Conférence électronique francophone LEAD Pastoralisme : Evolution du contrôle et de la gestion de l'espace Thème 3 Du 6/12/02 au 24/12/02 DEGRADATION ET RESTAURATION - REHABILITATION DES PARCOURS DES ZONES SEMI-ARIDES ET ARIDES : FICTION OU REALITE ? par Gus Gintzburger (CIRAD-Emvt) La désertification est un sujet abordé, traité et maltraité par toutes les conférences nationales et internationales sur l'environnement. Résultat parfois évident, souvent insidieux de la dégradation du milieu, cette désertification est difficilement appréhendée et vigoureusement médiatisée. L'analyse des causes de la désertification, les causes démographiques, sociales et économiques et sociales sont vigoureusement documentées. Nous avons cependant parfois bien du mal à évaluer le niveau de dégradation des milieux ; Sont-ils vraiment dégradés, par rapport à quoi, à quelle référence, à quel pas de temps (durabilité des systèmes, résilience des milieux ?), à quelle échelle ? En analysant quoi : le sol ( érosion : on connaît ! mais sur l'évolution de l'activité biologique des sols des parcours ... pas beaucoup de travail là dessus ?) , la végétation (on voit tous les résultats ! mais lassé, on a abandonné la mise-à-jour de la cartographie de la végétation ), la faune ( les chasseurs sont bien au courant !), etc ? Et lorsque nous constatons une dégradation du milieu, que doit-on faire ? Rien ? Ou que peut-on faire (laisser-faire le temps, re-semer (avec quelles espèces, qui produit quelle graines ?) les ressources génétiques et la biodiversité dont on parle tant ? est-ce bien utilisé pour les parcours ? et qui le fait réellement? Pourquoi ne produit-on pas de semences pour réhabiliter les parcours en utilisant des espèces locales ? Qu'est ce qui freine la production de ces semences pastorales? Faut-il installer des plantations d'arbustes fourragers (On sait très bien faire. Biologiquement et écologiquement, ça marche très bien si on fait le bon choix de milieu et de matériel végétal!), mais comment gérer ces plantations pour ne pas les détruire en quelques saisons par le pâturage ? (lisez ou relisez " entre les lignes " les témoignages sincères de chefs de tribus en Syrie dans " Agropastoral community experiences with Fodder Shrubs in Syria " par A.R. El-Fkiki (Eneza Tribe), F.A. Ibn-Nouri (Abraz Tribe) & A.M. Ibn-Jassim (Bu Kurdi Tribe) - pp 239-243, dans Gintzburger G., M. Bounejmate & A. Nefzaoui, (eds) 2000. Fodder Shrubs development in Arid and semi-Arid zones, ICARDA Proceedings Hammamet Fodder Shrubs Workshop, 2 vol . / 679 p, ICARDA, Aleppo, Syria) - chargement PDF . Est-ce que l'on tient compte des contraintes intra et inter-communaitaires, du statut des terres de parcours ? As-t-on examiné les perceptions religieuses et autres que se font les communautés pastorales de ces actions externes sur les ressources naturelles des parcours Expérimentalement et à l'échelle d'un système de production, quelle sont les expériences positives, celles qui ont moins bien marchées, où ? et pourquoi (conditions pédo-climatiques favorables, communautés particulièrement sensibles à leur environnement malgré les pressions économiques?). Connaissez-vous des communautés qui ont fait ce pari des plantations d'arbustes fourragers ? Quels résultats ? Est-ce viable ? durable ? Analyse des succès et des échecs (avez-vous des cas précis et documentés ? ref. Biblio. ?). Enfin, qui doit se charger de restaurer ou de réhabiliter ces parcours qui apparaissent à nos yeux, essentiels pour les communautés pastorales (ces actions restauration - réhabilitation des parcours sont-ils essentiels pour eux actuellement - quid de la compétition des cultures de céréales en sec avec les parcours? Pourquoi ne pas autoriser l'orge uniquement dans les zones d'épandage de crue en dessous de l'isohyet 200 mm sur des zones limités par des arbustes fourragers locaux résistant au (sur-)pâturage (Atriplex halimus, Salsola vermiculata ?); Qui paie et qui évalue les résultats ? Quel est ou devrait être le rôle des écologistes - restaurateurs, des autorités nationales, locales, de l'aide au développement, des organisations internationales sur la restauration - réhabilitation des parcours? Réagissez ! Communiquez ce texte à vos collègues (par mail ou par Fax s'ils n'ont pas accès au Net), discutez-en ! Communiquez-nous vos réflexions et expériences personnelles ou collectives. Par cette conférence électronique, nous souhaitons faire une mise à jour ces thèmes en faisant appel à votre expérience, même minime, pour tenter de démêler l'écheveau et d'y voir plus clair. Nous espérons ainsi à contribuer à un échange libre et ouvert d'information et d'expériences entre collègues, développeurs, décideurs, ONG et membre des communautés concernées, et scientifiques, tous soucieux de l'avenir des zones semi-arides et arides de notre planète.