Document d'introduction du thème
Le mot pastoralisme, faut-il le rappeler, récapitule les formes variées d'élevage extensif qui exploitent les ressources fourragères offertes par la nature dans les vastes étendues où la végétation est restée ou devenue spontanée et que l'on désigne sous le nom de terres de parcours. Le pastoralisme est presque toujours associé à la mobilité du bétail, qu'il s'agisse de nomadisme, sans trajet ni rythme bien défini, ou de transhumance lorsque les déplacements sont saisonniers et suivent des voies plus régulières. On précise parfois que l'élevage est semi-transhumant lorsqu'une partie seulement du bétail et de la famille se déplace en transhumance tandis que l'autre demeure dans le terroir d'attache. Le pastoralisme est indissociable des grands espaces. Le bétail, tout ou partie de l'année, ne vit que de l'herbe qu'il broute.
Avec le pastoralisme, on aborde à la fois les questions d'élevage, les fonctions alimentaires ou économiques et la vie des éleveurs. L'élevage pastoral est en même temps un système de production et un mode de vie, une activité économique, un statut social et une forme d'expression culturelle.
Le pastoralisme est aussi très proche de la nature. Il s'intègre depuis la nuit des temps dans le fonctionnement des écosystèmes naturels. Moins productif que l'agriculture, il a maintenant reculé devant l'extension des champs mais s'est maintenu dans les régions soumises à de fortes contraintes environnementales ou à l'écart des régions très habitées. C'est pourquoi il concerne toujours d'immenses territoires.
IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Les pasteurs et leurs pratiques ont été souvent, et depuis longtemps, décriés en raison non seulement des nuisances ou les dégâts que peuvent créer les animaux au cours de leurs déplacements, ou encore à cause des craintes que suscitent des populations mobiles, mais aussi pour les dégradations produites par les troupeaux sur les écosystèmes. Le pastoralisme a longtemps été considéré comme peu efficace et peu rationnel. On l'a cru hérité de traditions primitives et donc voué à disparaître devant le développement de modèles plus intensifs. Or il s'est maintenu en dépit de toutes les modernisations ou peut-être grâce à elles, il a traversé de rudes crises climatiques sans disparaître et, à l'examen, on a compris son extrême souplesse et sa capacité d'adaptation aux changements. On a également pu évaluer l'efficacité avec laquelle il valorise les grands espaces semi-arides. Les élevages pastoraux d'aujourd'hui sont donc bien contemporains et collent aux réalités actuelles, même si le pas des bergers n'a pas changé depuis la domestication du bétail.
DIFFICULTES DU PASTORALISME
Malgré son aptitude à survivre, le pastoralisme traverse presque
partout une crise grave. De multiples entraves s'exercent maintenant et obligent
les pasteurs à revoir leurs pratiques d'élevage et à diversifier
leurs ressources. La plus importante est certainement la réduction de
l'espace pastoral, liée à l'emprise croissante d'activités
non pastorales sur les terres même marginales, peu compatibles avec l'élevage
extensif.
- L'une des causes liée à la démographie est l'extension
de l'agriculture et la multiplication des fronts pionniers, sur les terres de
steppe, de savane ou de prairie, ou encore en zones humides.
- La nécessité d'aménager les aires protégées
pour préserver les espèces animales et végétales
menacées constitue un autre obstacle aux mouvements des troupeaux.
- La croissance du cheptel dans les pays en développement, rarement interrompue,
crée les conditions de surcharge de certains parcours, causes de dégradations
de la végétation et de réduction sévère des
ressources fourragères.
- Les incertitudes et les risques se sont accrus, qu'il s'agisse des conditions
climatiques qui affectent particulièrement les régions semi-arides,
du contexte politique et économique qui privilégie généralement
les productions intensives, de l'instabilité politique qui peut ruiner
des progrès patiemment acquis.
PRENDRE EN COMPTE L'ENVIRONNEMENT
La pérennité du pastoralisme dépend en partie de la durabilité des ressources pastorales et de l'environnement. C'est sur cette condition qu'est centrée cette conférence électronique.
L'enjeu environnemental autour du pastoralisme est multiple :
- Il s'agit d'abord de s'assurer que les ressources pastorales des terres de parcours (disponibilité fourragère, eau d'abreuvement) se renouvellent et perdurent au fil des années tant en quantité qu'en qualité. Autrement dit, les pratiques autour de ces ressources ne doivent pas conduire à des phénomènes de dégradation, ni du sol, ni de la végétation, ni des eaux. On traite dans ce cas de la durabilité écologique des ressources pastorales.
- Il est indispensable aussi que l'espace pastoral conserve une étendue compatible avec les besoins du pastoralisme et avec les enjeux économiques et sociaux attendus de ce système de production. Selon leur statut et leur destination, certaines surfaces sont saisonnièrement ou définitivement fermées au bétail (champs et plantations, forêts, aires protégées, terres privées). L'évolution de l'occupation des sols doit tenir compte des nécessités du pastoralisme : i) grandes étendues, donc pas de fragmentation des parcours, ii) séparation des espaces agricoles et pastoraux pour éviter les risques de dégâts du bétail dans les champs, iii) sécurisation des accès aux points d'eau pour leur usage quotidien, iv) protection des axes de déplacement des troupeaux et des zones alternatives en cas de crise sur les ressources. A ce niveau sont abordées les questions autour de la concurrence et des conflits pour l'utilisation des terres, des droits fonciers et des règles d'accès aux ressources.
- Du fait que les terres de parcours font partie des espaces naturels, le pasteur est non seulement un utilisateur des ressources naturelles mais aussi l'un de leurs gestionnaires. Le bétail contribue à modeler la végétation, facilitant souvent le maintien de milieux ouverts et de tapis herbacés. Le pastoralisme durable participe à la dynamique des écosystèmes et peut rendre des services environnementaux. D'une certaine façon, il s'accommode, et même valorise, la diversité des espèces, de sorte que dans certaines limites, il peut être un allié pour la préservation de la biodiversité. Ces services ne sont pas sans contraintes pour l'élevage, la plus emblématique étant le tribu laissé aux fauves par les troupeaux. Sur ce point, on aborde la question des conditions favorisant l'utilisation des effets positifs du pastoralisme pour l'environnement.
- Etant habituellement relégué dans des régions où les conditions de milieu sont difficiles, le pastoralisme est confronté aux incertitudes qui les caractérisent. Dans les régions soumises à l'aridité, la disponibilité des ressources dépend étroitement des pluies. La variabilité des précipitations d'une année à l'autre à laquelle est soumise la production d'herbe est source d'inquiétude pour le berger et contribue à la précarité du pastoralisme. Plus grave encore est la vulnérabilité de ce type d'élevage aux conditions climatiques extrêmes et exceptionnelles, qu'il s'agisse d'épisodes de sécheresse, ou au contraire d'inondations, de froids excessifs ou d'enneigement inhabituel. D'autres risques s'y ajoutent, qui ont des causes aussi diverses que l'insécurité, les épizooties ou les crises économiques. Cet aspect aborde les dispositifs publics tournés vers le pastoralisme et destinés à sécuriser le système ou à atténuer ou compenser en partie les risques inhérents à cette activité.
INVITATION A LA CONFERENCE ELECTRONIQUE
Toutes celles et tous ceux qui sont concernés par le pastoralisme sont les invités de cette conférence électronique. Sans bouger de votre bureau, et à votre gré, vous pouvez entrer dans le débat qui va s'ouvrir. De façon virtuelle, vous serez membre et artisan de cet atelier de réflexion sur le pastoralisme et l'environnement. Si vous ne faites pas encore partie des inscrits, ne manquez pas de souscrire à la conférence, cette démarche est indispensable pour pouvoir envoyer vos contributions et recevoir sur votre e-mail les contributions des autres membres.
Pour cela, envoyez un e-mail à l'adresse mailserv@mailserv.fao.org,
en laissant " l'objet " en blanc et en écrivant seulement les
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(Par exemple : subscribe LEAD-Pastoral-Econf-L" Eric Dupond, CIRAD, France")
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LEAD: cliquez ici.
Un fois que vous serez inscrit, vous enverrez vos contributions et commentaires
à l'adresse e-mail suivante :
LEAD-Pastoral-Econf-L@mailserv.fao.org
Tous vos messages seront visés par les modérateurs de la conférence
et par le directeur du Centre Virtuel avant d'être envoyés aux
autres participants.
CALENDRIER
La conférence électronique sur le pastoralisme et l'environnement va débuter concrètement le 4 novembre et va se poursuivre jusqu'en janvier 2003.
Quatre étapes et quatre thèmes vous sont proposés :
1-Pastoralisme et aires protégées
Modérateur : Toutain Bernard
Document soumis à discussion introduit le lundi 4/11/02
2- Quelles articulations nouvelles entre espaces pastoraux et agricoles
? Les effets sur les pratiques de l'élevage pastoral
Modérateur : Bourbouze Alain
Document soumis à discussion introduit le vendredi 22/11/02
3- Dégradation et restauration: réhabilitation des parcours
des zones semi-arides et arides . Fiction ou réalité?
Modérateur: Gintzburger Gustave
Document soumis à discussion introduit le vendredi 6/12/02
4- Perception et gestion des risques par les pasteurs: comment améliorer
les conceptions et les interventions d'aide?
Modérateur: Ancey Véronique
Document soumis à discussion le vendredi 10/01/03
Pour introduire chacun de ces thèmes et les questions soumises à discussion par le modérateur, une note de présentation sera envoyée le premier jour aux personnes inscrites. Les débats dureront 2 à 4 semaines (les dates et durées des discussions pourront éventuellement être adaptées en fonction du rythme des discussions) . Une synthèse finale viendra clore les discussions.
Pour toute information complémentaire nous vous invitons à visiter, si vous en avez la possibilité, la plate-forme francophone LEAD (http://www.virtualcentre.org/fr/frame.htm; menu " conférences électroniques ")
Les coordinateurs de la e-conférence :
Bernard Toutain
CIRAD-EMVT Montpellier
Alexandre Ickowicz
PPZS - Dakar