entrent en conflit avec la conservation de la faune ? Si oui, peut-on en tirer des propositions permettant de faire évoluer, au bénéfice de tous, le mode d'exploitation de l'espace ? La seconde porte sur la capacité de la faune sauvage à cohabiter avec une activité d'élevage dans un contexte donné. Au delà des réglementations, jusqu'où a-t-on envisagé la possibilité de faire de l'élevage rentable dans un espace de conservation ? L'expérience montre qu'il n'est pas toujours facile d'oser poser ce genre de questions d'autant plus qu'elle débouche rapidement sur le thème très sensible des conflits prédateur - bétail. » Je vous invite donc à réagir sur ces questions, à nous faire profiter de votre expérience sur le rôle de l'élevage dans la conservation! Cordialement, Le modérateur, Vincent Castel. ----------------------------------------------------------- Utilisation de la viande de brousse , moyens d'existence et conservation de la faune sauvage dans l'Unité Technique Opérationnelle de Campo-Ma'an s(sud-ouest Cameroun ) L'expansion démographique qui va de paire avec une augmentation des besoins en ressources naturelles, y compris la faune sauvage, a conduit à un excès de demande sur l'offre. En effet, les ressources fauniques constituent pour l'Afrique en général et pour le Cameroun en particulier, une ressource naturelle importante de par sa quantité, sa diversité et les biens et services qu'elles octroient aux populations. L'Unité Technique Opérationnelle (UTO) de Campo-Ma'an, située à l'extrême sud-ouest du Cameroun en zone forestière, fait partie des grands centres de la biodiversité en Afrique de par sa diversité floristique et faunique exceptionnelle et de par la présence d'un nombre important d'espèces animales et végétales endémiques. Cette UTO est constitué d'un parc national. Ce parc est bordé d'unités forestières d'aménagement (UFA) destinées à l'exploitation forestière, de plantations agro-industrielles et de sociétés agro-industrielles (HEVECAM et SOCAPALM ) et forestière (HFC ). Cette situation prédispose l'UTO de Campo-Ma'an à devenir plus peuplée avec pour conséquence une augmentation de la demande en protéines animales notamment en viande de brousse ; ce qui favorise ainsi l'installation des chasseurs professionnels (braconniers) dans la forêt. Pour les populations locales, la chasse constitue une activité traditionnelle pour laquelle elles ont développé une interdépendance. En effet, la viande de brousse est consommée par toutes les couches sociales de la zone ; et souvent mieux appréciée que la viande des animaux domestiques. En vue de contribuer à la connaissance de l'exploitation de la faune sauvage dans la zone de l'UTO de Campo-Ma'an, j'ai mené dans le cadre de mes travaux de fin d'études et avec l'appui du projet de conservation, de gestion et de l'aménagement de l'UTO de Campo-Ma'an, une étude de chasse du 8 mai au 31 décembre 2000 dans la partie sud-est de l'UTO précisément dans les villages Oveng, Ebianmeyong et Abang. L'objectif de cette étude était d'identifier les modes d'appropriation et d'utilisation du gibier par les populations locales. Il ressort de cette étude qu'un total de 908 individus ont été prélevés pendant toute la période de l'étude (267 jours), soit une moyenne de 3 gibiers prélevés par jours. Le piégeage (80% des animaux prélevés au moyen des pièges) est le principal mode d'acquisition du gibier ; cependant le fusil est de plus en plus utilisé. Le revenu issu de l'activité de chasse est faible car une bonne part du gibier prélevé est auto-consommée (75% des prélèvements) du fait de l'enclavement de la zone. Bien que les prélèvements n'aient pas été effectués dans le parc national, le nombre d'animaux chassés, la technique de chasse utilisée et la présence d'espèces protégées parmi les animaux prélevés ont montré que l'exploitation de cette ressource naturelle par les populations locales n'est pas durable. A la lumière de ces résultats, l'on est en droit de se demander quelles leçons peuvent en être tirées et quelles sont les solutions à proposer pour la lutte anti-braconnage dans l'UTO de Campo-Ma'an. Deux principales causes conduisent au braconnage dans la zone : la recherche des protéines animales et la quête du bien être. Dans la zone d'étude, la principale source de protéines animales disponibles pour les populations locales reste encore le gibier qui est facilement prélevée dans la forêt. Cette situation est la conséquence de la carence dans cette zone, de produits alternatifs appropriés pouvant efficacement remplacer la viande de brousse. La viande de bétail notamment la viande de boeuf et de volaille n'atteint pas les villages du fait de l'enclavement. Etant donné que chaque personne voudrait vivre au dessus du seuil de pauvreté, le seul moyen dont disposent les populations locales de la zone d'études est, en dehors de la cacaoculture, la chasse dont les revenus leur permettent de se procurer le matériel de première nécessité (sel, pétrole, médicaments, etc.). Au vu d'énormes quantités d'animaux prélevés dans la forêt par les populations locales, la viande de brousse occupe une place indéniable dans leur vie. Avec l'utilisation d'armes à feu et des câbles d'acier ainsi que le prélèvement et le commerce des espèces protégées, la chasse contribue à la destruction de la faune. Il devient donc de plus en plus évident de considérer cette ressource comme menacée dans cette partie de l'UTO. Pour assurer une gestion durable de la ressource faune dans l'ensemble de l'UTO de Campo-Ma'an, il serait capital de : - renforcer les effectifs du personnel local du ministère de tutelle (ministère de l'environnement et des forêts) ; élaborer et mettre en oeuvre des programmes de gestion adéquats; - de favoriser le développement de l'élevage d'animaux domestiques (volaille, porc) pour assurer l'approvisionnement du personnel des sociétés forestière et agro-industrielles présentes dans la zone. Ceci devant être mis en oeuvre avec la collaboration de ces sociétés. Pour éviter la disparition de certaines espèces animales dans la zone, il serait nécessaire que les mesures de gestion aillent au-delà de la lutte anti-braconnage et que les activités de recherches soient centrées sur les répartition des espèces, leurs migrations saisonnières, leurs exigences en matière d'alimentation et d'habitat. Il serait également essentiel de définir un quota d'exploitation de la faune sauvage et de les faire respecter tout en envisageant les possibilités de domestication de certaines espèces sauvages et de création des zones communautaires de chasse dans la localité. Cela réduirait énormément la pression exercée sur la faune sauvage tout en permettant aux populations locales de tirer profit du gibier selon les principes d'exploitation durable. CHEUMANI NOUDJIEU Charlotte, Ingénieur des Eaux, Forêts et Chasses, Etudiante en DES en Gestion des ressources animales et végétales en milieux tropicaux à la Faculté Universitaire des Sciences Agronomique de Gembloux (FUSAGx) (Belgique) ===================================================================================== 16- Contibutions de Djenontin Jonas - 03 Novembre 2004 Bonjour, Vous trouverez ci-dessous deux commentaires envoyés par Mr Djenontin Jonas sur les messages de Bernard Toutain et de Marie Noel de Visscher. Il soulève notamment dans son premier message la difficulté de l'analyse de la perception de la valeur. Dans le second message de Mr Djenontin Jonas, je tiens à préciser que même si les questions posées sont très intéressantes, la gestion de l'espace a déjà été longuement abordée lors de la première conférence électronique et sera en partie abordée lors du troisième thème de cette conférence. Le modérateur, Vincent Castel ------------------------ Première contribution au message de B. Toutain Bonjour. J'apprécie les points de vue du Professeur Toutain Bernard. Je me permets, qu'il m'en excuse de lui dire qu'il est resté à mi-chemin. Du point des différences culturelles ou pour moi des différences de perceptions, je pense qu'il y a un très grand fossé avec ses pièges. Je vous donne un exemple : Quelle valeur donnerait quelqu'un originaire du Sud Bénin à une ressource du Nord Bénin, qu'il y a en abondance (ou rare) dans sa zone d'origine par rapport à un autre qui lui est du Nord Bénin? L'inverse est aussi possible. Mais je trouve que les jugements seraient encore autres si celui du Sud vit au Nord et celui du Nord vit au Sud. Du point de vue de l'utilité des ressources, des opportunités pour les alternatives de solutions (chacun pouvant retourner chez lui, ou bien, rester dans la zone d'abondance), les perceptions ne seront jamais les mêmes surtout avec un bagage comme l'histoire écologique de leur zone respective. Je suis donc perplexe devant les outils économiques pour la détermination de la valeur d'une ressource. L'attribution d'une valeur économique est fondée sur des références que ne partagent certainement pas tous les acteurs et groupes d'intérêt. Djenontin Jonas INRAB/CRA NORD INA BP 789 Parakou ===================================================== 2nd Contribution au message de M.N. De Visscher Bonjour, Je voudrais que dans ce débat, que les points suivants soient toujours pris en compte : 1- Quelle gestion de l'espace faut-il préconiser pour une meilleur gestion des ressources naturelles? 2- Comment rendre durable nos interventions ou mieux comment vraiment éduquer les populations pour leur inculquer une autre facon de voir et de gérer les ressources de leur terroir. Pour ma part, les populations, dans une situation de survie, mettent en oeuvre des formes de gestion qui sont en parfaite opposition avec les approches 'intellectuelles' des chercheurs et développeurs. Ainsi pour le gibier de brousse, la cueillette sans grand impact il y a une cinquantaine d'année, a pris l'aspect de la dégradation avec une augmentation de la population mais hélas avec les techniques de production rudimentaires. L'augmentation et la diversification des besoins ont contribué à augmenter la pression sur le gibier de brousse à défaut d'un développement de l'élevage classique (boeufs, ovins/caprins et volailles). Au Bénin avec le lancement de l'élevage non conventionnel (agouti, rat de gambie, et autres) par le courage d'un groupe de jeunes ingénieurs aujourd'hui enseignants à l'université, la communauté trouve opportun ce projet. Mais jusque là, la volonté politique nationale et internationale traine le pas. De l'autre côté, l'entrée des éleveurs dans la forêt est décriée, certes à juste titre. Juste une idée pour éclaircir un vécu. "Il vaut mieux vivre avec le péril coton, que de le combattre". c'est le ressentissemnt que m'ont laissé les éleveurs peuls de la région de Banikoara au Nord du Bénin. En effet ces derniers recherchent même dans la forêt les terres pour cultiver d'abord le coton, ensuite les céréales et enfin les terres de parcours pour leurs troupeaux. Ces éleveurs ayant compris que l'agriculture ne laisse plus de place aux pâturages et ont adopté un mode gestion complexe du territoire pastoral qui comporte entre autres une rotation de pâture sur les parcours, une rotation entre les champs et les plages de graminées et enfin une gestion par le feu et un pâturage intense. Quelle place alors pour les prairies cultivées dans ce mode de gestion? Il est temps qu'il y ait un vrai dialogue entre les éleveurs et le monde chercheurs-développeurs pour vraiment sauvegarder, puis conserver ce qui restera. Djenontin jonas Centre de recherches agricoles Nord Ina BP 789 Parakou Bénin. ===================================================================================== 17- Contribution de Guy Apollinaire MENSAH (Elevage d'Aulacodes au Benin) - 04 Novembre 2004 Bonjour, Vous trouverez ci-dessous la contribution de Guy Apollinaire MENSAH qui nous fait part de la situation au Benin de l'élevage d'aulacodes, une des « succes story » du développement d'élevages non conventionnels. Il développe notamment le rôle de l'élevage d'aulacodes dans la réduction de la pauvreté (chiffre d'affaires annuel de 500.000 francs CFA pouvant aller jusqu'à 4.000.000 de francs CFA) et dans la conservation, la viande d'aulacode se substituant en effet à la consommation de la viande de brousse. Cette contribution m'amène à revenir sur le développement des « conservancies » en Afrique australe où les éleveurs sont passés de la production de bétail à celle de la faune sauvage (car plus rentable et à moindre risque). Qu'elle est son applicabilité (en tenant compte notamment de la logique des acteurs) en Afrique de l'Ouest ? Cordialement, Le modérateur, Vincent Castel ---------------------------------------- Bonjour, Je saisis l'opportunité de cette conférence pour vous faire part de réflexions personnelles sur la thématique en question. Alors veuillez trouver en fichier attaché ma contribution "Elevage d'aulacodes (aulacodiculture) en captivité étroite en Afrique au Sud du Sahara : Un exemple d'élevage de gibier et d'exploitation rationnelle de la faune sauvage tropicale" aux débats qui se sont orientés spontanément vers la thématique de la viande de brousse. Ce sont des enjeux alimentaires et environnementaux au sein des préoccupations de la FAO et des mordus de l'exploitation rationnelle de la faune sauvage et des ressources forestières alimentaires en général. Je voudrais seulement rappeler ceci à tous mes collègues, confrères et conférenciers sur le thème LEAD-Faune: Les projets d'élevage de gibier ne sont pas des projets rentables dans l'immédiat mais plutôt budgétivores. Cependant, à long terme, ils débouchent sur des actions de développement économiquement durables comme l'illustre déjà l'aulacodiculture à travers la panoplie des projets de développement financés par le FIDA, la GTZ, la FAO, l'Union Européenne, la Banque Mondiale, les Pays Bas, le Danemark, le Japon, l'ACCT, l'AGCD, l'USAID, le Canada, les Peace Corps, les ONGs internationales, etc., qui comportent tous dans leurs activités un volet d'appui à la promotion et au développement de l'aulacodiculture dans divers pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée Equatoriale, Nigeria, Sénégal, Togo, etc.). Voilà l'essentiel en attendant vos réactions. Je profite de l'occasion pour dire un grand bravo et délivrer un satisfécit au modérateur Dr. Castel Vincent. Télécharger le document (Elevage d'aulacodes (aulacodiculture) en captivité étroite en Afrique au Sud du Sahara : Un exemple d'élevage de gibier et d'exploitation rationnelle de la faune sauvage tropicale; G. A. MENSAH ) G. A. MENSAH ===================================================================================== 18- Suite de la contribution de M. Rosales (services environnementaux) - 04 Novembre 2004 Bonjour, Bien que la conférence soit en français il me semblait important, de vous informer de la publication de l'ouvrage « Paying for Biodiversity Conservation Services in Agricultural Landscapes » dont Mauricio Rosales (auteur du premier message sur les services environnementaux) est un des co-auteurs. Vous trouverez ci-dessous l'introduction au document qui est disponible au téléchargement aux deux adresses suivantes : Version Pdf ftp://ftp.fao.org/docrep/nonfao/lead/x6154e/x6154e00.pdf Version Html http://www.fao.org/WAIRDOCS/LEAD/x6154e/x6154e00.htm Je présente mes excuses auprès des non anglophones, Cordialement, Vincent Castel -------------------------- Paying for Biodiversity Conservation Services in Agricultural Landscapes By Stefano Pagiola, Paola Agostini, José Gobbi, Cees de Haan, Muhammad Ibrahim, Enrique Murgueitio, Elías Ramírez, Mauricio Rosales y Juan Pablo Ruíz As natural habitats have come to be increasingly restricted and degraded, increasing attention has been paid to conserving biodiversity in agricultural landscapes. This can be both an end in itself, driven by the realization that agricultural landscapes can have high levels of biodiversity, and a means of complementing conservation in protected areas. Classical approaches to conservation, attempting to preserve pristine habitats within protected areas, are necessary but insufficient in the face of growing pressure on land. Efforts to enhance biodiversity in agricultural landscapes need to consider the incentives faced by individual land users, who decide what practices to use on their land, generally without considering what biodiversity benefits different land use practices may have. When biodiversity-friendly agricultural practices are the most profitable, there is a happy convergence of private and social interests. But biodiversity-friendly agricultural practices are not necessarily the most profitable from the perspective of individual land users. In some cases, the profitability of biodiversity-friendly practices can be boosted by inducing consumers to pay a premium for their outputs, as in the case of shade-grown coffee. But this approach requires complex certification schemes and is not always feasible. A further approach, which has received increasing attention in recent years, is to provide direct payments for the provision of biodiversity services. From the land users' perspective, the biodiversity conservation and carbon sequestration benefits are externalities. As such, they do not take them into consideration in making their land use decisions, thus reducing the likelihood that they will adopt practices that generate such benefits. Recognition of this problem and of the failure of past approaches to dealing with it has led to efforts to develop systems in which land users are paid for the environmental services they generate, thus aligning their incentives with those of society as a whole. The simple logic of Payments for Environmental Services is that compensating land users for the environmental services a given land use provides makes them more likely to choose that land use rather than another. Cattle production has long been associated with deforestation in Latin America , and as such has been an important cause of the loss of natural habitat and biodiversity in the region. Encouraged by an ill policy framework, conventional ranching practices have resulted on the conversion of forest areas to pastures, with a subsequent degradation of pasture areas in a time span of few years. Silvopastoral systems, which combine trees with pasture, offer an alternative to prevalent cattle production systems in Latin America . They provide a deeply rooting, perennial vegetation which is persistently growing and has a dense but uneven canopy. Adoption of improved silvopastoral practices in degraded pasture areas is thought to provide valuable local and global environmental benefits, including biodiversity conservation, However, these practices are insufficiently attractive to individual land users for them to adopt them spontaneously, particularly due to their high initial costs. The regional project Integrated Silvo-Pastoral Approaches to Ecosystem Management, which is being implemented with financing from the Global Environment Facility (GEF) and the Livestock, Environment and Development LEAD Intiative; is piloting the use of payments for environmental services as a means of generating biodiversity conservation and carbon sequestration services in watersheds at three sites in Colombia, Costa Rica, and Nicaragua. The project is testing the use of the payment-for-service mechanism to encourage the adoption of silvopastoral practices and for this has created a mechanism that pays land users for the global environmental services they are generating, so that the additional income stream makes the proposed practices privately profitable. Designing the mechanism required addressing issues such as: 1. measuring the actual amount of environmental services being provided, so that appropriate payments can be made; 2. providing payments in a way that resulted in the desired change in land use; and 3. avoiding the creation of perverse incentives (for example, for land users to cut down existing trees so as to qualify for additional payments for tree planting). The project also includes extensive monitoring of the effectiveness of this mechanism in stimulating adoption of the proposed measures and of the resulting impact on environmental services and on household welfare. These features, together with the three-country approach, will provide in the coming years a very rich dataset for testing the use of contract mechanisms for biodiversity conservation. The paper Paying for Biodiversity Conservation Services in Agricultural Landscapes describes the contract mechanism; the benefits of the silvopastoral practices and the barriers to adoption; the monitoring of the services and; examines a number of key questions for assessing the success and replication of the selected approach developed for the project. ===================================================================================== 19- Contribution de S. Etopépé (Réaction au message de B.Toutain) - 05 Novembre 2004 Bonjour, Vous trouverez ci-dessous la participation de Mr S. Etotépé en réaction au message de Bernard Toutain. Cordialement, Le modérateur, Vincent Castel ------------------------ Bonjour à tous, J'aimerais aborder certains points soulevés par des participants. Je ne prends pas en compte les messages de ce jour car je ne les ai pas encore lu. D'abord je suis totalement d'avis qu'il faut, en parlant de valeur de la biodiversité, toujours prendre en compte l'aspect social et culturel qui est difficilement quantifiables. L'intervention de B. Toutain a soulevé quelques réactions à mon niveau. Quand il a remarqué que le fait que les animaux chassés étaient attribués aux villageois qui vendaient la viande, il a ajouté que cela soulevait quelqu'un questions. J'aimerais bien savoir lesquelles. Personnellement, quand j'ai pris connaissance de cette façon de faire, cela m'a un peu choqué. Je me demandais si c'était réellement une façon de partager les bénéfices issus de la conservation avec les populations. Mais je crois maintenant que c'est un bon moyen, car peut-on par exemple partager la viande d'un bubale entre les habitants d'un village de 200 habitants? Je pense que la sensibilisation des populations est très importante et doit continuer. Evidemment, on peut essayer de partager au maximum les bénéfices de la conservation (revenus de la chasse et du tourisme) avec elles, comme cela se fait par exemple au Bénin entre l'administration des parcs et les AVIGREF (associations villageoises). Néanmoins, la conservation n'étant pas une activité rentable de nature, il faut mettre l'accent dans la sensibilisation que les populations ne doivent pas la faire que pour les bénéfices économiques. Les ressources biologiques jouent des rôles très importants autres que biologiques qu'il faut expliquer. A part cela, je pense qu'on peut essayer de promouvoir le tourisme dans les pays d'Afrique de l'Ouest. Plus de tourisme implique plus de bénéfices pour les populations et donc plus d'intérêt à conserver. Mais il demeure une inquiétude. Les éleveurs auxquelles nous nous intéressons sont en général peu intégrés aux sociétés riveraines des aires protégées dont j'ai l'expérience. Est-ce le cas partout? Si c'est le cas, cela signifie qu'il faudra en tenir particulièrement compte dans le partage des bénéfices issus de la conservation. E.S. ===================================================================================== 20- Contribution de Papa Assane Diop (rôle de la valorisation des ressources fauniques) - 05 Novembre 2004 Bonjour à tous, Vous trouverez ci-dessous la contribution de Papa Assane Diop sur le rôle que représente la valorisation de la ressource faunique dans la lutte contre de la pauvreté. Il précise dans son message introductif le rôle potentiel que représentent les ressources fauniques pour les éleveurs en tant que ressources complémentaires et renote l'intérêt présenté par le ranching. Le modérateur, Vincent Castel Le document sera disponible dans sa version originale à l'adresse : http://www.virtualcentre.org/fr/ele/econf_02_faune/download.htm Télécharger le document --------------------------------------------------------------- Bonjour à Tous, J'avais des problèmes avec mon ordinateur ces jours-ci, c'est pourquoi je ne pouvais pas participer aux débats. Je vous fais parvenir ma contribution intitulée : Contribution de la Faune à la lutte contre le Pauvreté... ... La viande de brousse ...Pour une Gestion Durable de la ressource.. Avec un exemple : Cas du sénégal » En ce qui concerne le rôle du gibier pour les éleveurs, je dirai simplement qu'il y a une complémentarité en ce sens que le gibier peut être effectivement complémentaire du bétail par l'apport de proteine animale ou bien par les revenus (vente de produits ou sous-produits de gibier, médecine tradfitionnelle etc.). Egalement, certains animaux sauvages peuvent être elevés en captivité (le ranching) en milieu rural par les éléveurs. Ce qui peut permettre moins de pression sur le bétail pour la subsistance. Il faut noter aussi que le pâturage du bétail peut améliorer la diversité végétale dans les zones abritant en général la faune sauvage ce qui permet son déveleoppement. Ainsi, l'élevage et la faune cohabite en général parce que simplement partageant les mêmes espaces. Le gibier en tant que proie est une ressource essentielle , mais le gibier en tant que prédateur ou déprédaterur est une menace et ou source de zoonose pour éleveur/agriculteur. Papa Alassane DIOP Dakar - Sénégal ================================================ LA VIANDE DE BROUSSE . . . . . . POUR UNE GESTION DURABLE DE LA RESSOURCE SOMMAIRE I. INTRODUCTION II. FORMES DE VALORISATION ET DE CONTRIBUTION A LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE 2.1 - la cueillette ( la viande de brousse) III. LES CONTRAINTES POUR UN BON DEVELOPPEMENT IV. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS I. INTRODUCTION La production de protéines animales constitue pour, toute nation, un élément fondamental pour le bien être et le développement des populations. Par ailleurs, ladite production garantit et consolide son autonomie ou sa sécurité alimentaire. Mais de nombreuses populations dans le monde ne parviennent pas encore à se procurer seules les ressources alimentaires suffisantes pour leur propre consommation ; ainsi, des alternatives aux sources alimentaires connues sont d'actualité, et méritent une attention particulière. Pendant des millions d'années, l'homme a utilisé la faune, mais ce n'est que récemment Homo sapiens a domestiqué quelques espèces fauniques car au moins 99% se trouvent toujours à l'état sauvage. Quelques facteurs ( la sécheresse, les feux de brousse, la déforestation, le développement et les conflits divers, etc.), surtout dans les savanes ont réduit la production de viande, par les animaux domestiques pour satisfaire les besoins d'une population humaine croissante. Ainsi, la faune sauvage est ciblée et exploitée par la chasse (parfois à outrance) ou par son élevage pour satisfaire les besoins alimentaires, entraînant ainsi la crise du commerce illégal et non durable de la viande de brousse « Bushmeat » qui est la menace la plus significative pour la faune et les populations en Afrique. Cet apport qui est souvent difficile à évaluer en termes monétaires, doit être estimé sérieusement pour sa contribution à la lutte contre la pauvreté qui est actuellement le cheval de bataille des pays en développent. II. LES DIVERSES FORMES DE VALORISATION ET DE CONTRIBUTION A LA LUTTE CONTRE DE LA PAUVRETE 2.1 La cueillette - la viande de brousse - Il y a encore de par le monde des sociétés humaines qui dépendent uniquement de la chasse, de la pêche ou de la cueillette des produits végétaux pour leurs besoins alimentaires, c'est instamment le cas des pygmées rencontrés dans les pays de l'Afrique centrale et une minorité en Afrique de l'Ouest. Donc, si beaucoup de personnes vivent de l'agriculture, une fraction importante tire de la faune l'essentiel de sa ration en protéines animales et de ces revenus. Et dans la zone forestière d'Afrique, selon les pays 50 à 70% de la viande provient du gibier. Diverses études montrent en effet des consommations allant de 0,08 à 0,16 kg par personne par jour en RCA (Delvingt 97), de 0,07 à 0,14- kg par personne et par jour dans le Nord du Congo (Auzel, 1997), de 0,02 à 0,2 kg par personne par jour dans le Sud-Ouest du Cameroon (Koppert et al. 1996) ou de 0,094 à 0,24 kg par personne et par jour. La valeur de ces produits (trophées et viande) commercialisés presque sur les marchés urbains de grandes villes représente des dizaines de millions de francs CFA par an qui contribue considérablement au PIB. En Afrique de l'Ouest où le gibier est devenu rare, le prix de la viande de brousse est le double de celui de la viande d'animaux domestiques : Au Sénégal Le Sénégal couvre une superficie de 196.722 Km² dont 40% (11.934.663 ha) sont érigés en aires protégées ( 6parcs nationaux, 3 réserves de faune, 8 réserves de chasse, 20 réserves sylvo pastorales et 213 forêts classées - MEPN - 1993 . Les zones amodiées de chasse sont 67 pour une superficie de 2.505.857 Ha (DEFCCS - 2003 -). Comme les autres pays de la sous région, la problématique de la viande de brousse commence à se poser même si cette tradition de consommateurs de cet aliment n'y est pas très développée. Les habitudes alimentaires dans 7 régions sur 11 (Tambacounda, Ziguinchor, Saint-Louis, Kaolack, Fatick, Kolda et Matam), le développement des réseaux de trafic et de commerce illicite et surtout la pauvreté, sont d'autant de facteurs qui ne cessent d'aggraver cette situation. Entre 1960 et 1980, la viande de brousse était exploitée clandestinement, exclusivement à des fins d'auto consommation pour l 'apport de protéines animales, à l'exception de l'éléphant chassé pour l'ivoire. En début des années 1980, elle a trouvé une autre considération (en plus des protéines animales) à savoir une source sûre de revenus financiers pour les populations, ceci suite à une forte demande exprimée par les grands centres urbains et certains pays limitrophes. Au Sénégal, pour la saison cynégétique 2003, 2.724 chasseurs dont 2.386 touristes ont été enregistrés pour 115.316 pièces abattues dont : - Gibier d'eau (canards /avifaune etc.) = 4.232 - Petits gibiers (lièvres/ phacochère etc. ) = 111.084 - Grand gibier (bovidés :céphalophes, bubale, ourébi, guib harnaché, redunca, ant. chev). = 21 NB : Depuis bientôt 10 ans, la moyenne annuelle des tendances statistiques varie autour de ces chiffres. L'estimation de production de biomasse animale de l'ensemble des zones de chasse en tenant compte des espèces effectivement abattues est de 1,152 Kg/an/km² (PAD - 2003). Seuls les non musulmans qui représentent 10% de la population sont intéressés par la viande de brousse la religion musulmane n'autorisant que la consommation de la viande des bovidés, du lapin et de l'avifaune. Le prix de la viande brousse vendue clandestinement, est de 3.600 F (la commercialisation de cette viande, même provenant de la chasse régulière est interdite). La quantité de viande obtenue régulièrement par saison de chasse est estimée à 28T 922 (espèces non protégées : divers bovidés, phacochères et lièvres sans compter l'avifaune). Elle est consommée par les chasseurs ou offerte gracieusement aux populations des zones de chasse dont la majeure partie obtient, sur la faune ses protéines animales (0,02kg/jour et par personne). Mais à la périphérie de certains parcs nationaux ( exemple : Parc National du Niokolo Koba et de la Basse Casamance) zones habitées par des non musulmans pour la majeur partie (Bassari, Bedick, Mandjack, Diola etc.) la consommation de la viande de brousse est quasi permanente toute l'année et les espèces comme le phacochère, les singes, le guib harnaché, les céphalophes et le lièvre sont les plus ciblées. Par exemple à la limite Sud-Ouest du Parc National du Niokolo Koba dans le département de Kédougou, 83% des ménages et 89% des individus vivent en dessous du seuil de la pauvreté (Doc.PGIES -2000). Ainsi, parmi les alternatives qui s'offrent pour la survie dans ce milieu, il y a le braconnage comme activité principale et l'utilisation de la viande de brousse comme ressource alimentaire, 0,09 kg/jour et par personne. Les consommations de viande de brousse varient énormément d'une zone à une autre, en fonction des habitudes culinaires, de la religion, de la disponibilité de la ressource et des moyens mis en oeuvre pour se l'approprier. Le produit de la chasse frauduleuse, chiffré à 31 T / an, est consommé ou vendu suivant des filières clandestines sur place et au niveau des pays limitrophes, ce qui représente 11 % de la viande consommée (PAD, 2001). Cette estimation de consommation des produits de la chasse réalisée il est vrai sur 03 ans, montre bien à quel point l'utilisation de la viande de chasse est importante et commence à prendre de l'ampleur. L'accroissement démographique, le développement des d'infrastructures, l'introduction d'armes performantes, le braconnage, la misère et l'exploitation forestière ont malheureusement, presque partout, rompu l'équilibre « chasseurs (consommateurs) - proies ». L'exploitation forestière, par exemple, mène globalement à un changement de l'abondance relative des différentes espèces au sein du peuplement animal (Johns 1987). En effet, l'exploitation de la faune organisée et systématique sans planification d'une part, et l'ouverture des zones boisées d'autre part, conduit à une réduction dramatique des densités animales. Dans les zones d'exploitations, certaines espèces très prisées de chasseurs peuvent être favorisées et voir leur densité s'accroître (Frumhoff 1995), c'est le cas de certains céphalophes et suidés mais surtout de rongeurs dont les populations se développent avec l'augmentation des surfaces agricoles. Dans certaines régions d'Afrique où l'élevage n'est que peu développé, il est semble -t-il difficile de compenser un prélèvement non durable sur la faune sauvage par la seule production de l'élevage traditionnel resté d'ailleurs au stade embryonnaire. On peut selon les interventions distinguer plusieurs formes d'exploitation de la faune pour la viande : le cropping, le ranching , le farming. 3 LES CONTRAINTES POUR UN BON DEVELOPPEMENT : Beaucoup de pays africains ont des potentialités fauniques, mais sont limités pour une bonne exploitation rentable et durable à cause de plusieurs raisons : * manque de cadres en matières d'aménagement faunique ; * insuffisance de formations des populations sur la conservation et la protection des animaux sauvages ; * manque de mesures d'accompagnement (activités alternatives de revenus/ élevage de petits gibiers * législation inadéquate ; * absence de stratégie nationale sur la biodiversité ; * insuffisance d'aires protégées. 4 CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS La meilleure manière d'assurer la protection de la nature (concilier mieux les intérêts du protecteur et de l'économiste) consiste, à l'époque actuelle, en une exploitation rationnelle de ses ressources ; un juste revenu incite l'homme au maintien de Communautés naturelles qu'il aurait eu, autrement, tendance à exploiter sans réserve pour subvenir à ses besoins vitaux. Les pressions internationales en faveur d'une meilleure gestion de la faune, rejoignent les préoccupations locales actuelles concernant les mesures qui peuvent être mises en place pour assurer le contrôle de l'exploitation anarchique. Les différents acteurs concernés par la mise en oeuvre de ces mesures, dont il convient de préciser les domaines de responsabilité et les capacités, sont également interpellés. Certaines recommandations peuvent avoir des répercussions sociales, ce qui nécessite de proposer des mesures d'accompagnement et éventuellement une assistance technique pour leur mise en place. Les Concepts de réserves naturelles communautaires, de forêts communautaires, de réserves marines communautaires prévoient une plus grande implication des populations dans la protection et un usage durable des ressources naturelles. Ces catégories d'aires protégées représentent également une avancée en ce qu'elles permettent d'aborder d'autres thématiques incluant la cogestion et la gestion participative entre les différentes zones, ce qui est un préalable si l'on envisage une gestion durable de la faune. Enfin, les solutions à la mauvaise gestion de la ressource faunique devraient provenir d'une vision critique collective des réalités actuelles, qui sont à l'origine de la crise décriée aujourd'hui. Refuser de mettre à nu toutes les mauvaises pratiques actuelles en matières d'exploitation de la faune dans nos pays, atténuer la pression sur la faune et enclencher un processus d'un développement durable ne seraient qu'une utopie, et que tous les efforts déployés aujourd'hui ne seront que vains. BIBLIOGRAPHIE B.B.Séca: Revue Flamboyant - Environnement 1991. Code de la Chasse et de la Protection e la Nature/ Sénégal Liste des espèces protégées. Dr. Chris Wanzie : Développement des alternatives à la viande de brousse 2003/page 2. Delvingt,W : La chasse villageoise/ 1997. Jean Dorst : La Nature dénaturée 1970 / page 170. Koppert & al. : L'alimentation en forêt tropicale. Interactions bio culturelles et perspectives de développement. Unesco, MAB. Paris 493. Philippe Auzel & Jean François Pajot: Réflexion pour une action en faveur de la gestion de la faune 1999/page 72. Papa A. Diop : Faune et Développement 1997/ page 10. Papa A. Diop : L'Impact du Barrage Diama (Sénégal) en Aval sur l'Ecosystème 1988 / page 55. Stratégie Nationale et Plan National d'Actions / Biodiversité / Sénégal /page 1 et 52. ===================================================================================== 21- Contribution de Mr Khamada Baye Bonjour, Vous trouverez ci-dessous la contribution de Mr Khamada Baye qui nous présente la sitution de la cohabitation entre la faune sauvage et les éleveurs au Niger. Il conclut son intervention en nous proposant quelques perspectives pour les éleveurs en vue de la valorisation de ces ressources. Il insiste pour finir sur l'importance de la sensibilisation et de l'implication des populations dans la gestion de la biodiversité. Le modérateur, Vincent Castel ---------------------------------------------------------------- L'élevage constitue la seconde activité agricole au Niger. Ce secteur s'est adapté aux conditions de sécheresse récurrentes par une modification notable de la composition des troupeaux et un transfert des effectifs de la zone pastorale vers les régions méridionales agricoles. Au Niger dont le type d'élevage le plus courant est l'élevage extensif, l'effectif du cheptel est estimé à plus de 7 millions d'UBT repartis entre les bovins, les ovins, les caprins, les camelins, les asins et les équins. Cet élevage cohabite avec une faune sauvage dont l'effectif et la répartition dans l'espace sont mal connus. En 2001, les productions agro-sylvo-pastorales représentent 41% du Produit intérieur brut et dont l'élevage contribue pour 10%. Par rapport aux exportations, les produits agro-sylvo-pastoraux, représentent 39% des recettes totales, soit 88% des recettes hors Uranium. Parmi eux, les produits de l'élevage se placent au premier rang avec 22% des exportations ( Animaux sur pied). Le système pastoral au Niger exploite un immense espace faiblement productif par la mobilité des troupeaux et de la faune sauvage. La production fourragère globale de la zone pastorale laisse une marge important en terme de l'accroissement de la charge animale ( faune et troupeaux). La cohabitation entre la faune sauvage et les éleveurs constitue un facteur d'équilibre de l'écosystème de la zone. Ce système de vie très ancien conserve encore aujourd'hui ses valeurs, base de la pérennisation et de protection naturelle de la faune sauvage. Le changement d'approche pourrait contribuer à la détérioration de l'équilibre écologique dont la restauration et la stabilisation seront difficiles à réalisées. Certes, il y a beaucoup de perturbations liées à des sécheresses récurrentes, à la modernisation des systèmes de productions pastorales et de l'exploitation de la faune sauvage, mais l'internationalisation de la chasse dans les zones traditionnelles d'habitation de la faune sauvage et des éleveurs compliquent d'avantage la cohabitation entre eux et tend à devenir plutôt une compétition qui sera sans doute nuisible et au détriment de la faune sauvage. En effet, on assiste aujourd'hui au Niger, à une sorte de chasse pratiquée par des privilégiés venus même de loin ( principes arabes notamment), qui pille les ressources fauniques. Cette pratique mafieuse pourrait amener à vouloir changer d'approche au détriment de la cohabitation historique entre la faune et les éleveurs. Perspectives pour les éleveurs En vue de valoriser les ressources et po ur une meilleure gestion de celle-ci, les actions suivantes doivent être menées : - aménagement de la faune par l'identification des zones d'intérêt cynégétiques; - lutte contre les feux de brousse par la réalisation des pare- feux et la sensibilisation des populations des zones névralgiques; - lutte conte l'exploitation frauduleuses des ressources de la biosphère par la délimitation des zones et l'identification des espèces de chasse. - amélioration des connaissances sur les interactions entre l'homme et la biosphère ; - application stricte et la vulgarisation des textes juridiques et réglementaire notamment ceux relatif à la chasse ( Au Niger une loi fixant le régime de la chasse a été adoptée en 1998 et dont l'application tarde à venir). Ces actions ne seront bénéfiques à la cohabitation entre la faune sauvage et les éleveurs que si ces derniers sont sensibilisés et conscientisés sur les problèmes de leur milieu. Les autorités administratives et coutumières, les organisations professionnelles des éleveurs, les éleveurs eux mêmes doivent être les principaux acteurs de gestion et de l'éducation environnementales, comme le stipule le 12éme principe directeur de la convention mondiale pour la conservation de la diversité biologique. Khamada Baye Ingénieur des Techniques Agricoles Ministère de l'hydraulique, de l'environnement et de La lutte contre la désertification Direction des études et de la programmation ===================================================================================== 22- Contribution de Mr Mamadou Lamine DIA -08 Novembre 2004 C'est dommage que dans quelques heures je serai absent et probablement, je serai dans une zone où je n'aurais pas accès à Internet ou très pris (il s'agit d'une rencontre à Banjul, Gambie) pour ne pas pouvoir régir. Néanmoins, je vous fais part qu'en Mauritanie, nous avons un peuplade qu'on appelle les Nimadi (les téléspectateurs de TV5 ont certainement apprécié ce film qui leu a été consacré), qui ne vivent que de la chasse avec leurs chiens avec des fusils d'un autre âge. C'est vra is gestionnaires des ressources faunistiques. Pas de prélèvement de jeunes femelles alitant. Bonne suite à à bientôt pourquoi pas Dr DIA ===================================================================================== 23- Contribution d'Urbain BELEMSOBGO (réaction au message de Marie Noel de Visscher ) - 08 Novembre 2004 Bonjour, Vous trouverez ci-dessous la contribution d'Urbain BELEMSOBGO en réaction au message de Marie Noel De Visscher. Dans son message il revient sur les différentes approches qui n'ont pas réussi à atténuer les conflits. Il renote de plus l'importante valeur que représente la faune pour les éleveurs. Il conclut son intervention en proposant une approche et pose un certain nombre de questions que je vous invite à débattre. Très Cordialement, Le modérateur Vincent Castel -------------------------------------------------------- Bonjour, "Cohabitation ou compétition entre la faune sauvage et les éleveurs... Où en est on aujourd'hui ?" D'accord pour recentrer le débat autour de cette problématique mais reconnaissons néanmoins que ce thème esu une partie indissociable d'un "TOUT". Il s'agit de la problématique du développement durable dans nos pays. Pour en revenir donc au thème, je reconnais que les aires de conservation de la faune ont été créées en Afrique de l'Ouest à la faveur du décret du 4 juillet 1935 et que la convention africiane de 1968 récemment relue à Maputo en 2003, stipulait par exemple que les réserves et les parcs nationaux sont "des aires mises à part" pour premettre le libre jeu des facteurs écologiques essentiels. Créées souvent sur de vastes étendues conformément à la logique "écologiste" et dans les bassins hydrographiques des principales rivières des pays, les structures de gestion de ces entités dites 'classées" ont été souvent inexistantes donnant ainsi l'impression de "terres vacantes" dont le maître n'a aucun moyen de contrôler et de maitriser la gestion. La mobilité ressources-dépendente, stratégie d'adaptation des éleveurs sahéliens, a permis aux bouviers d'être orientés vers ces zones puis ensuite les agriculteurs les ont progressivement grignoté engendrant des conflits parfois meurtiers. Plusieurs approches de solutions ont été adoptées telles que l'aménagement du territoire, les approches de développement rural intégré, de gestion des terroirs, de développement local, de gestion partenarial, de gestion décentralisée et que sais-je encore mais les conflits persistent et s'intensifient. La valeur de la faune n'est cependant pas virtuelle pour les éleveurs. Elle est une réalité de tous les jours. A titre d'être exemple, la moblité ressources -dépendente est fondée sur l'information sur les ressources. Or la faune fait partie des importantes sources d'informations mises à profit par les éleveurs (migration saisonnière d'espèces fauniques, présence d'oiseaux et de mammifères inféodées à des zones humides, hôtes de tiques etc...). Alors quelques questionnements: - peut on aujourd'hui avoir une vision cadastrale des espaces-ressources qui s'excluent mutuellement comme tentent de le faire certains projets et programmes dans le cadre de l'aménagement du territoir (zone d'habitation, de zone de production agro-pastorale, zone de conservation)? - La stratégie de mobilité ressources - dépendente des éleveurs est - elle une logique d'adaptation adaptée aux écosystèmes soudano-sahéliens? - Peut on protéger efficacement et durablement la faune dans des "ilots" pardon "noyaux de conservation" entourés de zones tampons ou de zone de transition? A mon humble avis, il n' y a pas de solutions miracles. Il semble possible de développer en fonction des contextes, une approche qui pourrait être bâtie sur les éléménts: - complémentarité des systèmes de productions; - développement de la culture de concertation et de dialogues permanents; - mise en oeuvre de mécanismes de négociations et de médiation permanents; - mise en oeuvre de mécansimes transparents et équitables dans le règlement des litiges. - mise en exergue des valeurs et savoirs locaux dans la recherche de solutions durables. C'est ce que nous avons tenté de faire dans la zone de la Comoé-Léraba à l'Ouest du Burkina Faso en collaboration avec le CIRDES. Je laisse le débat se porsuivre et promets d'exposer par la suite cette petite exépérience à l'échelle locale. Urbain BELEMSOBGO ===================================================================================== 24- Contibution de Tchouaffé Norbert (Services environnementaux) - 08 Novembre 2004 Bonjour, Voici la contribution en Anglais de Tchouaffé Norbert en réponse aux messages sur les services environnementaux. Il apprécie l'angle d'approche de ce concept qui s'attaque à la fois à la lutte contre la pauvreté et à la conservation de la biodiversité. Les causes de la pauvreté africaine qui ont aussi un impact sur la biodiversité sont pour l'auteur : - la croissance rapide de la population - le faible niveau d'éducation (académique et professionnelle) - l'inadéquation entre la production et la consommation - la dégradation environnementale - l'exode rural - le faible niveau d'intrant - la dépendance économique Ces problèmes doivent selon l'auteur être résolus afin de pouvoir protéger la biodiversité. L'auteur est impliqué dans la lutte contre l'utilisation du brûlage dirigé, utilisé par l'agriculture et comme outil pour la chasse. Il travaille sur l'utilisation d'alternatives avec un double objectif: lutte contre la pauvreté par l'augmentation des productions; utilisation de techniques en faveur de l'environnement. Il teste actuellement l'utilisation d'un compost à partir des rejets de bois qui permet de plus la production de champignons. Très cordialement, Le modérateur. Vincent Castel ------------------------------------------------------- Dear participants, Base on the proposal "Paying for Biodiversity Conservation Services in Agricultural Landscapes" I delighted to share my point of view with".First of all I do appreciate the global proposal, hoping that this issue will enable us to tackle the great challenges which are both the poverty alleviation and the biodiversit y conservation.Actually the African poverty causes which also have crutial consequences on biodiversity are mostly : - the rapid population growth; - the low level of education and professional training; - l'inadequation between their production and consumption; - environmental degradation; - low level of input; - rural exodus; - economic dependancy; In my opinion we ought to solve the above factors if we want to maintain our biodiversity. As far as I am concerned , I am involved in fire looms alleviation in th buffer zone of Yaounde ( Cameroon )since 1999 .Why? Fire was employed in shifting agriculture for clearing and fertilizing the soil and as aid for hunting.Besides in forest it was used to remove unwanted biomass and as consequence it endangered environment biodiversities. So In order to minimize it averse-impacts through my field work , I have suggested some measures to solve both the environmental issue and a prospect of solutions of Farmers poverty. To contribute to the the sustainable agriculture ,knowing that the ever-growing desire of farmer is to increase his production and his income, I come up with the wood refuses compost which will enhance soil fertility and give possibility to mushroom production (sources of income).This is the purpose of my current research thesis project which is titled "Improving soil fertility and prospects for reforestation in equatorial cameroon: A case study in the yaounde buffer zone". For more informations, I am looking forward to hear from you. Have nice week end. Tchouaffé Norbert Agricultural Engineer, ACADER(NGO) BOx.876 Yaounde , Cameroon ===================================================================================== 25- Contribution de OUEDRAOGO Léonard (Elevage d'Aulacode) - 08 Novembre 2004 Bonjour, Vous trouverez ci-dessous la première contribution (sur deux) de Mr OUEDRAOGO Léonard sur l'Elevage des Aulacodes. Pour résumer briévement cette première intervention, l'auteur pense que l'avenir de la faune repose sur le succès de son exploitation. Il nous propose de plus u n véritable "business plan" poúr l'élevage d'aulacode au Burkina qui aboutirait à des niveaux de revenus, pour l'éleveur, supérieurs au revenu mensuel du fonctionnaire burkinabè de Catégorie A dans la Fonction Publique. Le modérateur, Vincent Castel ------------------------------------ A Monsieur le Modérateur Je voudrais par la présente, réagir sur des contributions de participants, mais aussi alimenter le débats. 1er Contribution : ELEVAGE DES AULACODES - Télécharger le document ===================================================================================== 26- Contribution de Mr Alioune Ba (lisière des forêts classées) - 09 Novembre 2004 Bonjour, Vous trouverez ci-dessous la contribution du Dr Alioune Ba sur l'utilisation de la lisière des forêts classées par l'élevage en s'appuyant sur l'exemple du Sénégal. Ce message ne contient pas les cartes et les tableaux du document. Il sera disponible dans son intégralité sur le site de la conférence (www.virtualcentre.org). L'auteur nous présente dans un premier temps la complexité de la notion d'interface souvent perçue différemment suivant les acteurs et le grignotage progressif de cette interface par les activités humaines. Il explore ensuite la problématique qui existe entre protection de l'environnement et enjeux pastoraux dont il souligne le rôle dans la protection des lisières. Dans le cadre du Théme 1 de la conférence il explore notamment les mesu